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Analyse/Santé au travail Médecin du travail: Un métier mal aimé

Par L'Economiste | Edition N°:4178 Le 24/12/2013 | Partager
Près de 1.200 exercent, alors que le besoin est d’au moins 4.000
Un salaire moyen de 15.000 DH, trop bas par rapport aux autres spécialités

Certains médecins du travail essaient de décrocher un maximum de conventions. Ils en arrivent à couvrir jusqu’à 10.000 salariés, alors qu’ils ne devraient en gérer que 3.000 à 4.000, au maximum

IL ne fait pas bon être médecin du travail au Maroc. Les praticiens ont beau avoir fait 12 ans d’études après le bac, ils ne perçoivent que des rémunérations dérisoires, comparativement aux autres spécialités médicales. Leur salaire moyen tourne autour de 15.000 DH, alors que leurs confrères exerçant dans d’autres branches peuvent empocher jusqu’à 60.000 DH par mois, voire plus. Leurs services ne sont pas non plus très sollicités par les entreprises qui préfèrent «économiser» sur leurs frais de santé et de sécurité (voir article ci-après).
Il en existe actuellement près de 1.200 en activité. Trop peu pour couvrir l’ensemble du territoire. Selon les spécialistes, il en faut au moins 4.000. La Faculté de médecine de Casablanca est la seule à en former. Quelque 300 en sont sortis depuis 1996, selon le ministre de la Santé El Houssaine Louardi. Cela dit, de plus en plus d’établissements offrent des formations continues. A l’instar de l’Ecole supérieure d’ingénierie de la santé et management de projets (ESISMP) de Casablanca, avec le master «Environnement santé» délocalisé de Montpellier. D’autres proposent des masters dans le domaine, comme l’EMI, l’EHTP, l’Esith, ou encore les facultés des sciences et techniques de Mohammedia et de Settat. Sans compter l’opérateur historique, la Société marocaine de médecine du travail et de l’ergonomie (Somametre)
En raison des rémunérations offertes, la discipline, pourtant très riche et couvrant plusieurs domaines (ergonomie, toxicologie, physiologie, communication, psychologie, droit…) reste peu attrayante aux yeux des futurs médecins. «J’ai toujours milité pour qu’il y ait une tarification minimale pour les médecins du travail, à l’instar des autres spécialités. Si les employeurs ne comprennent pas que la santé n'a pas de prix et que la médecine a un coût, il n’y aura jamais de médecine de travail de qualité», relève Pr. Chakib El Houssine Laraqui, président de la Somametre.
Le médecin du travail a, entre autres, pour mission de détecter et d’évaluer les risques guettant la santé des travailleurs, de tester les nouveaux équipements, de participer aux programmes d’amélioration des conditions de travail, d’organiser les premiers soins,… chaque médecin du travail doit, selon la législation en vigueur, consacrer une heure par mois à 20 salariés non exposés à de grands risques, ou bien une heure par mois à 10 salariés fortement exposés. «Chaque médecin du travail ne peut assurer la surveillance médicale de plus  de 3.000 à 4.000 salariés au maximum. Certains médecins du travail  ne trouvent pas de convention alors que d'autres (une minorité) signent des conventions couvrant jusqu’à 10.000 travailleurs, voire plus.», regrette Laraqui. «Seule une transparence avec la liste des entreprises, le  nombre de leurs salariés et le nom de leurs médecins du travail peut aider le syndicat des médecins du travail, le Conseil de l’ordre des médecins et l'inspection médicale du travail à venir à bout de ces anomalies. Une volonté politique est  nécessaire pour cela», estime-t-il. Certains médecins et entreprises trouvent leur compte dans cette situation. Les médecins du travail multiplient les conventions pour maximiser leurs recettes, tandis que les entreprises se conforment à la loi, sur les papiers, sans pour autant solliciter réellement les services du praticien. Une situation regrettable, vu les risques qui planent sur les travailleurs.
Ahlam NAZIH

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