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    Ecole française «Il n’y aura pas de baisse des prix»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5609 Le 08/10/2019 | Partager
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    Jean-Christophe Deberre, DG de l’Osui: «Nous pensons que le véritable enjeu est celui du système de développement des compétences des enseignants, avec plusieurs entrées: le métier, la recherche, puisque la pédagogie a besoin de se régénérer, et l’adaptation au contexte national» (Ph. F. Alnasser)

    Des ambitions de doublement des effectifs d’élèves du système français dans le monde, un budget supplémentaire de 25 millions d’euros pour l’Agence de l’enseignement français à l’étranger (AEFE), 1.000 postes d’enseignants détachés… Les annonces se succèdent, laissant entrevoir une volonté de la France de renforcer son offre éducative externe. Mais s’agit-il d’un début de réforme du modèle d’enseignement proposé? Pour Jean-Christophe Deberre, DG de la Mission laïque française (Osui), les mesures annoncées sont surtout destinées à accompagner une volonté de développement. Quand à la baisse des frais espérée, selon Deberre, cette possibilité est exclue. 

    - L’Economiste: Avec les mesures récemment annoncées, peut-on parler d’une réforme de l’enseignement français à l’étranger?
    - Jean-Christophe Deberre:
    Personnellement, je ne crois pas que nous en soyons là. Pour l’instant, nous sommes dans l’accompagnement d’une volonté. Pour parler de réforme, il faudrait d’abord se poser certaines questions, comme celle de l’évaluation des établissements scolaires français à l’étranger, afin de les mettre dans un système de normes internationales. C’est un point central. Dans les prochaines semaines, la grande préoccupation sera celle des ressources humaines à déployer.

    - Un master de l’enseignement français à l’étranger a justement été annoncé…
    - En effet, ce diplôme a été lancé dans les universités françaises. Il s’adresse à des jeunes qui souhaitent enseigner à l’étranger. La vraie réforme, c’est comment les acculturer, tout en leur permettant de comprendre les fondements du métier. Les parents se contenteront de moins en moins d’un vernis cachant des insuffisances. Ils souhaitent des enseignants reconnus par l’université française et peut-être aussi nationale.

    - Peut-on espérer une baisse des frais de scolarité avec les 25 millions d’euros avancés pour l’AEFE?
    - Je crois que nous sommes face à une équivoque. Nous voyons bien depuis très longtemps que les droits de scolarité n’ont diminué nulle part. Je ne pense pas qu’il faille nourrir des illusions, il n’y aura pas de baisse des frais de scolarité, cela est absolument impossible. Mais il est clair que notre volonté est de garder notre positionnement dans une zone médiane par rapport à d’autres systèmes internationaux ou nationaux, ainsi qu’une compatibilité avec les capacités financières des familles fidèles à l’enseignement français.

    - Qu’en est-il des frais de l’Osui?
    - D’abord, nous nous orientons vers la prévisibilité des droits de scolarité. Nous y sommes arrivés à Louis Massignon, nous avons établi un programme d’augmentations sur trois ans. Nous devrons contractualiser avec nos dix autres établissements. Ensuite, les hausses ne dépasseront pas 3% dans toutes nos implantations. Enfin, il existe à coup sûr des gains à réaliser, mais pas sur le fonctionnement des écoles, à l’extérieur.

    - Par exemple?
    - Je le répète sans cesse depuis des années, il faudra faire la chasse aux cours particuliers. C’est un marché parallèle énorme qui constitue une perte considérable pour les écoles. Nous sommes persuadés que nos établissements savent parfaitement préparer les élèves. Toute notre stratégie sera de reconquérir ces moyens.

    - Les parents se disent obligés de souscrire à des cours de soutien, en raison de la «dégradation de la qualité des enseignements»…
    - Je leur préparerai le contrat suivant: Nous mettrons de plus en plus de moyens dans la qualité des prestations pédagogiques, dans la satisfaction, mais nous ne discuterons plus de l’argent perdu dans les cours particuliers. Les parents croient qu’il faut douter de l’école. C’est dommage qu’ils dépensent deux fois, voire même trois avec ce qu’ils paient en tant que contribuables.

    - L’Osui opérera de son côté sa propre réforme?
    - Elle est déjà lancée. Nous avons commencé avec la remise à niveau de toutes nos écoles. Le cursus en 3 langues a également déjà démarré, il sera généralisé de la maternelle à la terminale. Nous travaillons aussi  sur notre projet d’école inclusive accueillant tous les enfants, y compris  avec des handicaps. Nous avons commencé à l’école Alphonse Daudet au nord de Casablanca, où nous avons diminué le nombre d’élèves par classe et préparé les enseignants. Ce sera la carte d’identité de cet établissement. Le projet, au stade expérimental, rentre dans le cadre d’un accord avec l’Etat et l’AEFE.

    - Où en est votre plan de formation des enseignants?
    - Les enseignants auront la possibilité d’être acteurs de leur formation, en créant leur propre parcours. Nous avons monté une offre virtuelle, à travers un forum pédagogique mondial qui permet à des enseignants de différents pays de se regrouper autour de questions communes. Il est ensuite important de leur présenter des formations plus longues permettant de les diplômer, de les professionnaliser et de leur donner une ambition, un horizon. Il existe ensuite un lien à opérer entre l’action pédagogique et la recherche. Nous avons déjà un partenariat avec un laboratoire spécialisé en neurosciences et nous sommes en train d’explorer d’autres possibilités, afin de procéder à une vraie transformation de l’école traditionnelle.

    Pour la première fois, des classes prépas

    «L’Osui prévoit de lancer, pour la première fois au Maroc, des classes prépas, au lycée Louis Massignon de Casablanca. Le projet est développé en partenariat avec l’Ecole centrale, située non loin du lycée à Bouskoura. Le démarrage est prévu pour septembre 2020. «Les élèves seront coachés par les étudiants de Centrale, en plus de quelques enseignants. Nous y introduirons également des stages en entreprise», détaille Jean-Christophe Deberre. Ces prépas adopteront, également, un système de crédits à cumuler, reconnus par les universités françaises. Les frais ne seront pas plus élevés que les droits de scolarité pratiqués au lycée. «L’accès, sur dossier et entretien, sera toutefois très sélectif», précise le DG de l’Osui. Le réseau ambitionne d’y attirer des bacheliers subsahariens aussi.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

                                                                            

    L’école André Malraux de Rabat relocalisée et revisitée

    «Comme le lycée Louis Massignon à Casablanca, l’école primaire André Malraux à Rabat était déconnectée géographiquement de son public», reconnaît le DG de l’Osui, Jean-Christophe Deberre. L’établissement se situait au quartier Diour Jamaa, loin du collège et du lycée se trouvant, eux, dans les environs de l’avenue Mohammed VI, plus proches du bassin de recrutement de l’école.

    Le déplacement devenait de plus en plus pénible pour les parents avec des enfants scolarisés dans différents cycles. Il fallait donc rapprocher l’école du collège et du lycée. «Nous en avons profité pour penser l’avenir, avec un modèle ouvert, offrant à l’enfant la possibilité d’un développement en fonction de ses aptitudes», confie Deberre.

    «Lui imposer d’atteindre un niveau à un âge précis ou de redoubler est absurde. Ceci est également un facteur de frustration et de stigmatisation. Cette manière de classer les enfants, de les noter ne marche plus. La nouvelle école offrira donc une fluidité entre les classes d’âge», poursuit-il. Le concept est en cours de finalisation. L’école ouvrira ses portes en septembre 2020.

     

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