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    Dossier Spécial

    Culture et patrimoine, un nouveau tempo

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    La diplomatie culturelle voit le jour
    Théâtres, musées, festivals… les grands chantiers
    Une implication personnelle du Souverain
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    Le Roi Mohammed VI, à Fès, lors des lancements des travaux de restauration du musée Batha et de construction du musée consacré à la culture juive au Maroc (Ph. MAP)

    En 1998, l’avènement d’un  jeune monarque, alors âgé de 38 ans, voit également l’émergence d’une jeunesse portée par le désir de renouveau et l’apparition d’acteurs sur le plan artistique et culturel au Maroc. En rupture avec l’héritage de son père, Hassan II, le Roi Mohammed VI a réconcilié le pays avec son passé et ses racines.

    Un projet de modernité est né, qu’accompagnera la génération M6. Très vite, le Souverain allait bousculer l’ordre établi, jusque-là un peu statique, et devenir très vite le principal acteur du développement de la vie culturelle au Maroc, au point de s’impliquer personnellement dans plusieurs projets d’envergure ou de soutenir officiellement certains évènements alternatifs.

    Ce fut le cas du festival L’Boulevard qui, en ces années 2000, a joué un rôle primordial dans la naissance de la scène de musiques actuelles (fusion, rap, métal…) donnant une visibilité à de nombreux artistes et musiciens de ce que l’on a nommé la nouvelle scène marocaine.

    Connaissant des difficultés de financement, mettant en péril la pérennité du festival, les cofondateurs (Mohamed Merhari et Hicham Bahou) ont eu la surprise de se voir remettre un chèque personnel du Roi de 2 millions de DH en 2008. Une aubaine, mais surtout un geste très fort et un message politique clair à l’intention des nombreux détracteurs de ce mouvement (conservateurs et islamistes), qui ne voyaient en ce mouvement de libre expression artistique que débauche et perversion de la jeunesse. Un soutien royal qui sera réitéré en 2012 avec un chèque du même montant.

    «Depuis le soutien du Roi Mohammed VI, les gens, mais surtout les autorités ont commencé à nous regarder différemment. Nous n’étions plus les petits jeunes, qui faisions du bruit, mais des acteurs culturels reconnus», commentait Mohamed Merhari, dans un précédent entretien à L’Economiste.

    Des sommes conséquentes qui ont permis à l’association l’EAC L’Boulevart de terminer des travaux du Boultek, le premier centre de musiques actuelles au Maroc, de payer une partie du fonctionnement, mais surtout de financer des concerts de groupes alternatifs et peu rentables que l’association trouvait important de promouvoir. Le soutien royal ne s’est pas limité uniquement au L’Boulvard, plusieurs artistes de cette même scène ont reçu des aides sonnantes et trébuchantes à l’instar des Hoba Hoba Spirit qui ont pu ainsi réaliser leur 5e album «Nefs ou Nya» dans de très bonnes conditions.

    Le Souverain veillera également à la mise en place de programmes de développement basé sur la culture, particulièrement dans la capitale sacrée patrimoine mondial de l’Unesco en 2012.  En mars 2017, «L’Afrique en capitale» a mis à l’honneur la culture et l’art contemporain africain durant un mois à travers toute la ville, alors qu’en 2015 c’est tout le «Maroc contemporain» qui a fait le déplacement à Paris lors d’une exposition phare à l’Institut du Monde Arabe. Le soutien royal à la musique, mais aussi pour le cinéma, les arts visuels et le patrimoine se confirmera tout au long de ses 20 ans de règne.

    • Pluie de stars à Mawazine

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    Très vite après sa reprise en main, le festival Mawazine est devenu l’un des plus grands évènements musicaux de la planète (Ph. Mawazine)

    Autre manifestation d’intérêt pour la musique: la reprise en main du festival Mawazine, évènement de taille moyenne dans la capitale. Le Roi nomme, à l’époque, son secrétaire particulier, Mohamed Mounir Majidi, à la présidence de l’Association Maroc Cultures, organisatrice du festival. Depuis, l’évènement est considéré comme l’un des plus grands rassemblements musicaux de la planète (avec quelque 2,7 millions de spectateurs en 2019) et des concerts diffusés à travers le monde: Shakira, Elton John, Lenny Kravitz, Robert Plant, Whitney Houston, Sting, Marcus Miller, Barbara Hendrix, Pharel Williams, Scorpions… 

    • Cinéma mondial à Marrakech

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    Martin Scorcèse et Robert de Niro, 2 géants du cinéma à Marrakech (Ph. FIFM)

    Le 7e art est l’autre passion du Roi Mohammed VI. Un an après son accession au trône, il décide de doter le Maroc d’un festival de cinéma de grande envergure. Il nommera alors une équipe, avec à sa tête le célèbre producteur Daniel Toscan du Plantier. Le Festival international du film de Marrakech est né en décembre 2001, quelques mois après les attentats du 11 septembre. Depuis, des mastodontes du cinéma mondial, tels que  Martin Scorcèse, Robert de Niro, Jim Jarmush, Emir Kusturica, Francis Ford Coppola, Sharon Stone, Marillon Cotillards ou encore Leonardo Dicaprio, sont devenus des habitués de la ville ocre.

    • La renaissance des musées
    Réhabiliter, dépoussiérer, moderniser les musées du Maroc sera également l’un des chantiers culturels importants du Souverain. Le Roi nommera l’artiste peintre Mehdi Qotbi à la tête de la Fondation nationale des musées du Maroc en 2011. Grand lobbyiste, l’artiste s’avérera d’une redoutable efficacité. Inauguration du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, réhabilitation et réouverture du Musée des civilisations à Rabat, du Musée des confluences, du Musée du tissage et du tapis à Marrakech, du Musée national de la céramique à Safi…  D’autres projets sont en cours de réalisation, à l’instar du Musée de la culture juive à Fès. Qotbi s’attelle également à mettre en place des conventions avec les plus grands musées du monde (Le Louvre, le Bristish Musem, le MoMA de New-York…). Des expositions d’envergure internationale sont organisées en un temps record, le musée a déjà reçu César, Giacometti et Picasso, les trésors de la collection du centre George Pompidou, ou encore les Impressionnistes du Musée d’Orsay.

    Un écrin pour la culture

    Les infrastructures culturelles prennent également une place importante dans la stratégie culturelle royale. Outre le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, on notera les deux grands théâtres de Rabat et Casablanca, en cours de finalisation. Le premier est signé par la prestigieuse architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, le deuxième par un duo de choc: Christian de Porzanparc  (prix Pritzker en 1994) et Rachid Andaloussi. Le programme de réhabilitation et de valorisation des médinas marocaines est également l’un des chantiers royaux les plus importants pour la préservation de  l’identité culturelle du Maroc à travers la structuration et la valorisation du patrimoine matériel et immatériel du Royaume. Il prévoit la réhabilitation et la reconversion des monuments historiques du pays tout en préservant leur identité architecturale. 34 médinas sont inscrites dans ce vaste chantier démarré en 2010. Avec la création de l’Agence nationale chargée de la requalification des tissus urbains anciens, 18 d’entre elles sont déjà en cours de restauration.

    A.Bo

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