×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossier Spécial

    Les rendez-vous manqués des partis politiques

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    Ils n’ont pas su se greffer à la vague de modernisation du début de règne
    Les formations restent collées à leurs dirigeants
    Les déboires du PAM cristallisent les maux de la classe politique
    discour-royal-065.jpg

    Le Souverain a été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur la situation des partis politiques qui ont failli à leurs missions en matière d’encadrement des citoyens et à leurs rôles d’intermédiation.  Les discours royaux ont sonné le rappel à l’ordre pour initier une profonde mise à niveau de la classe politique (Ph. MAP)

    Fiasco. Le terme est fort mais tellement approprié concernant les partis politiques. Le Souverain a d’ailleurs été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur la situation des formations qui ont failli à leurs missions en matière d’encadrement des citoyens et à leurs rôles d’intermédiation.

    Les discours royaux ont sonné le rappel à l’ordre pour initier une profonde mise à niveau de la classe politique. Objectif: lui permettre d’accompagner les grands chantiers dans les différents domaines que le Souverain a initiés depuis son accession au trône.  

    PAM: Dans une impasse sans précédent

    Toutefois, l’actualité est autre et a montré que les maux des partis sont difficilement curables. En témoignent les récents tiraillements au sein du PAM pourtant arrivé 2e lors des dernières élections et considéré comme la première force d’opposition au Parlement, avec 103 sièges à la Chambre des représentants. Voilà un parti, créé il y a 11 ans pour secouer l’échiquier politique, qui se retrouve dans une impasse sans précédent. Il est paralysé par l’émergence d’une contestation menée par des membres du bureau politique moins d’une année après l’arrivée de Hakim Benchamach à la tête du parti. La crise est si profonde que deux camps se disputent le leadership. L’un, mené par le secrétaire général, appuyé par quelques députés et les fonctionnaires des groupes parlementaires, mise sur la légalité. Depuis quelques semaines, il a lancé une purge qui consiste à exclure de la formation quiconque se hasarde à le remettre en cause. L’autre camp est composé de membres influents du PAM comme Ahmed Akhchichine, ancien ministre et président de la région de Marrakech-Safi, ou encore Abdelatif Ouahbi, député et membre du bureau politique. Autre membre actif de ce courant, Mohamed Hamouti, député de la région d’Al Hoceïma et ex-président du bureau fédéral du PAM jusqu’à sa destitution par le secrétaire général il y a quelques semaines.
    Si, à sa création, le PAM suscitait la crainte des autres partis, aujourd’hui, il est devenu la risée de la classe politique. Sur des batailles d’ego se sont greffées des accusations de détournements de fonds contre certains responsables de la formation. Avec ces histoires d’arrière-garde, le parti semble partir en vrille. L’alchimie, qui avait consisté à concilier entre les notables de droite et des militants de la gauche radicale pour qui  l’ascenseur social a été rapide, est partie en fumée.  Cet aperçu de la 2e formation de l’échiquier politique renseigne sur les fragilités des autres formations.

    PJD: Un bilan de santé instable

    Présenté comme un modèle de discipline et d’organisation, le PJD affiche un bulletin de santé instable. En effet, le secrétaire général du parti n’a aucune prise réelle sur ses troupes et sur ses parlementaires. L’épisode du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement, qui a consacré le revirement des députés du parti face à un texte présenté par leur chef, renseigne sur le degré du pouvoir de  Saâdeddine El Othmani sur sa formation. Même si le PJD a refusé d’accorder un troisième mandat à Abdelilah Benkirane, ce dernier reste en réalité le véritable patron de la formation islamiste.
    Officiellement, le PJD défend l’égalité des chances et la transparence, dans les coulisses, il fait le contraire et cela depuis 8 ans. En effet, c’est le parti qui a le plus profité du système des nominations aux emplois supérieurs en utilisant l’appartenance politique. En attendant, la compétition entre les prétendants pour le haut du podium sera rude. Dans cette course, sur les 8 partis les plus représentés au Parlement, trois jouent en première division. Il s’agit du PJD, du RNI et de l’Istiqlal. Le PAM est, pour l’heure, disqualifié du peloton de tête en raison de ses profondes dissensions internes. Le MP n’est pas au top de sa forme. Chaque acteur politique a ses particularités.

    resultats_election_065.jpg

    Immobilisme et léthargie vs vent de changement

    En tout cas, un autre phénomène frappe les partis politiques qui sont de nature liés aux personnes. Ceux-ci ne parviennent pas à fonctionner en toute indépendance. Leur sort est à part. Si l’Etat a pu impulser la modernisation de plusieurs secteurs, il n’est pas parvenu à insuffler un développement naturel des partis comme de véritables institutions. Sa tentative de réforme par la loi des partis a fait long feu. L’immobilisme et la léthargie des partis ont résisté au vent du changement qui soufflait sur l’échiquier politique au début de ce règne.  La liste des maux dont souffrent les formations est longue. Les partis politiques n’arrivent pas à organiser leurs congrès de manière régulière, de peur de tomber dans des crises pouvant provoquer des séismes. Ce qui met en cause la légitimité et la continuité des dirigeants. Parfois, les tensions internes sont exacerbées au point d’atterrir dans les tribunaux ou provoquer des scissions dans les formations politiques. Ce qui les inhibe au point de ne plus faire preuve d’imagination ou jouer leur rôle de force de proposition et d’encadrement des citoyens.

    Elite vieillissante

    L’autre ventre mou des partis est le non-renouvellement des élites politiques. La domination de l’ancienne génération sur certaines formations est toujours de mise. L’exemple le plus frappant est celui de Mohand Laenser qui dirige le MP depuis 1986. Les membres des bureaux politiques ont souvent dépassé l’âge de la retraite. En outre, les partis ont été affaiblis par l’exercice du pouvoir. Car l’enjeu essentiel est d’arriver en tête des élections pour pouvoir former le gouvernement. Mais pour y parvenir, tous les moyens sont bons. Pour décrocher la première place, les partis ont eu recours à des notables et autres riches pouvant obtenir des sièges à la Chambre des représentants. Ce calcul est effectué au détriment des militants entraînant de nombreuses frustrations. Ces notables,  qui n’ont pas de relations avec le parti, ses principes et son projet de société, se considèrent au-dessus de la mêlée.

                                                                               

    Clients fidèles de... la Cour des comptes!

    L’autre trait qui plombe les partis est relatif  à la gestion financière. La Cour des comptes vient régulièrement les épingler sur de multiples dysfonctionnements dans la gestion. Les subventions accordées à l’occasion des élections ne sont pas justifiées.

    Des patrons de partis continuent encore de confondre les fonds du parti avec leurs propres comptes bancaires. Selon les rapports de la Cour des comptes, la transparence financière et la reddition des comptes ne semblent pas encore suffisamment assimilées par les politiques. Actuellement, le soutien financier de l’Etat constitue la principale ressource pour beaucoup d’entre eux. 11 partis dépendent totalement de ces montants.

    Les frais de gestion accaparent une grande partie de ce budget. Sur les 34 partis légalement constitués, 4 ont présenté des comptes non certifiés par des experts-comptables. Il s’agit du FFD, du Parti de la réforme et du développement, du parti Al Ahd et d’Annahj Addimocrati. 

    Pour ce qui est des formations ayant suivi cette obligation, 18 d’entre elles ont affiché des comptes certifiés sans réserve. C’est le cas notamment du PAM, du RNI, de l’USFP, du MP, du PPS… 4 autres partis ont soumis des comptes certifiés avec réserve.

    Le PJD, qui conduit le gouvernement, figure dans la catégorie des formations ayant produit des rapports non conformes aux modèles annexés au manuel des normes d’audit légal et contractuel, établi par le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables.

    Mohamed CHAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc