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International

Soutenons les pays émergents!
Par Patrick Messerlin

Par L'Economiste | Edition N°:3246 Le 02/04/2010 | Partager

Après la réunion du G20 à Pittsburgh l’année dernière, les responsables européens et américains ont souligné que l’appartenance au G20 entraînait de «nouvelles responsabilités». Ils ont invité les dirigeants politiques des grands pays émergents à s’impliquer davantage dans la création d’un nouveau cadre économique mondial - suggérant implicitement que cela n’a pas été le cas jusqu’à présent.

Contribuer au succès
Pourtant la réalité ne conforte pas ce point de vue. Le Brésil, la Chine, la Corée et le Mexique jouent déjà un rôle décisif dans deux domaines majeurs: le régime du commerce mondial et la gestion de la crise économique mondiale - et peut-être dans un troisième, le réchauffement climatique. Peu d’observateurs semblent réaliser la contribution fondamentale des économies émergentes au succès du régime commercial mondial actuel. Lors des 30 dernières années, la réussite étonnante de la Chine a fait davantage que les exhortations des pays de l’OCDE pour convaincre les autres pays en développement de l’intérêt de la libéralisation du commerce.De la même manière, parmi les membres de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), la Chine s’est engagée le plus dans la libéralisation des services, l’Inde a soulevé la question de leur libéralisation plus large et le Brésil a joué un rôle déterminant dans la dénonciation de la protection agricole mise en place par les Américains et les Européens. Durant les négociations-clés de l’OMC au niveau ministériel en juillet 2008, le Brésil s’est montré le plus proactif. On attribue souvent l’échec de ces négociations à l’Inde et aux USA, mais selon la plupart des observateurs, la responsabilité en revient surtout à l’Amérique. Les économies émergentes se sont montrées aussi réactives que les USA ou l’UE pour gérer la crise qui a suivi l’effondrement financier de 2008. La détérioration de l’équilibre budgétaire en Corée du Sud, en Chine et en Inde n’est pas plus marquée que celle des grands pays de l’UE. Hormis l’Inde et le Brésil, les mesures macroéconomiques discriminatoires prises en 2009 par les principaux pays émergents pour réagir à la crise sont comparables à celles adoptées par les USA et les pays de l’UE.Enfin, dernier élément important, les principaux pays émergents n’ont pas augmenté leurs tarifs douaniers et leurs plans de relance économique accordent moins de subventions aux secteurs bancaire et automobile que ceux des pays de l’OCDE. Il y a cependant une exception, la Chine, dont les mesures spectaculaires visant à relancer l’activité industrielle seront une source de difficultés dans l’avenir.
La réglementation, une forme de compétition
En ce qui concerne le réchauffement climatique, les pays émergents ont eu une position négative ou défensive jusqu’à mi-2009. Mais l’Inde a suscité un changement quand elle est devenue proactive dans le débat préparatoire au sommet de Copenhague de décembre dernier. Peu avant la réunion, la Chine a annoncé qu’elle allait mettre un net coup de frein à ses émissions, il est vrai en deçà de ce que l’on pouvait espérer. Il est de bon ton aujourd’hui de considérer une réglementation internationale plus stricte comme «la solution» à la plupart des problèmes qui se posent au niveau mondial. Pourtant une telle stratégie n’est pas bien adaptée aux changements continuels dans les relations économiques internationales. L’émergence de nouvelles puissances mondiales, combinée avec la baisse d’influence des grandes puissances actuelles, n’est pas favorable à un renforcement de la discipline. Les puissances montantes vont probablement être de moins en moins enclines à accepter des contraintes qu’elles considèrent comme une tutelle américaine ou européenne. En même temps, elles sont loin de pouvoir exercer un leadership ou de pouvoir imposer elles-mêmes davantage de discipline.Autrement dit, les pays de l’OCDE devront donner l’exemple. Comment cela doit-il se traduire concrètement? Premièrement, en réformant leur propre cadre réglementaire ils doivent éviter un spectaculaire mouvement de balancier des marchés supposés rationnels vers des gouvernements supposés agir rationnellement. Ils devraient plutôt améliorer la qualité de la réglementation, parallèlement à son application et à sa surveillance. Comme la réglementation est une forme de compétition entre les Etats, donner la priorité à son amélioration paraît de plus en plus comme le meilleur outil d’influence à la disposition des pays de l’OCDE.Deuxièmement, les pays de l’OCDE ne doivent pas fermer leurs marchés et ouvrir ceux qui sont fermés - qu’il s’agisse de l’agriculture (un secteur crucial pour une croissance durable des économies émergentes comme l’Argentine, le Brésil et l’Indonésie) ou des services (un secteur crucial pour des pays comme l’Inde ou la Corée). Pour tous les pays émergents, ces secteurs représentent la clé pour davantage de croissance basée sur la consommation intérieure. Tout cela implique un soutien bien plus important de la part des pays de l’OCDE, notamment des USA, en particulier pour parvenir à conclure de manière satisfaisante le cycle de négociations de Doha sous l’égide de l’OMC.Cette année, la Corée du Sud - l’un des pays qui se sort le mieux de la crise - va présider le G20. En soutenant fermement ses initiatives, les pays de l’OCDE ont une splendide occasion de montrer que même s’ils restent fiers du monde d’après-guerre qui est en train de disparaître, ils ne craignent pas le nouveau monde qui émerge.

Hésitants, ambigus, réticents

Le bilan des autres pays du G20 tels que l’Argentine, l’Indonésie, l’Afrique du Sud, la Russie, l’Arabie saoudite et la Turquie est moins convaincant. Ces pays se sont montrés plus hésitants en ce qui concerne le commerce international, plus ambigus dans le choix de leurs instruments de gestion de crise et ils sont encore réticents face aux questions environnementales. Ces positions traduisent surtout leurs moins bons résultats économiques.Même si les principaux pays émergents ont contribué substantiellement à dessiner le nouveau cadre de l’économie mondiale, ils restent confrontés à de sérieux défis. En particulier l’énorme écart des revenus entre eux et les pays riches menace leur croissance à long terme, et leur stabilité politique et pourrait constituer dans l’avenir un obstacle à leur participation au processus du G20.Copyright: Project Syndicate, 2010.www.project-syndicate.orgTraduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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