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Dossiers

LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
L’agro-industrie, grande oubliée du Plan Maroc vert

Par L'Economiste | Edition N°:3264 Le 28/04/2010 | Partager

. Point de solution pour l’éternel déficit d’approvisionnement en matière première . Pourtant, l’activité assure un PIB de 25 milliards de DH/anYa-t-il vraiment une stratégie agro-industrielle pour les fruits et légumes ? Mis à part, le conditionnement et l’exportation à l’état frais, l’industrie de la conserve peut-elle prétendre à la garantie de l’approvisionnement en matière première, selon la qualité et les variétés prisées par les marchés extérieurs ? A en croire certains professionnels, cette activité devrait encore se contenter des excédents dégagés par le marché de bouche et autres écarts de triage issus des stations de conditionnement. Certes, le Plan Maroc vert prévoit de multiplier par 4 la production des olives à l’horizon 2020 mais dans quel profil variétal ? S’interroge cet industriel de la région de Meknès. La même remarque est soulevée quant à la production agrumicole qui s’établirait à plus de 4 millions de tonnes à la même échéance. Mais cela va-t-il profiter pour autant à l’industrie de jus ? voila le genre de questions qui taraudent plus les professionnels. D’autant plus que des produits, autrefois phares du secteur, ont vu leur part régresser d’année en année. C’est le cas des jus d’agrumes dont le volume exporté peine à dépasser les 5.000 tonnes au lieu de 25.000 il y a une décennie. Pour la famille des conserves des fruits et légumes, la situation n’est pas non plus moins inquiétante. Car, si des produits se maintiennent encore à l’exportation, c’est bien grâce aux contrats de productions liant industriels et agriculteurs. Pourtant, le pays produit annuellement quelque 7 millions de tonnes de fruits et légumes. «Seulement, la part à vocation industrielle fait cruellement défaut», constate un conserveur. Au-delà, «la profession demeure confrontée à des contraintes aussi bien d’ordre spécifique que transversal», indique Ali Ben Khaled, PDG de Framaco, une grande unité de production d’olives de table installée à Marrakech. Elles ont pour noms, l’informel, le déficit de compétitivité et de capacité des industriels à innover et à investir les marchés ouverts par les accords de libre-échange. «Situation, encore exacerbée par la concurrence maroco-marocaine et qu’alimente le différentiel de coût grignoté surtout sur les charges sociales», dénonce Ben Khaled. Du coup, plus de 300 millions de DH, montant représentant les charges sociales profitent aux importateurs étrangers. Néanmoins, les professionnels se veulent confiants. Aux dires de plusieurs d’entre eux, ces contraintes doivent être traduites en défis qu’il appartient à la profession de lever. Car, les enjeux sont de taille. Le secteur des produits agricoles transformés assure un PIB de 23 milliards de DH, soit 5% du PIB national. Sa part dans les exportations globales s’élève à 2% avec un montant variant entre 4 et 5 milliards selon les années. Il garantie enfin l’emploi à 60.000 salariés permanents. Mais des signes d’essoufflement ont gagné le secteur au cours des 5 dernières années. De fait, sur la dernière décennie, le secteur s’est distingué par un trend haussier durant 5 ans. Les exportations ayant passé de 175.500 tonnes à près de 217.000. Suivra alors une stagnation des ventes à l’extérieur qui a duré tout au long du dernier quinquennat. Avec toutefois une forte baisse du tonnage export jamais enregistré par le passé: 160.000 tonnes en 2008/2009 contre une moyenne de 170.000 tonnes sur 10 ans.A.G.

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