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Economie

Coronavirus - Enseignement supérieur: Un «plan d’urgence» e-learning

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5722 Le 19/03/2020 | Partager
Le CNRST mobilise une plateforme nationale pour héberger toutes les ressources
Des studios d’enregistrement montés dans des délais record

Dans le mal, il y a parfois du bien. Si auparavant de nombreux enseignants universitaires traînaient des pieds pour prendre le train des nouvelles technologies, aujourd’hui ils se bousculent pour y adhérer. Ils n’ont plus d’autre choix que de sortir de leur zone de confort, afin d’assurer la continuité des programmes en cette période de crise. Pareil pour les établissements qui, jusque là, n’accordaient que peu d’intérêt à toutes les possibilités offertes par le e-learning.

Pour sa part, le ministère de l’Enseignement supérieur essaie d’accompagner les efforts des établissements. Le département de Driss Ouaouicha organise une formation à distance en faveur des enseignants, autour de la plateforme Classroom, permettant de gérer les échanges avec les étudiants. Le CNRST, lui, prévoit de mettre à disposition des universités une plateforme d’échange nationale, pour abriter toutes les ressources numériques qui seront produites.

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Depuis le siège de l’ISCAE, un bureau, une chambre de bébé, un salon…, les enseignants sont tous mobilisés en ligne. La tendance est générale à tous les établissements. Nombreux sont, aussi, les professeurs qui se précipitent pour enregistrer des cours (Ph. ISCAE)

A la FST de Mohammedia, le management est sur le pied de guerre depuis samedi dernier. La faculté, qui a créé son propre espace Moodle (une plateforme d’apprentissage en ligne gratuite) il y a trois ans, a invité tous ses professeurs à y déposer les cours restants pour le semestre (fichiers et power points).

Avant, seule la moitié y avait ouvert un compte, et uniquement 10% y étaient très actifs. Les étudiants non plus n’y possédaient pas tous un compte. «Nous avons décidé d’accompagner les cours avec des animations audio et vidéo pour expliquer les cours, qui seront rajoutées progressivement», annonce le doyen de la FST, Mustapha Lkhider. Un studio d’enregistrement a été monté à la faculté.

Sur sa page Facebook, ainsi que sur son site, un formulaire permettant de recueillir les coordonnées et emails des étudiants a été partagé. L’établissement prévoit de finaliser tout le programme e-learning cette semaine.

A la faculté de droit Aïn Chock de Casablanca, aussi, la mobilisation est totale. «A ce jour, 50% des cours sont disponibles en ligne, d’ici vendredi, nous prévoyons d’arriver à 100%», ambitionne son doyen, Abdellatif Komat. Les enseignants remettent leurs polycopiés, power points et même vidéos depuis quelques jours afin de les stocker sur le site de l’université Hassan II. Chaque étudiant y compte un espace numérique de travail.

Sur le site de la faculté aussi les cours sont postés par filière. La faculté a, en outre, réactivé sa chaîne YouTube, mise en veille depuis un moment, pour partager des cours. «Tous les échanges avec les étudiants passent désormais par la faculté, pour que nous puissions avoir une vue globale de toutes les ressources», précise Komat. Un studio d’enregistrement devrait, également, ouvrir ce jeudi.

A l’ISCAE, la transformation digitale est un axe stratégique depuis déjà quelques années. En 2017-2018, la grande école s’était dotée d’une solution de gestion de la scolarité, «E-Charlemagne/Konosys», ainsi que d’une plateforme pédagogique numérique, «Blackboard», dans la perspective de développer le blended-learning. Enseignants et étudiants y sont déjà familiarisés.

«A l’heure actuelle, tous les cours sont créés sur Blackboard. Chaque enseignant dispose de son propre code d’accès, et les listes des enseignants et des étudiants, ainsi que les plannings, sont à jour», souligne la DG de l’ISCAE, Nada Biaz.

Pour assurer la consultation des ressources documentaires, le groupe dispose d’une bibliothèque numérique, Cyberlibris. «Une adresse mail a été créée pour que les enseignants puissent adresser leurs éventuelles requêtes et obtenir l’aide technique nécessaire. En parallèle, une campagne de sensibilisation a été déployée pour accompagner et responsabiliser les membres de la communauté ISCAE», ajoute-t-elle.

La crise du coronavirus permettra, sans doute, de réaliser un pas de géant en e-learning, dans un délai record.

Les cités universitaires évacuées

Les cités universitaires n’ont pas perdu de temps. Elles ont commencé à préparer l’évacuation de leur plus de 50.000 locataires dès samedi dernier. «Lundi, nous avons aussi suspendu la restauration, pour assurer la sécurité des usagers. Nous avons, également, fermé tous les espaces communs, comme les cafétérias et salles de sport», relève Noureddine Touhami, directeur de l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles. Dans les résidences étudiantes, il ne reste plus que des étudiants étrangers, qui n’ont nulle part où aller. Près de 600 sont actuellement à la cité internationale de Rabat, et quelque 1.200 sont logés dans les autres cités.
Même mesure dans les internats des grandes écoles publiques, qui n’ont gardé que les étudiants étrangers. Seuls ceux de la 6e année médecine, en stage dans les CHU, ont gardé leur logement. «Nous avons demandé aux étudiants de quitter leur résidence pour rejoindre leurs familles au Maroc, à l’exception de ceux qui sont actuellement en stage présentiel en entreprise, et qui doivent rester sur place», relève Nada Biaz, DG du groupe ISCAE. Les étudiants internationaux, autorisés à rester, observent des mesures strictes. Ils ne peuvent, par exemple, pas recevoir de visiteurs, se rendre dans les chambres de leurs camarades, ou regagner le campus au-delà de 20h.

                                                                                              

«Etat de grâce»

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«Ce n’est que durant des moments précis de l’histoire, où tout un chacun est mobilisé pour une cause commune, et où un état de grâce se dégage, que les comportements coïncident avec les valeurs morales revendiquées», nous confiait, en 2017, le philosophe Abdou Filali-Ansary.

Durant les moments de soulèvement populaires contre une injustice, une guerre, ou comme de nos jours, contre un virus virulent, «les individus observent une discipline stricte. Alors qu’à d’autres périodes, les intérêts égoïstes l’emportent».

Depuis le déclenchement de la crise du coronavirus, un fort élan de solidarité se dégage. Chacun, à son niveau, fait don de tout ce qu’il peut offrir. Du côté des enseignants, nombreux sont ceux qui proposent de partager leur expertise en e-learning avec leurs confrères, ou lancent des chaînes YouTube pour des cours gratuits.

Comme ce jeune prof du secondaire qualifiant, ancien journaliste, Soufiane Nakri (sur la photo), qui vient de créer une chaîne YouTube pour des cours d’économie et de comptabilité pour les étudiants de terminale. Ou encore, Abdallah Wahbi, enseignant du primaire dans une école rurale à Tiznit, qui partage également ses cours de français et de maths sur YouTube.

Pour sa part, le site de soutien scolaire, pour le collège et le lycée, dorossonline.ma, vient d’offrir un accès gratuit et illimité à toutes ses ressources (vidéos de cours et exercices, fiches résumées et QCM).

Ahlam NAZIH

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