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Economie

Coronavirus - La justice traque les auteurs de fausses nouvelles

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5722 Le 19/03/2020 | Partager
5 arrestations pour atteinte à la sécurité et à l’ordre public
Vidéos fictives, données erronées, appelle à la désobéissance...
Instructions fermes pour enquêter sur les fauteurs de troubles

«Des instructions fermes ont été données aux représentants du ministère public au sein de toutes les juridictions du Royaume. Et ce, pour engager des poursuites contre les personnes qui véhiculent de fausses informations en relation avec la pandémie du coronavirus», annonce le président du ministère public, M’hammed Abdenabaoui.

La justice vise ainsi à contrer la désinformation de l’opinion publique qui sévit sur les réseaux sociaux, certains sites électroniques et comptes personnels d’internautes. De tels actes sont réprimés par la législation pénale dans la mesure où «ils provoquent la terreur chez les citoyens et portent  atteinte à l’ordre public», rappelle le chef du parquet.

La Brigade nationale de la policejudiciaire enquête sur plusieurs cas. Parallèlement, la justice a déjà initié «une action publique contre des personnes présumées» être les auteurs de fausses informations.

Selon les données officielles disponibles actuellement, L’Economiste a recensé l’arrestation de 5 personnes basées à Marrakech, El Jadida, Kasbat Tadla et Tétouan. Premier cas, celui d’une femme de 44 ans résidante dans la ville ocre et directrice régionale d’un établissement de crédits. La mise en cause a diffusé un enregistrement audio sur WhatsApp. Son auteure y incite «à ne pas visiter Marrakech» qui «est en état d’urgence» et où «l’armée a été déployée».

La mise en cause a été placée en garde à vue sous la supervision du ministère public. «Et ce, pour élucider les raisons à l’origine de la diffusion de ces fausses informations qui mettent en cause la sécurité des citoyens et portant atteinte à la réputation à des établissements hôteliers ainsi qu’à leurs employés», indique la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).    

A El Jadida, c’est une jeune femme de 23 ans qui a été interpellée. La police judiciaire «l’a suspectée d’être l’auteure d’une vidéo fabriquée comportant des données fictives sur des cas de contamination par le coronavirus». Là aussi, la sécurité publique est en jeu. La suspectée s’est d’ailleurs «faite passée pour une contaminée mise en quarantaine dans un hôpital», précise la DGSN. La jeune femme a été également placée en garde à vue pour les besoins de l’enquête.

Une troisième arrestation a eu lieu à Kasbat Tadla. «Il s’agit d’un trentenaire suspecté d’avoir enregistré et diffusé un audio contenant des données erronées et mensongères», indiquent les autorités judiciaires. Le jeune homme «a prétendu qu’un résidant marocain à l’étranger circule à Kasbat Tadla malgré qu’il soit atteint par le coronavirus». Les enquêteurs ont pu identifier la personne présumée contaminée. Il s’est avéré qu’elle n’est pas porteuse du virus. L’auteur de la fausse nouvelle a été placé en garde à vue.

A Tétouan, deux personnes présumées impliquées dans des affaires distinctes ont été arrêtées. Elles ont a priori «incité à faire obstacle aux mesures préventives» décidées par les pouvoirs publics. Les autorités judiciaires les accusent aussi «de crimes et délits contre les personnes et l’ordre public». Agées de 38 et 45 ans, les deux suspects sont journalier et commerçant. Le premier a appelé sur son compte personnel «à prendre l’assaut des établissements pénitentiaires pour libérer les détenus au cas où la crise (suscitée par le coronavirus) s’aggrave!» Le suspect a été placé en garde à vue.

La seconde personne ne manque pas d’imagination non plus. «Elle a été interpellée en flagrant délit avec une pancarte sur le pare brise de son véhicule incitant à désobéir aux mesures préventives relatives à la fermeture temporaire des mosquées», rapporte la police judiciaire de Tétouan. Vu la gravité des faits, le suspect fait l’objet d’une enquête préliminaire pour déterminer les causes de son acte. Les enquêteurs ne vont certainement pas écarter la piste de l’extrémisme religieux.

Ne partagez pas les fake news

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L’incitation et l’apologie du terrorisme sont en tête des poursuites judiciaires: 188 en 2018. Aimer ou partager une vidéo véhiculant des discours haineux, d’appel au «jihad» ou au ralliement d’organisation terroriste mène en prison. Telle est l’orientation de la juridiction de Salé qui a une compétence nationale dans les affaires de terrorisme (Cf. L’Economiste n°5619 du 22 octobre 2019). Doit-on s’attendre à ce que sa jurisprudence Like soit étendue aux fake news? Et voir ainsi des personnes qui partagent des audios, vidéos ou posts sur les réseaux sociaux condamnées? Au vu de la situation critique engendrée par le coronavirus, la désinformation deviendra une infraction pénale encore plus grave. Ne nous étonnons pas si les juges se montrent de plus en plus sévères dans leurs sentences. Particulièrement dans un contexte de pandémie. Propager de fausses nouvelles peut porter atteinte à la sécurité intérieure, à l’ordre public et à la paix sociale. Le chef du gouvernement, Saâdeddine  El Othmani, déplore l’inconscience des auteurs de fake news. Le ministère de l’Intérieur prévient: «Toute production et diffusion de fausses informations portant atteinte à la sécurité des citoyens sont sanctionnées par la loi». Et ce, au même titre que le projet d’un attentat terroriste. Vous voilà avertis! Les réseaux sociaux sont aussi source d’ennuis avec la justice.

Faiçal FAQUIHI

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