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Privatisation: CIOR sur le marché

Par L'Economiste | Edition N°:60 Le 31/12/1992 | Partager

Dossier de premier plan dans la nouvelle vague des privatisables, CIOR fait
l'objet d'un appel d'offres ouvert pour la cession de 51% de son capital détenus par l'ODI. Parmi les acquéreurs potentiels sont évoqués les Ciments Français, Lafarge Coppée, Cemex, Holderbank.... Des acheteurs marocains pourraient se manifester, tentés par les actifs de l'entreprise, ses structures, son marché....

QUI achètera CIOR ? Si tout pronostic sur l'identité du ou des futurs acquéreurs demeure encore prématuré, Les Ciments de l'Oriental (CIOR) ouvrent bel et bien leur capital. Le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation pilote d'ores et déjà l'opération, et ce, dans le cadre de la loi n°39-89 autorisant le transfert d'entreprises publiques au privé. Le mode de cession retenu s'appuie sur (l'appel d'offres ouvert" . En substance, l'opération vise à redistribuer 51 % du capital social de CIOR détenus par l'Office pour le Développement Industriel (ODI).
Ce transfert sera suivi d'un second plan de cession, dirigé notamment vers les investisseurs régionaux, les salariés de CIOR et la bourse. 35,22% du capital de CIOR, reliquat des participations de l'ODI, seront ainsi cédés en bourse, et par appel d'offres restreint. En effet, I'ODI dispose actuellement en portefeuille de 2.112.500 actions de CIOR, soit 86,22% du capital (245 millions de Dirhams). Seul "privé" du tour de table, La Banque Islamique de Développement détient pour sa part 13,78% du capital.

Au total, le premier volet de cette privatisation de CIOR par "appel d'offres ouvert" englobe 1.249.500 actions. Au terme de différents audits, la fixation de leur prix plancher a finalement été arrêtée à 612 millions de Dirhams par l'Organisme d'Evaluation. Selon ces indications, le prix minimum de l'action avoisinerait donc 489,70 Dirhams. A titre indicatif, le chiffre d'affaires de CIOR atteignait, en 1991, 811,5 millions de Dirhams générant un bénéfice d'exploitation de 119,1 millions de Dirhams. CIOR dégageait, la même année, un bénéfice net de 45,3 millions de Dirhams tout en liquidant par ailleurs le solde de sa dette auprès de la Banque Mondiale.

Ce bon exercice donnait lieu à la première distribution de dividendes de son histoire à hauteur de 8% par action. Dans le sillage de ces bons résultats financier, CIOR semble river ses indicateurs de croissance à la hausse. Selon ses dirigeants, le chiffre d'affaires du cimentier devrait osciller, pour 1992, autour de 880 millions de Dirhams, hors taxes, générés par un volume de ventes estimé à 1,46 million de tonnes de produits finis. De fait, la couverture du marché intérieur de CIOR peut être évaluée à 25% de la demande estimée globalement à 6,2 millions de tonnes. Seuls deux producteurs talonnent CIOR: Cinouca (groupe Lafarge Coppée) avec des positions sensiblement équivalentes, et les Ciments du Maroc du groupe Ciments Français qui réalisent environ 15% des ventes du secteur.

Ces opérateurs, tout comme CIOR, bénéficient actuellement d'un courant porteur. Selon les professionnels. la consommation de ciment au Maroc aurait connu une croissance de 8,7 % entre 1991 et 1992. Le mouvement devrait se poursuivre en 1993. Ils tablent d'ailleurs sur une croissance de 6 à 7 % A du marché global.
Dans ce contexte, CIOR a pour sa part d'ores et déjà décroché quelques "garanties sur l'avenir". Effectivement, des offres ont été retenues pour la construction du barrage El Wahda, et probablement pour le complexe sportif de Fès. Dans l'attente d'une relance impulsée par l'Agence Urbaine de réaménagement de la ville de Fès, ces deux projets devraient lui permettre de compenser le tassement momentané de la construction individuelle locale.
Les chantiers du barrage comme du complexe sportif seront approvisionnés, via la nouvelle ligne de production, venue se greffer au centre de broyage lancé en 1990. Le potentiel de fabrication de CIOR sur ce complexe industriel de Fès s'élèvera à 500.000 tonnes annuelles de ciments avec un effectif de 137 salariés. L'approvisionnement en matières premières est réalisé à partir de carrières acquises à proximité. En parallèle, le site d'Oujda, où évolue un effectif de plus de 450 personnes continuera essentiellement à assurer la couverture des besoins de l'Oriental. L'appoint effectué sur la zone économique du Centre devait également se maintenir. D'une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes, cette région absorbe 54% des ventes globale CIOR. Initiée en 1972 par un protocole d'accord conclu par les gouvernements marocain et algérien.

CIOR à l'origine Cimenterie Maghrébine, dès son lancement. 4 ans plus tard à Oujda, se voit fermer la moitié de ses débouchés potentiels par l'évolution des relations maroco-algériennes. En effet, le site d'Oujda avait été retenu pour couvrir les besoins de l'Oriental marocain, et ceux de la région d'Oran. Dans ses grandes lignes, l'accord prévoyait ainsi de répartir, à parts égales entre les deux pays partenaires, la production de l'usine à Oujda, soit 1,2 million de tonnes annuelles de ciments. Résultat, le retrait algérien, doublé de la fermeture de ses frontières, laissait à Oujda un outil dont seul un tiers de la production pouvait être absorbé par son marché environnante l'Oriental marocain, estimé à l'époque à 400.000 tonnes. Les contraintes de transport ne permettent pas alors à CIOR d'élargir sa zone d'influence.

Pourtant aucune autre alternative n'est envisageable. Finalement, les réflexions visant à juguler l'effet de la nouvelle donne géo-politique amène la société à se doter d'une logistique spécifique pour le roulement de ses excédents de production. Dans ce cadre, une ligne de crédit de 5 millions de Dollars auprès de la Banque Islamique de Développement est ouverte. Cette manne permet d'acquérir 85 wagons équipés pour le transport du ciment en vrac. Ce parc approvisionnera un centre d'ensachage d'une capacité de 500.000 tonnes qu'implantera CIOR à Fès en 1980. Enfin, ce déploiement géographique des sites productifs sera réitéré un an plus tard, à Casablanca, avec le lancement d'une seconde unité d'ensachage.

A cette dynamique d'approche des marchés, les dirigeants de CIOR se sont imposés une "rigueur de gestion". Fait significatif: les crédits en Dollars empruntés à une parité de 4 Dirhams lors du lancement du projet ont pu être remboursés à des cours atteignant certaines années des pics à 11 Dirhams. Preuve s'il en est, se plaisent à la rappeler ses dirigeants, que "le capital humain des Ciments de l'Oriental constitue aussi l'une de ses valeurs sûres". C'est d'ailleurs cette culture, association de "veille technologique" et "d'investigation" des marchés et de compétitivité qu'espèrent préserver les dirigeants de CIOR au travers de la privatisation du groupe. Cette attitude ne relève en rien d'une quelconque mise en avant de ses ressources humaines face à l'arrivée de nouveaux partenaires. A contrario, I' opération est même plutôt perçue comme un choix "clair et nécessaire pour un univers concurrentiel". Reste à savoir qui seront les nouveaux actionnaires de la CIOR.
Si les observateurs prêtent volontiers des intentions de rachat aux Ciments Français et à Lafarge Coppée. il faudra aussi compter avec le quatrième cimentier mondial, le groupe mexicain Cemex également sur les rangs et surtout Holderbank dont le staff était récemment au Maroc.

L'actif de CIOR

A Oujda, la première usine de CIOR a mobilisé en 1976 un investissement évalué à 630 millions de Dirhams. Son approvisionnement en matières premières de base est assuré par des carrières proches (calcaire et argile) possédées en propre par CIOR. Deux lignes de productions complètes, comporte une ligne de concassage et deux broyeurs à crû, deux fours, et deux broyeurs à ciments. La capacité clinker est de 1 million de tonnes/an. La capacité de ciment est de 1,2 million de tonnes.
A Fès, une nouvelle ligne complète de production devrait être opérationnelle au printemps prochain. 630 millions de Dirhams, dont près de 50% par autofinancement, ont été injectés dans cette réalisation. Sa capacité sera de 500.000 tonnes par an. L'approvisionnement en matières premières est assuré à partir d'une carrière acquise à proximité.

Marché du ciment: 5% de croissance moyenne

CIOR réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires sur les trois zones géographiques où est déployé son appareil productif: Oujda, Fès et Casablanca. Sa part du marché est d'environ 25 %.
Schématiquement, la consommation de ciment au Maroc est estimée à environ 230 kilos par an et par habitant. Cette moyenne est nettement inférieure à celle des autres pays maghrébins. Toutefois, cette consommation est en croissance constante depuis 1981 avec un taux annuel (en volume) très variable. Ainsi, en 1981 il était de 1 %, en 1990 de 17% et en 1991 de 7,5%. Les onze premiers mois de 1992 ont permis une croissance de 11,6%.
Pour 1992, le marché est estimé à 6,2 millions de tonnes. Pour les cinq années a venir, les professionnels tablent sur un taux de croissance de l'ordre 5% par an.

Christian MEAR & Khalid BELYAZID

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