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Economie

Les "faux équipements" de l'Etat font tomber les performances du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:403 Le 18/12/1998 | Partager

L'investissement souffre du désengagement de l'Etat. La contribution publique à la formation brute du capital fixe est de 7%, alors que l'essentiel du budget d'équipement est en réalité des dépenses de fonctionnement.

La progression de l'investissement traîne le pas. De 12% durant les années 1980-1992, l'évolution de l'investissement est passée à 4% en moyenne par an. 1998 ne fera pas l'exception. Selon les prévisions des conjoncturistes, le taux d'investissement devrait fléchir d'un point 19,7% en 1998 contre 20,7% 1997. Partant de la contribution à la Formation Brute du Capital Fixe (FBCF), le CMC souligne que la baisse de l'investissement est due à un net recul des dépenses publiques en équipements. Une précision s'impose à ce niveau. Le CMC note, en effet, que "48% des dépenses d'équipements relevées dans le Budget de l'Etat sont en fait des dépenses de fonctionnement". La contribution étatique à la FBCF se trouve donc affectée par ces faux investissements, puisque ces dépenses ne la renforcent pas. Ainsi, la part moyenne de la FBCF d'origine étatique dans le Budget général n'est que de 7% contre 93% pour le fonctionnement.
La contribution du secteur productif à la FBCF n'échappe pas à cette tendance baissière. La valeur moyenne du ratio FBCF secteur productif/PIB a reculé de deux points depuis 1993 (16% au lieu de 18% auparavant). Selon le CMC, le désengagement de l'Etat a inhibé les ambitions du privé d'où la généralisation du recul de l'investissement. Les analystes du centre font ressortir également que le retrait du secteur public a provoqué l'amenuisement des dépenses d'infrastructures. Cette composante de la FBCF a vu son taux de progression moyen se réduire à 4,4% depuis 1993 contre 9,8% auparavant. La part de l'investissement en infrastructures dans le PIB a, de ce fait, chuté de deux points (9,5% contre 11,7%). Cela s'est répercuté sur la participation à la FBCF des branches bâtiment et travaux publics (46% contre 54%), soit une baisse de 8 points.

Economies externes


L'investissement direct étranger, malgré sa progression, est dans l'incapacité de compenser le recul de l'investissement dans son ensemble.
Mais au-delà de ces facteurs, Le CMC met en exergue une donne déterminante.
Selon lui, l'analyse de l'évolution de la formation de capital, au cours des vingt dernières années, montre que l'évolution de l'investissement au plan macro-économique est tributaire de l'investissement de l'Etat. Celui-ci dynamise l'activité économique dans le court terme et constitue, à long terme, une addition aux capacités productives. Il crée aussi d'importantes économies externes par le développement des infrastructures économiques et sociales.
Dans une vision perspective, le CMC a par ailleurs élaboré des projections relatives à la formation de capital en fonction du comportement prévisible de la demande. Trois scénarios en ressortent:
- le premier, tendanciel, prévoit à l'horizon 2005 un accroissement de production se situant à 290 milliards de DH. Cela nécessite un volume d'investissement annuel moyen de l'ordre de 63 milliards de DH alloué à la création de capacités sur la période 1999-2005 évaluées à 569 milliards de DH;
- le deuxième, intermédiaire, porte le volume de l'investissement annuel durant la même période à une moyenne de 86 milliards de DH;
- le dernier scénario, à forte croissance, aboutit à des capacités additionnelles dépassant 1.060 milliards de DH à l'horizon 2005. Ce qui correspond à un accroissement de production de l'ordre de 536 milliards de DH. Le volume de l'investissement doit s'établir alors dans les alentours de 118 milliards de DH.

Khalid TRITKI

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