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Economie

L'économie, une parade à la crise de financement

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

· «Economie de la santé»,
Mamoun Lahbabi
Editions Espace Santé

Dans un domaine comme celui de la Santé où les ressources se font de plus en plus rares, l'économie peut apporter un nouveau souffle en favorisant notamment une meilleure optimisation des moyens existants. Dans son dernier ouvrage, le Pr Mamoun Lahbabi nous en décrit les mécanismes.


A travers son récent ouvrage dédié à l'économie de la Santé, le Pr Mamoun Lahbabi nous dévoile une de ses autres facettes. Il nous la confirme plutôt, car l'auteur enseigne cette discipline à la Faculté de Médecine et de Chirurgie Dentaire à Casablanca (il est également professeur de Marketing à la Faculté de Droit et de Sciences Juridiques). «Economie de la santé» publié récemment aux éditions, Espace Santé, constitue sa cinquième publication.
Concilier économie et santé n'est pas une tâche aisée, d'autant plus qu'il s'agit, selon l'auteur lui-même, «d'une activité spécifique qui s'intègre parfois difficilement dans les logiques de production et de marché».
M. Mamoun Lahbabi plante d'emblée le décor: le déclin de l'Etat-providence allié au problème de l'accroissement démographique plaide pour une meilleure optimisation des ressources dans le domaine de la santé. D'où la nécessite d'une meilleure régulation des dépenses. Les suggestions sont ici nombreuses. Des actions sur l'offre (le producteur) et la demande (consommateur) paraissent à première vue incontournables. A condition de tenir compte des spécificités du champ d'intervention concerné, la santé en l'occurrence, met en garde M. Lahbabi. En particulier lorsqu'il s'agira d'intervenir sur la demande. «Le contrôle effectué par le consommateur sur les biens et services devient totalement inopérant dans le cas de la santé: Il ne peut ni juger du bien-fondé, ni de l'efficacité du traitement...». Ce qui s'oppose, selon l'auteur, au principe de la souveraineté du consommateur chère à la théorie économique (et à M. Lahbabi, l'homme marketing).

Quoique le contrôle des dépenses de santé par le biais de la demande représente un défi difficile à relever, l'auteur suggère comme mesure efficace une vaste campagne d'éducation et de sensibilisation des usagers de manière à montrer que la survie du système de santé est tributaire des comportements adoptés.
L'action sur l'offre peut cibler soit les prix, «et dans le cas de la santé, cette relation n'est pas évidente, la fixation des prix définissant la valeur des actes et non leur quantité», soit les quantités. Cette dernière mesure passe par une meilleure sensibilisation des praticiens en leur rappelant les coûts de leurs prescriptions.
Parmi les «grands moyens» pouvant maîtriser les dépenses de santé, l'auteur analyse deux mesures: le budget global, solution actuellement étudiée par les protagonistes du projet d'assurance-maladie, et des Groupes de Diagnostics Analogues. L'une consiste à fixer au début de chaque exercice une allocation forfaitaire à l'hôpital. L'autre inventée aux Etats-Unis soulève d'après l'auteur quelques contraintes d'ordre organisationnel et logistique.

A noter que l'ouvrage du Pr Lahbabi, dans un souci «d'universalisation», ne se confine pas du tout aux frontières du système de santé marocain, mais dresse aussi l'inventaire des principaux modèles existants à travers le monde, systèmes maghrébins y compris. A une époque où le projet de généralisation de l'assurance-maladie se fait pressentir, il est en effet fort utile de rappeler, toutes choses égales par ailleurs, les atouts et les dysfonctionnements des différents systèmes existants. A commencer par les Health Maintenance Organisation (HMO) américains ou le modèle tunisien, pays qui affiche les meilleurs indicateurs de santé du Maghreb, en passant par la SECU française en déficit chronique.
Concernant le système de santé marocain, l'auteur définit, chiffres à l'appui, les principaux indicateurs. Priorité aux impératifs de financement du secteur public. Financement par l'Etat, impôt spécifique ou triple contribution (Etat, assureur et contribuable), telles sont les trois solutions étudiées à ce niveau. L'auteur ne tranche toutefois pas en faveur d'une ou de l'autre de ces mesures.
Un regret: le chapitre relatif au système de santé marocain n'a pas été suffisamment mis en valeur dans «Economie de la Santé». C'est vrai qu'à lui seul le thème aurait même pu faire l'objet d'un ouvrage à part.

Mohamed BENABID


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