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Affaire Slimani & Laâfoura
L’ombre de Basri plane sur le procès

Par L'Economiste | Edition N°:2170 Le 13/12/2005 | Partager

. Mohammed Boudhir, homme de paille ou bouc émissaire? . Les avocats de la défense passent à l’offensive Les audiences de l’affaire Slimani & Laâfoura, au tribunal de première instance de Casablanca, se poursuivent mais ne se ressemblent pas. L’épisode judiciaire, du vendredi 9 décembre, a été marqué par le passage de Mohammed Boudhir à la barre. Comment se fait-il que l’ex-secrétaire général de la commune de Roches Noires était rattaché à celle-ci et percevait parallèlement son salaire de la CNSS? Toute la question était de savoir s’il devait être soumis ou pas au Dahir de 1958, relatif à la fonction publique? Son défenseur, Me Abderahim Bouazaoui, considère que “la situation de son client est tout à fait légale dans la mesure où le décret du 2 août 1977, relatif aux communautés locales, prévoit une procédure de détachement”. D’après lui, cette mesure permet à un fonctionnaire d’être détaché dans une autre administration, tout en conservant son poste budgétaire au niveau de son ministère d’origine. Me Moustapha Boudhar, l’un des deux avocats de Abdelmoughit Slimani, renchérit en affirmant que “le décret confère aussi au président de la commune le droit de désigner le secrétaire général”.  Cette précision est de taille puisqu’elle met fin à un débat, particulièrement animé lors de l’audience, entre certains avocats de la défense sur la légalité de la désignation. Après ce duel juridique, Mohammed Boudhir, d’une voix lasse, répondait au juge Moustapha Farès. Le débat s’est orienté sur la société Tivolis. Une entreprise constituée en 1985, avec un capital de 10.000 DH, par l’ex-secrétaire général de Roches Noires. Elle sera cédée deux ans plus tard au président de la même commune, à savoir Abdelmoughit Slimani. Mais pourquoi avait-il cédé ses parts? Etait-il le véritable gérant ou un simple homme de paille? Par la suite, l’augmentation du capital à 24.000 DH reléguera le cédant à un statut d’associé minoritaire. Le 20 décembre 1990, Mohammed Boudhir se retirera définitivement de Tivolis comme il l’a affirmé auparavant devant le juge d’instruction.Et pourtant, ultérieurement à cette date, il avait effectué des ordres de virement au nom de Tivolis et au profit de la société Sonatiba. Malgré l’existence de documents attestant l’opération, Boudhir nie les faits. Selon ses déclarations, “il ne s’agit que du dépôt d’un spécimen de sa signature”. Ce à quoi Me Chakir Nasser, qui représente le banquier Azzedine Bekraoui, a répondu que “c’est la preuve irréfutable de son implication dans la gestion de Tivolis même après 1990”. D’un point de vue pénal, cette bataille de preuves est capitale. Si responsabilité il y a, l’ex-secrétaire général de la commune de Roches Noires risque d’être foudroyé par l’article 241 du code pénal. Celui-ci prévoit une peine de 5 à 20 ans de réclusion à l’encontre de tout fonctionnaire public qui notamment détourne ou soustrait des deniers publics ou privés. Mais c’est Abderahim Kanir, ingénieur Ponts et Chaussées, qui a provoqué l’émoi de l’auditoire. Accusé entre autres de corruption, il a été entendu par la cour notamment sur ses relations avec Hicham Basri. Le fils de l’ex-ministre de l’Intérieur l’avait contacté en 1992 pour l’étude d’un projet de port de plaisance à Bouznika. Et pour cause, le jeune ingénieur avait préparé un doctorat sur le sujet avant de se lancer dans les affaires et la vie politique en tant que parlementaire. Après ce brillant parcours, dure sera la chute. Vers la fin de son audition par le juge Moustapha Farès, il éclate en sanglots. Son avocat nous déclarera par la suite que “cette affaire a anéanti le rêve d’un homme qui croyait, dur comme fer, à la possibilité d’un bonheur marocain”. Et il continue, sur un ton convaincu, “que des forces obscures tentent de faire de ce procès, un règlement de comptes, plus qu’autre chose”. Jusqu’à présent, la Cour tente de déterminer avec précision le degré de responsabilité de chacun des accusés. Il reste encore des zones d’ombre. S’il n’y a pas implication directe, la complicité pourrait être retenue. Une complicité qui a valeur de délit dans ce dossier. Le feuilleton judiciaire Slimani & Laâfoura se poursuivra vendredi prochain. Il révélera probablement d’autres secrets.


Chronologie d’une chute

C’EST suite à une plainte déposée auprès du tribunal de première instance de Casablanca par l’entrepreneur suisse Jean-Victor Lovat que l’affaire Slimani & Laâfoura a éclaté au grand jour. L’enquête menée, depuis septembre 2003, par la police judiciaire, a conclu à l’implication des ex-commis de l’Etat, notamment pour détournement de deniers publics. A l’origine du scandale, le projet de logements sociaux Oulad Ziane et El Fouarrate. L’ex-gouverneur de Aïn Sebaâ, à savoir Laâfoura et l’ancien président de la Communauté urbaine de Casablanca (CUC), auraient monté des sociétés fictives ayant servi à détourner une partie des fonds destinés aux deux projets. Le 17 février 2004, les deux inculpés sont mis sous les verrous à la prison de Salé. D’autres personnes sont également inculpées dont l’entrepreneur Boujemaâ El YoussoufiFaiçal FAQUIHI

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