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Dossier Spécial

Rétro 2019 - Politique: L’onde de choc

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5666 Le 31/12/2019 | Partager
Le discours du Trône a mis les partis et le gouvernement face à leur responsabilité
Après le remaniement, le modèle de développement, le principal chantier de 2020
La majorité en rangs disper­sés
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La tension entre le PJD et les autres groupes de la majorité s’était exacerbée au moment du vote de la loi-cadre relative à la réforme de l’enseignement, mettant en danger la cohésion du gouvernement (Ph. Bziouat)

Après plusieurs mois d’attente, la Commission spéciale du modèle de déve­loppement a été finalement mise en place. Juste après l’installation de son président Chakib Benmoussa et ses 35 membres, cette instance a lancé les premiers chan­tiers. En tête, la charte d’éthique qui va en­cadrer ses travaux.

Les premières séances d’audition sont programmées à partir du 2 janvier prochain. Ceux qui vont défiler sont les représentants des partis politiques, des syndicats, des associations et des diri­geants d’entreprises du secteur privé. Le rapport final de la Commission doit être remis au Roi en juin 2020.

Au-delà de ce chantier structurant pour le Maroc de demain, l’année qui se termine a été marquée par la force du dis­cours royal, prononcé à l’occasion de la dernière fête du Trône. Et la charge était puissante: le manque de performance des partis, l’appel à la mise à niveau du dis­cours politique, la nécessité de mettre de côté les combats marginaux,… autant de griefs contre la classe politique coupable de n’avoir pas accompagné la modernisa­tion du pays. Un message clair qui coïn­cidait avec l’anniversaire des 20 ans de règne, caractérisé par la construction de grands chantiers et une infrastructure ins­titutionnelle moderne.

La symbolique de ce temps fort a été appuyée par une nouveauté: c’est la pre­mière fois que le Roi réclame publique­ment un remaniement du gouvernement. Dans le même élan, le chef du gouverne­ment a été également sommé d’enrichir les administrations publiques en compé­tences. Si le remaniement a eu lieu plus de deux mois après, les changements à la tête des établissements publics se font toujours attendre.

A propos du remanie­ment, les discussions avec les alliés de la majorité ont obéi à un nouveau format. Contrairement au passé, le chef du gou­vernement a choisi de discuter avec chaque formation politique en aparté. Ce qui lui a facilité la conduite des négociations et l’émergence du nouvel exécutif.

La refonte de l’architecture gouvernementale a abouti à une équipe ramassée, avec la disparition de tous les secrétaires d’Etat. Donc de 39 portefeuilles, l’exécutif est passé à 23, avec l’arrivée de nouveaux profils au point d’affirmer que les technocrates dominent ce gouvernement. L’une des critiques adres­sées à Saâdeddine El Othmani est d’avoir sacrifié les politiques au profit des techno­crates.

Dans ce processus, on a assisté au départ du PPS du gouvernement pour bas­culer dans l’opposition. Un détail qui n’est pas passé inaperçu: si le Roi avait insisté sur l’intégration des compétences dans le gouvernement, les premières sorties de certains ministres ont révélé que El Othmani regardait ailleurs lorsqu’il avait proposé les membres de son équipe.

En tout cas, en dépit des mises en garde royales, les tensions et les clashes entre PJD et RNI se multiplient. Le premier parti de l’échi­quier n’accepte pas que son adversaire et néanmoins allié au gouvernement, organise une campagne de mobilisa­tion qui sillonne le Maroc à travers l’opération «100 jours 100 villes».

Il considère que ce dispositif est mis en place pour préparer les prochaines échéances électorales. Alors que pour les amis de Aziz Akhannouch, cette initiative vise à s’imprégner des at­tentes des populations même dans les zones les plus reculées du monde rural. C’est aussi une occasion pour élabo­rer des recommandations qui remontent du terrain.

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La composition de la Commission spéciale pour le modèle de développement a respecté un équilibre entre des profils jeunes et des personnalités expérimentées, avec une ouver­ture sur les opérateurs du secteur privé. Sur la photo, le président de la Commission Chakib Benmoussa et un des membres, Karim Tazi (Ph. Bziouat)

Cette tension entre les deux for­mations politiques s’est cristallisée autour notamment de l’article 9 du projet de loi de finances 2020 au niveau de la Chambre des conseillers, de la Commission des finances et en séance plénière. Lors du vote, le PJD a opté pour l’abstention. Plus grave, un par­lementaire de l’USFP a voté contre cette disposition. Cette tension s’était exacer­bée lors de l’étape de la loi-cadre relative à la réforme de l’enseignement, mettant en danger la cohésion de la majorité.

En effet, après un accord entre les chefs de groupe parlementaire pour voter le projet à l’una­nimité pour montrer l’importance du texte, les députés du PJD ont changé d’avis. Une vidéo de Abdelilah Benkirane les a dissua­dés de voter en faveur du texte.

De report en report, le parti du chef du gouvernement s’est finalement résolu à voter en faveur du texte mais a tenu à s’abstenir sur deux articles importants liés à la question lin­guistique. Benkirane continue de diviser le PJD. Ses dernières déclarations sur la composition de la Commission spéciale du modèle de développement ont mis mal à l’aise El Othmani.

Toujours sur le registre parlementaire, le gouvernement a presque terminé l’adop­tion des lois organiques. Ces textes de­vaient être approuvés au cours du premier mandat du gouvernement Benkirane 2011-2016, ils ont débordé sur l’actuel. Cepen­dant, deux textes majeurs font exception: la loi organique sur la grève et celle sur les syndicats. Le premier projet a été déposé à la Chambre des conseillers à la fin de l’ancien gouvernement.

A ce jour, il reste bloqué au niveau de la Commission, faute de consensus entre le gouvernement et les syndicats qui sont représentés au sein de cette chambre. Pour le second projet relatif aux syndicats, aucune mouture n’est sur les radars.

Par ailleurs, le Parlement a approu­vé trois lois sur les terres collectives, une réforme importante pour favoriser la valo­risation de ce patrimoine foncier estimé à 15 millions d’hectares. Ce sont 10 millions de personnes, soit près du tiers de la popu­lation marocaine, qui en vivent. Elles sont réparties sur 5.043 collectivités ethniques, représentées par 6.523 délégués.

Une opposition absente

Dans la réalité, il n’y a pas de véritable opposition. L’Istiqlal est concentré sur sa restructuration interne depuis l’élection de Nizar Baraka à la tête du parti. Le PAM est affaibli par ses guéguerres internes et ses procès devant la justice. Mais cette formation semble terminer l’année avec une réconciliation qui fait éviter à ce parti une implosion.

Mohamed CHAOUI

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