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    Société

    Les femmes juges d’Afrique se mettent en réseau

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5615 Le 16/10/2019 | Partager
    Partage d’expériences et promotion des droits humains… au menu
    Plaidoyer pour la création d’un observatoire continental
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    Les participantes au 1er symposium régional des juges africaines, clôturé le 12 octobre à Fès, ont recommandé la mise en place de mécanismes de gouvernance et de suivi du statut des femmes juges africaines dans tous les pays du continent, pour favoriser les échanges et le partage des bonnes pratiques (Ph. YSA)

    Le 1er symposium régional des juges africaines, qui vient de se dérouler à Fès, a marqué les esprits. D'abord un parterre de choix composé de plus de 400 magistrates et des invités de marque, grandes personnalités de la justice et des droits humains, tels que Mustapha Farès, Mohamed Abdennabaoui, Vanesa Ruiz, Malika Ibnouzahir, Imani Aboud ou encore Imane El Malki.

    Et puis, surtout, ce qui a marqué l'évènement, l'élaboration de la déclaration de Fès. Un document, décliné en une dizaine de points, qui s’inscrit dans la continuité de l’action de «l’International association of women judges» (IAWJ) et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), initiateur du symposium. 

    Aussi, cette déclaration insiste-t-elle sur la création et le renforcement d’un réseau régional pour la représentation continentale et internationale des femmes juges. Elle appelle ainsi à «valoriser les meilleures pratiques et les expériences réussies». «Il faut établir des passerelles de communication et d'échange d'expériences, de compétences et de consultations dans le cadre de la coordination entre les conseils judiciaires des différents pays africains», notent les déclarants. Et d’ajouter que «le renforcement de l'indépendance du pouvoir judiciaire servira l’émancipation des femmes dans le système judiciaire».

    Dans la «Déclaration de Fès», les participantes ont insisté sur «l'impératif de la mise en œuvre de garanties et d’exigences protectionnistes pour lever toute exclusion ou injustice concernant la femme juge». A cet égard, Imani Daud Aboud, juge à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a noté que «la mise en valeur des normes internationales en la matière garantira et protègera les droits humains en Afrique». 

    Même son de cloche auprès de Imane El Malki, juge à la Cour de cassation, pour qui «l'intégration des femmes est un facteur essentiel des politiques judiciaires africaines et un encouragement pour la gent féminine à occuper des postes de responsabilité dans l'administration judiciaire et dans les tribunaux ordinaires et spécialisés».

    La «Déclaration de Fès» relève, par ailleurs, «qu’il est nécessaire d’améliorer le statut social des femmes juges, afin de leur permettre de concilier leurs obligations familiales et professionnelles, tout en intégrant l’approche genre dans le code de déontologie». 

    De l’avis des congressistes, les femmes juges doivent avoir les mêmes droits que leurs collègues hommes. Santé, retraite et poste de responsabilité sont autant de points soulevés lors du dernier panel de ce symposium qui s’est déroulé sous le thème «les garanties sociales et professionnelles des juges africaines: quelles approches».

    Unanimes, les participantes ont félicité l’expérience du Maroc et son engagement pour l’indépendance du pouvoir judiciaire. «La Constitution de 2011 ainsi que l’évolution des droits humains dans votre pays le placent comme modèle africain à méditer», a confié, à L’Economiste, Vanesa Ruiz, président de l’IAWJ et également juge à la Cour d’appel de Washington (USA).

    Pour elle, «l’IAWJ continuera d’œuvrer pour la promotion des capacités et du leadership des femmes juges en Afrique et le partage des bonnes expériences et pratiques… à travers des séminaires d’échange et de coopération». «Ceci, en vue d’élaborer une vision continentale unifiée et intégrée pour les femmes juges, conformément aux Objectifs de Développement durable et aux expertises des organisations internationales», insistent les participantes. E

    lles ont, enfin, recommandé la création d’un observatoire et des mécanismes de gouvernance et de suivi du statut des femmes juges africaines dans tous les pays du continent. A noter que cette conférence a été initiée à l’occasion de la Journée nationale des femmes marocaines, réunissant plus de 400 participantes de 40 pays d’Afrique, Europe, Amérique et Australie.

                                                                              

    Croiser les expériences

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    C’est en 1961 que le Maroc a eu sa première femme juge. Aujourd’hui, les femmes représentent plus de 16% des magistrats du Parquet général et près de 25% des juges du Royaume. En revanche, elles sont un peu moins en Jordanie (20%), du fait que l’expérience du royaume hachémite dans ce domaine est embryonnaire (la première femme juge l’est depuis seulement 1996). Pour sa part, «la Tunisie est sur la bonne voie… toutefois, pour avoir une efficacité judiciaire, il faut garantir le droit de la femme à la santé», dit une magistrate tunisienne. «Outre la santé physique, il faut qu’il y ait un appui psychique, principalement celui de la famille à la maison ainsi que celui de la hiérarchie au travail», souligne une juge d’Egypte. Le symposium de Fès a permis de croiser les expériences, échanger les bonnes pratiques et acter une coopération intercontinentale.

                                                                              

    Droit social: Avis d’une experte

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    Malika Ibnouzahir, juge à la Cour de cassation, a de son côté  exposé l’évolution de la jurisprudence en matière de droit social, des lois sur les libertés individuelles, traite d’humains, et protection des minorités. Selon elle, «l’interprétation des lois nécessite “l’Ijtihad” (la diligence) pour éviter de tomber dans l’erreur». A ce niveau, le partage des bonnes pratiques est important. L’expérience des arrêts de principes mis en œuvre par la Cour de cassation n’est pas en reste. «Car ces arrêts, auxquels le premier président est informé, servent de base de loi», a souligné Ibnouzahir. Cette spécialiste du droit social a insisté sur l’égalité entre homme et femme en matière de salaire, de promotion, d’accès aux postes de décision à travers le principe du mérite, etc. Elle a également évoqué des décisions qui sont favorables au respect de la vie privée du salarié, la protection de ses données personnelles et par exemple le fait de considérer la femme qui quitte son travail pour avoir été victime d’abus sexuel de la part de l’employeur comme étant licenciée abusivement.

    Youness SAAD ALAMI

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