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    100 ans d’aviation au Maroc: Des routards aériens partent en pèlerinage!

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5601 Le 26/09/2019 | Partager
    Tarfaya est mythique pour les aviateurs du monde entier
    Une étape au cœur de l’histoire de l’Aéropostale
    L’empreinte de Saint-Exupéry encore vivace
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    L'équipage de L'Economiste s'apprête à voler vers la Mecque de l'aviation, Tarfaya ou Cap Juby pour les anciens (Ph. FF)

    ■ Scène 1: Un vol incertain
    Sur le tarmac de l’aéroport d’Agadir Al Massira, les préparatifs vont bon train. Plus d’une vingtaine d’équipages du Rallye Toulouse-Saint-Louis s’apprêtent à voler vers Tarfaya. C’est l’étape la plus mythique de ce raid aérien qui se déroule du 21 septembre au 4 octobre. Cette édition marque le centenaire de l’Aéropostale et de ses aviateurs intrépides. Des pilotes majoritairement français sont plongés dans leur carte. D’autres attendent patiemment le débriefing des organisateurs, l’association Air aventures. «C’est une étape spéciale. Mais il faut que la météo soit bonne. Le ciel va se dégager au fur et à mesure. Donc, pas de précipitation», insiste le  directeur technique du rallye, Daniel Vacher. Ce vieux routard du ciel en est à sa 30e participation. Il a connu le fondateur de cette épreuve, Feu André Sabas, en 1983. Ce dernier était marocain de naissance et journaliste de profession.  L’attente est interminable et les chances de poursuivre le voyage semblent compromises. Et pour cause, notre commandant de bord, Didier Cornut, n’a de son côté toujours pas reçu l’autorisation de voler vers l’ancienne Cap Juby. «Rassure-toi, je suis un rat qui parvient toujours à trouver une issue», me lance notre pilote. Tarfaya est «une zone à usage restreint», selon le jargon aéronautique. Au-dessous d’Agadir, une autorisation spéciale est exigée dans ses zones militaires.
    La Mecque des aviateurs abrite toujours l’une des plus vieilles pistes d’atterrissage au monde et la plus légendaire: 700 mètres de long sur 34 de large. Elle est sablonneuse et balisée des deux côtés par de gros pneus de tracteurs relativement visibles. Allons-nous pouvoir y atterrir?  Le dernier avion a décollé vers 15 heures. L’Aéroclub royal d’Agadir est d’une solidarité et d’une générosité exemplaire. «Je m’en souviendrai, moi qui en est à ma 30e  année au rallye», confie le directeur technique du Rallye Toulouse-Saint-Louis. Notre  équipage a eu droit au gîte et au couvert en attendant d’obtenir l’autorisation de vol. Olivier d’Agay, qui n’est autre que le petit neveu d’Antoine de Saint-Exupéry, nous rejoint sous un hangar de l’Aéroclub royal d’Agadir. Nous partageons tous un verre de thé. Malgré l’incertitude, ce moment convivial convoque le souvenir des anciens: la terre est d’abord «Terre des hommes».

    ■ Scène 2: Safari aérien
    Délivrance! La Direction du transport aérien a donné depuis Rabat son feu vert. Le plan de vol est remis aux autorités aéroportuaires. Nous partons vers Tarfaya. Il était temps. La réglementation interdit de voler de nuit. Si Agadir est le pays de la serre, le grand sud est le pays des dunes. Au fur et à mesure que l’on avance, les compagnons de L’Economiste, à savoir le diplomate et homme d’affaires, Marc Edouard Winkel, le doyen des instructeurs pilotes, Brahim Tahari, ainsi que notre commandant de bord tentent d’identifier de vieilles pistes. Elles remontent notamment au Protectorat français (1912-1956). Notre commandant de bord, Didier Cornut, communique sa position aux contrôleurs aériens. Nous sommes à 1.500 pieds lorsqu’une mer de nuages enveloppe notre avion comme dans du coton.
    Les belles côtes atlantiques sont en-dessous. Des paysages dignes d’un safari défilent. Des pêcheurs perchés sur des falaises traîtresses. Cet endroit dans la région de Tan-Tan a été il y a quelques années  au cœur d’une émission de Thalassa. Les colonies des flamands roses à l’embouchure de Oued Chbika sont une merveille.
    D’Agadir à Dakhla, la route nationale serpente le littoral atlantique. Le poisson du grand sud emprunte ce trajet avant de parvenir aux paniers des ménagères marocaines.  Les dunes en forme de croissant surgissent  à partir de la région d’Akhfenir, à plus d’une centaine de kilomètres de Tarfaya. Des plages s’étendent à perte de vue. Leur sable humide est lacéré parfois par les traces de gros 4x4. Avec ses 3.400 km, la façade maritime marocaine doit être déclarée trésor national.

    ■ Scène 3: Cap Juby à l’horizon
    Notre Cessna 127 poursuit son vol vers la Mecque des aviateurs. «Vous imaginez ce voyage se faisait dans les années 1920 et 1930 avec des Bréguets 14. Ni GPS, ni équipement sophistiqué. Ce sont les guides maures qui indiquaient le chemin aux pilotes qui transportaient le courrier au Sénégal», rapporte Brahim Tahari. Notre compagnon préside l’Association nationale de l’histoire de l’aviation au Maroc.
    L’ancien fort du négociant anglais Mackenzie se dresse devant nous. Il est l’un des monuments de Tarfaya au même titre que la bâtisse qjui servait de poste au chef d’escale Saint-Exupéry. Des antennes de télécommunications barrent l’horizon. Elles ont été installées dans l’axe de la piste de Cap Juby. Ce qui rend la manœuvre particulièrement délicate pour les pilotes. Notre commandant de bord fait des cercles concentriques autour de la ville. Il y a un peu plus d’une décennie Tarfaya n’était plus que l’ombre d’elle-même. Ses vieilles maisons en pierre ont été ensevelies par le sable. L’agglomération a changé depuis de statut administratif. Elle est passée de commune à préfecture depuis les années 2010. Le changement est palpable même si la ville garde son air un peu fantomatique. Nous y atterrissons finalement. Gendarmerie royale et police nous accueillent à bras ouverts avant de nous demander nos pièces d’identité. «Tout le monde vous attendait avec impatience», déclare un agent. Il était temps d’arriver. Il est 19h et le soleil commence à se coucher.

    Faiçal FAQUIHI

     

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