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    Culture

    Johnny Clegg, un blanc parmi les Zoulous

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5559 Le 18/07/2019 | Partager
    L’auteur, compositeur, chanteur et danseur est décédé mardi 16 juillet
    Un concert mémorable avec Mandela à Francfort en 1997
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    Apparition surprise de Nelson Mandela lors d’un concert de Johnny Clegg à Francfort en 1997 (Ph. DR)

    Pendant les pires heures du régime raciste en Afrique du Sud, un artiste  blanc défie les lois sur la ségrégation raciale et fonde, avec le musicien zoulou Sipho Mchunu, Juluka, un groupe de musique mixte provoquant la colère du gouvernement raciste blanc qui ne pouvait tolérer qu’un des siens puise son inspiration dans l’histoire et la culture noire zoulou. 

    Johnny Clegg, disparu  le mardi 16 juillet, suite à un cancer, s’est vu tout de suite interdire ses chansons. Pour contourner la censure, le groupe se produit dans des universités, des églises, des foyers de migrants ou encore chez des particuliers. «Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial», racontait-il à l’Afp en 2017.

    Malgré cela, l’intraitable police de l’apartheid a interdit certains de ses concerts et le chanteur a été à plusieurs reprises arrêté, accusé de violer les lois de l’apartheid.  C’est avec le titre «Asimbonanga» que Johnny Clegg rentre dans l’histoire, avec son nouveau groupe Savuka (formé en 1986). 

    Signifiant «nous ne l’avons pas vu», en langue zoulou, le titre est un tube planétaire dédié à Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid alors emprisonné à Robben Island, depuis 24 ans. La seule évocation du chef du Congrès national africain (ANC) est alors strictement interdite.

    Le régime de Prétoria bannit le titre. Quelques années après la fin de l’apartheid (en 1994), Mandela, désormais libre,  avait tenu à rendre hommage au «Zoulou blanc» en montant sur scène, d’une manière inattendue, lors d’un concert à Francfort (Allemagne). Alors que Johnny Clegg chantait Asimbonanga, le public s’était levé comme un seul homme.

    «J’ai aperçu du coin de l’œil quelqu’un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant (...). C’était Mandela! Ça a été un choc. Je ne savais même pas qu’il était là», avait raconté Johnny Clegg à l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. A la fin de la chanson, Mandela avait lancé de sa voix posée, au micro: «C’est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde».

    Né en 1953 au Royaume-Uni d’un père britannique et d’une mère zimbabwéenne, chanteuse de jazz de cabaret, Johnny Clegg débarque à l’âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître sur la majorité noire. Initié aux cultures locales par son beau-père journaliste, il se glisse dès 15 ans dans les foyers de travailleurs noirs, au mépris des interdits.

    Là, il découvre les danses et les mélodies zoulous et s’invite secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles. Après une rémission d’un cancer du pancréas diagnostiqué en 2015, il se lance deux ans plus tard dans une tournée mondiale d’adieu dont il réussira à honorer toutes les dates, les dernières en 2018.

    A.Bo

     

     

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