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Economie

Système éducatif
Pr Driss Moussaoui: «Un peuple ignorant est voué à l’esclavage»

Par L'Economiste | Edition N°:2170 Le 13/12/2005 | Partager

Driss Moussaoui, président du Collectif démocratie et modernité livre ses impressions sur le système éducatif et les ambitions dont aspire le Collectif au travers des actions qu’il mène. Objectif: sortir le secteur de l’ornière dans laquelle il se trouve. Moteur!. L’Economiste: Quatre axes majeurs étaient au programme des assises. Que faut-il retenir de ces journées?- Pr Driss Moussaoui: La grande qualité des interventions et des discussions a permis de dégager un certain nombre d’axes de réflexion comme la nécessité d’un engagement fort de tous les Marocains, l’indispensable construction de tous les curricula et des méthodes d’éducation autour des valeurs universelles (tolérance, ouverture et acceptation des autres cultures et religions, égalité des sexes et des chances, justice, démocratie…) et l’importance de l’arabe dialectal dans l’enseignement. De plus, l’instituteur éducateur doit occuper une place centrale dans la priorité du ministère de l’Education nationale (formation et évaluation permanentes) et il faut mettre en application les recommandations de la Cosef non encore implémentées. L’apprentissage intelligent des langues étrangères avec ouverture sur le monde du travail et sur les autres cultures constitue également une nécessité.. Instaurer une seule langue pour l’enseignement dès le plus jeune âge, serait-ce un début de solution? - Ce n’est pas le nombre de langues qui représente un problème, mais la manière dont on les enseigne. Les habitants des pays balkaniques parlent souvent 2 ou 3 langues, voire 4, 5 ou plus du fait de la diversité ethnique. Nous avons au Maroc beaucoup de personnes qui parlent l’amazigh et/ou l’arabe dialectal et classique (ce qui fait deux langues différentes), la langue française et une autre langue étrangère. Le cerveau, comme le muscle, ne se développe qu’en étant sollicité. Si l’enfant apprend les langues en s’amusant, s’il trouve un intérêt à les utiliser, cet apprentissage se fera non seulement aisément, mais aura un impact positif sur sa vie et sur celle du pays.. Au Maroc, la première langue commerciale est le français. Tout est-il mis en œuvre pour favoriser l’intégration économique des étudiants?- On devrait penser de manière systématique à l’emploi en formant les jeunes, sinon, ce serait comme arroser de très larges surfaces de terres agricoles sans mettre de graines à germer, en espérant que, par chance, des graines se trouveraient sur le terrain irrigué. C’est un gaspillage qu’il faut arrêter, parce qu’il fait le malheur des individus, et peut constituer un facteur de déstabilisation potentiel de tout le pays. Quant à la langue économique, il est vrai que c’est pour le moment historique que nous vivons le français, mais l’anglais et l’espagnol prendront de plus en plus de place. Je prévois que dans les 50 années à venir, la langue chinoise aura aussi une place considérable à cet égard. Il n’est pas impossible que dans une vingtaine d’années, des écoles chinoises ouvrent leurs portes au Maroc, apportant non seulement une langue, mais aussi une culture et une manière d’être différentes dans notre pays. . Notre pays est en pleine transition, pourtant l’éducation, pierre angulaire de tout développement, semble être le tendon d’Achille des pouvoirs publics…- Un peuple non éduqué est voué à l’esclavage. Ne pas prendre à bras le corps ce problème, avec tout le sérieux qui s’impose, revient à hypothéquer l’avenir proche et lointain de tous les Marocains. Les recommandations validées de telle ou telle commission ne suffisent pas; il faut les mettre en pratique, et au plus vite.. L’INDH peut-elle être une réponse ou tout du moins un élément de réponse?- L’INDH est une auberge espagnole. On y trouvera en fin de parcours ce que chacun y aura amené. Cela peut-être un excellent levier de développement si tout le monde s’y met avec enthousiasme. Il est évident que l’alphabétisation intelligente de tous les analphabètes, et la scolarisation performante de tous les enfants du Maroc sont une urgence. Cela fera progresser notre indicateur de développement humain dans le classement international, qui est actuellement infamant et qui fait fuir les investisseurs potentiels. Cela permettra aussi à la machine économique et sociale de prendre sa vitesse de croisière vers un horizon plus paisible.Propos recueillis par Rachid HALLAOUY

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