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Economie

Moins 0,5 point sur les prochains Bons du Trésor : Retour de la bataille sur le déficit

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

A la fin de l'année, le taux des Bons du Trésor baissera une nouvelle fois d'un demi-point, annonce M. Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs: «Nous voulons donner un deuxième signal au marché». Mais une autre bataille démarre: le déficit budgétaire.


LE taux de l'argent est le débat qui agite, pour ne pas dire oppose, les banques et les autorités monétaires depuis le début de l'été 1996, juste à la sortie de la «campagne d'assainissement».
Depuis, un mouvement de reprise est apparu et s'est développé, sans que les banquiers ne le sentent encore vraiment dans les demandes de crédits d'investissements. Les demandes vont essentiellement sur les facilités de caisse, soit parce que les agences bancaires poussent dans ce sens (les taux sont élevés et ne font pas vraiment l'objet de négociations entre la banque et le client), soit parce que les entreprises ont la mauvaise habitude d'investir à long terme avec des crédits à court terme, soit encore parce qu'elles ne sont pas encore guéries des traumatismes causés par les dérapages de la campagne d'assainissement. Les trois motifs ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib, M. Mohamed Seqqat, a invité «les banques, et surtout les grandes banques, à faire un effort sur les taux»(1). Il faisait suite à une déclaration publique du ministre des Finances qui avait trouvé que les taux d'intermédiation bancaire étaient «un peu trop élevés».

Le ministre des Finances et des Investissements Extérieurs revient cette semaine à la charge: «Nous procéderons à une nouvelle baisse d'un demi-point sur la prochaine émission des Bons du Trésor», a-t-il indiqué à L'Economiste. La prochaine émission aura lieu à la mi-décembre. Le ministre souhaite donner ainsi un nouveau signal au marché, après celui de la baisse pour la dernière émission de Bons et de la baisse des taux directeurs de la Banque centrale. Néanmoins, les enjeux semblent vouloir se déplacer un peu plus en amont.

Pluie ou sécheresse, même combat


En effet, avec l'arrivée des pluies, le budget public fait à nouveau l'objet de pressions. L'objectif est le même qu'en période de sécheresse, déplafonner le déficit, mais les arguments sont diamétralement opposés. Tant qu'il ne pleuvait pas, l'argumentation reposait sur la nécessité de soutenir l'économie dans la phase difficile. L'arrivée des pluies transforme l'analyse: il faut profiter de la croissance qui en résultera, donc accroître les engagements publics. Les pressions viennent naturellement de l'intérieur des appareils administratifs et des secteurs dont le niveau d'activité dépend directement des marchés publics. Pourtant, chez les entreprises, une nouvelle façon d'analyser le budget public émerge et est en train de se substituer au «keynésianisme». Cette nouvelle façon de voir professe que tout déficit public est une ressource autoritairement enlevée aux entreprises. C'est chez les PME et les entreprises exportatrices, petites ou grandes, que cette optique est la plus présente, fréquemment exprimée avec un discours très critique sur l'emploi des ressources déjà mises à la disposition de l'Etat, plus exactement des administrations. Les débordements ou les manques de transparences-contrôles d'une partie des engagements publics font un mal considérable à l'ensemble du Budget de l'Etat: les entreprises qui sont contribuables par l'IS et qui sont percepteurs par l'IGR et la TVA ont vite fait d'assimiler gaspillage avec dépenses publiques. Elles deviennent du coup allergiques à l'idée même de déficit budgétaire. Pour elles, le lien est très simple: déficit signifie immédiatement accroissement des impôts pour financer ce déficit.

Nadia SALAH.

(1) Cf L'Economiste du 24 octobre 1996. Il s'agissait de la première fois qu'un gouverneur de la Banque centrale s'exprimait au cours d'un entretien de presse.

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