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Economie

Entretien avec Ruth Harkin, présidente de l'Overseas Private Investment Corporation

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Le Congrès a voté, avant la date limite, c'est-à-dire le 30 septembre 1996, l'autorisation de continuer ses activités à l'Overseas Private Investment Corporation (OPIC) pendant un an jusqu'à septembre 1997.


- Quels sont les pays d'Afrique du Nord où l'OPIC est active actuellement?
- Nous sommes présents et actifs au Maroc. Mais nous commençons à étudier des projets en Tunisie et en Israël. Pour le moment, nous ne pouvons pas travailler en Algérie, ni en Libye, bien entendu. C'est la raison pour laquelle nous sommes vivement intéressés par les affaires que nous pouvons mener en Tunisie, Egypte et Maroc.

- Depuis que vous êtes à la tête de l'OPIC, après l'élection de Bill Clinton en 1994, pensez-vous que le Maroc et la Tunisie attirent plus d'investisseurs américains?
- Il me semble que ces deux pays offrent de réels potentiels surtout depuis qu'ils adoptent des lois nettement plus favorables aux investissements privés.

- A combien de projets l'OPIC a-t-il participé au Maroc?
- En ce moment nous étudions plusieurs projets au Maroc. Aucun n'ayant été formellement annoncé, mais, depuis la visite que Sa Majesté le Roi Hassan II a faite à l'OPIC en mars 1995 l'intérêt des investisseurs potentiels a augmenté.

- Quels sont les secteurs de l'économie marocaine qui intéressent le plus les milieux d'affaires US?
- L'agriculture d'abord, mais il y en a deux autres: l'énergie et l'industrie manufacturière.

- Quels échos avez-vous eus de la part de sociétés américaines qui ont essayé de faire des affaires avec le Maroc? Sont-ils positifs ou négatifs? En quoi?
- Quand je suis allé au Maroc en août 1995 sur invitation de Sa Majesté le Roi, j'ai pu rencontrer la communauté d'affaires américaine qui est sur place ou qui travaille déjà dans le pays. Je dois d'ailleurs ajouter que nous avons des accords de partenariats qui sont en train de se former et que les responsables américains sont très satisfaits de la qualité des travailleurs marocains et ce à tous les niveaux.
Pour en revenir à la question proprement dite, les échos que j'ai eus de la part des hommes d'affaires américains présents au Maroc sont extrêmement positifs.
Notamment sur la législation qui règle dorénavant le monde des affaires ainsi que celle sur les privatisations et sur la protection des intérêts étrangers investis au Maroc. Bref, ils m'ont tous souligné l'aspect positif de l'arsenal judiciaire mis en place au Maroc depuis peu.

- Vous êtes une amie de l'ambassadeur américain Marc Ginsburg à Rabat. Certains bruits disent qu'il est plutôt découragé sur l'ouverture du Maroc aux affaires au niveau international. Vous en a-t-il parlé? Est-ce vrai qu'il est peu satisfait?
- Non. Il est vrai que M. Ginsburg et moi sommes des amis, mais il ne m'a jamais fait part d'une quelconque déception vis-à-vis de la tournure des événements économiques au Maroc. En tout cas je ne suis pas au courant. Je dois souligner que c'est un des plus fervents défenseurs de la promotion du Maroc aux Etats-Unis et du développement économique de votre pays.

- Pensez-vous que les hommes d'affaires américains connaissent mieux le Maroc et ses potentialités aujourd'hui qu'il y a 2 ou 3 ans?
- Absolument. Non seulement la visite de Sa Majesté de mars 1995 a permis de rehausser auprès du public américain les nouvelles relations économiques entre nos deux pays, mais aussi par la création d'un bureau de promotion du Maroc ici aux Etats-Unis. Je pense que le Maroc a été beaucoup plus exposé, positivement s'entend, au cours des 18 derniers mois que pendant de longues années.

- Etes-vous d'accord avec certains rapports de la Banque Mondiale qui estiment que le Maroc n'est pas en très bonne santé économique actuellement?
- Comparé à quoi? Je veux dire que nous travaillons avec des pays où les conditions économiques sont extrêmement mauvaises et surtout peu sûres.
Des nations qui sont très pauvres en relation avec d'autres. J'insiste que le Maroc a établi une stabilité économique qui n'existe pas dans d'autres pays, et c'est très important.

- Pour vous, donc, la stabilité économique est un atout majeur?
- Mais bien entendu. Je pense que la stabilité est primordiale pour le développement du pays. Je vous ai dit que nous travaillons dans des pays en proie à des bouleversements politiques et économiques énormes, où il y a des crises très sérieuses. Ce n'est pas du tout le cas au Maroc.

- L'OPIC a créé en 1995 un fonds de capital destiné à investir en Afrique du Nord et au Moyen-Orient: Le Middle-East and North Africa Fund. Quelle est sa situation aujourd'hui?
- C'est un fonds d'un montant de 250 millions de Dollars. La somme totale doit être entièrement souscrite incessamment et nous devrions commencer les investissements dès cet automne. Il pourra investir au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Jordanie et sur la rive occidentale du Jourdain (Cisjordanie).

- Quel est le budget de l'OPIC?
- L'OPIC étant ce qu'il est, nous gagnons de l'argent et par conséquent avons des réserves.
En fait, le Congrès nous indique quelle part de nos ressources doivent être dépensées pour tel ou tel programme.
Mais peut-être que pour être plus claire, laissez-moi vous dire qu'à la fin de l'année fiscale 1995, nous avions vendu pour 8,6 milliards en assurance contre les risques politiques et nous avons financé à peu près 2 milliards de Dollars en projets divers dans tous les pays où nous sommes présents.

- Et si le président Clinton vous offre de rester à la tête de l'OPIC, que ferez-vous?
- Je n'en ai aucune idée.

- Si vous aviez un message à envoyer aux milieux d'affaires marocains, quel serait-il?
Que les investisseurs US seraient de très bons partenaires pour les compagnies marocaines intéressées et que ce mélange ne peut être que positif. Et nous espérons que les accords de partenariat entre Américains et Marocains se multiplient dans l'avenir et nous les soutenons pleinement.

- Pensez-vous que les hommes d'affaires marocains sont mûrs pour s'associer avec leurs homologues américains?
- Tout à fait. Je pense qu'il y a de nombreux domaines économiques et financiers où les milieux d'affaires des deux pays peuvent faire de grandes choses ensemble.

Propos recueillis
par Fayçal BENHASSAIN

Les projets de l'OPIC au Maroc


LE plus gros projet que l'OPIC ait au Maroc est bien entendu celui lié à la privatisation et aux travaux d'agrandissement de l'usine électrique de Jorf Lasfar, située à 100 kilomètres au sud-ouest de Casablanca. Ce fût lors de la visite de Sa Majesté Hassan II aux Etats-Unis, en mars 1995, que l'OPIC a signé le protocole d'accord de prise en charge des risques politiques pour un montant de 200 millions de Dollars. L'un des maîtres d'oeuvre, la société CMS Energy Corporation of Dearborn, dont le siège est dans l'Etat du Michigan, étant Américaine, l'OPIC reste tout à fait dans son rôle de favoriser l'économie US. Même si dans ce cas CMS a un accord de joint-venture avec la société Suédoise ABB, 50% des capitaux sont américains.

Enfin, l'OPIC est également présente au Maroc dans les domaines bancaire et pétrolier, sur 2 projets qu'elle garantit aussi contre les risques politiques à concurrence de 15 millions de Dollars.
Mais l'OPIC est prête à s'engager plus en avant au Maroc et c'est aux milieux d'affaires du Royaume de trouver des partenaires Américains pour des opérations qui entrent dans le cadre de ses activités. Ils savent que s'ils ne peuvent pas bénéficier directement des prêts et autres garanties offerts par l'OPIC, il y a des possibilités à condition d'avoir une société américaine intéressée par le projet. Une fois celle-ci trouvée, l'engagement de l'OPIC n'est qu'une question de formalité ou presque. Pourtant, même si l'OPIC ne coûte en principe rien aux contribuables américains et rapporte de l'argent, elle a de nombreux détracteurs. En particulier chez les Républicains, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, ils critiquent le fait que même si son financement ne provient pas, en tout cas presque plus, de l'argent des impôts, c'est néanmoins le gouvernement américain qui garantit les risques, en particulier politiques. Or, dans le cas où ce risque se transformerait en réel désastre dans un pays, ce serait le contribuable qui payerait. Et de rappeler les catastrophiques faillites des caisses d'épargne du début des années 80, qui étaient dans une situation similaire avant d'obliger l'Etat fédéral à rembourser les épargnants ruinés. Enfin, ajoutent les adversaires des agences d'Etat, l'OPIC en tête, la philosophie même de cet organisme est erronée. En effet, l'OPIC estime que c'est le manque de capital qui empêche les pays de se développer alors que ce sont en général les mauvais choix économiques qui en sont la cause.


Fayçal BENHASSAIN



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