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Enquête sur la famille : Baisse de fécondité, maintien de la taille des ménages

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

La baisse de fécondité est un phénomène principalement urbain. Cependant, elle n'est pas synonyme de réduction du nombre de personnes par ménage. Conclusions de l'Enquête Nationale sur la Famille en 1995(1).


LE milieu rural continue d'afficher des taux de fécondité élevés. «Dans les campagnes, bien que les parents soient conscients des coûts engendrés par les enfants, ils pensent plutôt aux bénéfices à long et à court termes qu'ils pourraient procurer», explique M. Mohamed Mghari, chercheur au CERED. Les enfants sont considérés «utiles» entre 15 et 25 ans pour les garçons et 7 et 14 ans pour les filles. Cette différence d'âge d'utilité s'explique notamment par la contribution des filles à très jeune âge aux travaux ménagers et leur placement dans des familles urbaines. En outre, les résultats de l'enquête révèlent que les enfants du chef de famille constituent la principale composante de la masse totale des aides familiales avec 63,2% (9,5% en milieu urbain et 90,5% en milieu rural). Cette forte prévalence de l'aide des jeunes enfants en milieu rural résulte de «l'organisation économique du monde rural, basée sur l'agriculture et une production de type familial», commente M. Mghari.

Ce mode de production familiale ne se limite pas uniquement à l'agriculture. Il englobe aussi les familles spécialisées dans les activités artisanales ou commerciales. Par ailleurs, et toujours selon l'enquête, l'aide familiale augmente fréquemment en même temps que l'âge des parents. Ainsi, en milieu rural, cette assistance bénéficie à près d'un chef de ménage sur quatre.
En revanche, en milieu urbain, presque 30% des chefs de ménages enquêtés perçoivent une aide matérielle de la part de leurs enfants. C'est donc cet aspect économique qui exerce une influence sur la fécondité. «Une fois passée la petite enfance, les enfants peuvent payer pour leurs coûts».
La fécondité tend vers une baisse sensible en milieu urbain. L'indice synthétique de fécondité est passé de 7,2 enfants par ménage en 1960 à 3,2 en 1994. A la campagne, il a connu une baisse de 39%, passant de 7,02 enfants par femme en 1977 à 4,25 en 1994.

Nucléarisation des ménages


Cependant, la diminution de la fécondité n'est pas toujours synonyme d'une réduction du nombre moyen de personnes par ménage, souligne M. Abdellatif Lfarakh, chercheur au CERED. D'après l'enquête, la majorité des Marocains vivent dans des ménages constitués, soit d'une famille nucléaire (un seul noyau familial), soit d'une famille complexe (plusieurs noyaux). La famille nucléaire représente la fraction la plus importante des ménages, soit 60,3% dont 48,3% de ménages biparentaux et 8,1% de familles monoparentales. Les ménages composés uniquement des deux conjoints ne représentent que 3,5% de l'ensemble des familles.
«Ces résultats permettent d'observer un processus de nucléarisation des ménages», indique M Lfarakh.

Les familles complexes représentent 43,6% des ménages. Leur fréquence est plus importante en milieu rural qu'en milieu urbain: 37,3% contre 30,7%. «Cette forte représentation dans les campagnes est justifiée par l'intérêt que peut offrir ce mode de cohabitation sur le plan économique», explique M. Lfarakh. L'enquête a révélé en outre que la cohabitation intergénérationnelle demeure importante en milieu rural. En effet, les familles où cohabitent trois générations et plus représentent 26,8% en milieu rural et 17,5% en zone urbaine. Ce type de ménage, commente M. Lfarakh, permet d'éviter le morcellement de la terre et maintient des exploitations de taille «viable». Il permet aussi de diminuer les dépenses de production, d'habitat et de transport. Cependant, l'étude des caractéristiques des ménages complexes montre que ces derniers ne reproduisent pas toujours la grande famille basée sur les rapports de parenté agnatique et impliquant une subordination des femmes à l'autorité patriarcale. En effet, la proportion des femmes qui dirigent un ménage complexe est sensiblement importante, particulièrement dans les villes.

Badra BERRESSOULE.

Fiche technique


L'ENQUETE Nationale sur la Famille (ENF) a été menée par le Centre des Etudes et Recherches Démographiques (CERED). Objectifs: identifier et analyser les transformations qui affectent les structures familiales et leur influence sur le comportement démographique. L'étude de la place et du rôle de la famille en relation avec l'éducation et la garde des enfants a été aussi une composante de l'Enquête. L'ENF, qui a duré 3 ans, a concerné un échantillon de 5.040 ménages représentant toutes les couches sociales et régions du pays. L'élaboration et la sélection de cet échantillon se sont référées aux données cartographiques du Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 1994.

Badra BERRESSOULE.

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