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Congrès des pharmaciens : Après les périmés, la classification des médicaments

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Le problème des médicaments figurant sur les tableaux A et C préoccupe les pharmaciens. Ces classes de produits jugés dangereux continuent d'être régies par un vieux dahir. Les pharmaciens craignent qu'une interprétation simpliste des textes ne mette de nouveau en cause leur responsabilité.

La question de la délivrance des médicaments figurant sur les tableaux A, B et C a ravi la vedette à celle des médicaments périmés, surmédiatisée depuis l'affaire Benabderrazik. En effet, les pharmaciens craignent que leur responsabilité soit de nouveau mise en cause, mais cette fois-ci pour des histoires de classification de médicaments et non de destruction. Les médicaments en question correspondent à des classes de produits jugés dangereux, pour lesquels la délivrance au patient présente des risques. La classification, inspirée d'une vieille législation française, est jugée simpliste. Figurent dans la classe A, les poisons, B, les produits stupéfiants et C, les produits dits dangereux. L'unique texte à faire allusion aux tableaux A, B et C, est l'article 6 du dahir du 19 février 1960. Or ce dernier renvoie au dahir du 2 décembre 1922, portant réglementation sur les substances vénéneuses, un texte vieux de 74 ans, «légiférant plutôt pour des pharmaciens nés au 19ème siècle» note avec humour M. Tahiri Hassani, pharmacien intervenant au Congrès. «Le plus jeune pharmacien exerçant alors devait être né en 1897. Ce distingué et honorable doyen serait-il encore parmi nous?», a-t-il ajouté.

Substances vénéneuses


En fait, plus que la vétusté du texte, c'est surtout les termes utilisés au niveau du dahir de 1922 qui préoccupent les pharmaciens. En effet, il y est question de substances vénéneuses et non de médicaments ou de spécialités pharmaceutiques. «Or si une interprétation abusive des textes venait à confondre spécialité pharmaceutique et substance vénéneuse, la responsabilité du pharmacien serait quotidiennement mise en cause». En effet,
la réglementation française, sur laquelle a été calqué le dahir de 1922, impose l'impression sur les boîtes de spécialités de rectangles rouges pour le tableau A et de rectangles verts pour le tableau C. Seul inconvénient cependant: des médicaments peuvent parfois provenir de pays européens, qui, contrairement à la France, n'ont pas retenu la classification des tableaux. Conséquence: pour des médicaments de compositions identiques, le pharmacien se retrouve avec deux situations différentes. Dans un cas, le médicament respecte la mention réglementaire du rectangle et dans l'autre pas. Pour illustration, le médicament Oflocet de la classe des antibiotiques comporte un rectangle rouge alors que le médicament Ciproxine, de composition identique, n'en comporte pas. Et les exemples abondent.
«Cet étiquetage ne peut avoir force de loi, puisqu'il ne peut être généralisé à tous le médicaments», affirme M. Tahiri Hassani. La solution serait que le MSP reconnaisse officiellement la réglementation des pays d'origine ou alors que les pharmaciens corrigent eux-mêmes la situation. «Mais nous risquons d'être dans l'illégalité. Car nous pourrions alors considérer qu'un médicament appartient au tableau A ou C alors que le MSP ne l'aura pas fait». précise M. Abderrahim Skalli, pharmacien industriel.

Pour la classe B, le problème de la classification, et par extension de délivrance, est moindre. Les stupéfiants, produits très surveillés par l'OMS, tant au niveau de leur détention que de leur utilisation, répondent en effet à un circuit particulier de distribution. L'obligation d'ordonnance, en sus de carnets à souche, permet de prévenir la délivrance de ces produits à des fins de toxicomanie. Quelques difficultés ont été néanmoins soulevées à ce niveau, notamment celles portant sur l'identification des documents fournis par les médecins traitants: les pharmaciens avouent avoir du mal à identifier une ordonnance valide d'une ordonnance falsifiée. Par ailleurs, le MSP vient de réactualiser la liste des produits figurant sur le tableau B.
Difficile d'en dire autant pour les produits inscrits aux tableaux A et C. Les professionnels de la pharmacie rappellent qu'aucune liste officielle n'a été établie jusqu'à ce jour pour ces classes. La raison est simple d'après eux. Ces produits sont régulièrement enregistrés au niveau du MSP avant leur mise sur le marché. Il est difficile pour ce département de sortir une liste qu'il faudrait constamment réactualiser. «Mais ils pourraient à la limite le faire sur une période trimestrielle ou semestrielle par exemple», est-il indiqué.
Les médicaments figurant sur les tableaux A et C ne sont pas les seuls à poser problème. Les sérums et vaccins notamment ne peuvent, d'après le dahir du 14 janvier 1950, être délivrés par les pharmaciens que sur ordonnance médicale. «Par une simple interprétation rigoriste des textes, nous pouvons être épinglés pour avoir délivré un vaccin antigrippal».

M.B.

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