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Chauffe-eau aux normes NM chez Atcoma

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

L'entreprise Atcoma vient d'obtenir NM pour son produit Gioca, un chauffe-eau électrique. C'est la première fois qu'un tel produit décroche cette norme. Comment le marché va-t-il réagir.


«Ce sont ces étiquettes qui retardent les livraisons». Le vieil employé de Atcoma peste contre la normalisation. Il a pour lui la logique: les chauffe-eau étaient déjà aux normes sans en avoir l'étiquette. Alors pourquoi «bousculer les habitudes, se soumettre au regard des experts extérieurs, mettre par écrit des procédures qu'on suivait déjà?», bougonne-t-il. Pour lui, tous les motifs sont bons... y compris le temps passé à coller les nouvelles étiques NM. Mais cela, c'est la petite histoire de la normalisation, telle qu'en rencontrent toutes les entreprises qui se lancent dans ce processus. Néanmoins, l'important ne sera peut-être pas dans, mais hors de l'entreprise, car, en principe, l'arrivée de la normalisation modifie les données du marché.
Avec une centaine d'employés, Atcoma est à la limite entre le gros atelier artisanal et l'usine industrielle. Ses racines remontent aux années 20, au grand-père Giaconia. Son petit-fils, Yannick est en train de reprendre la direction des deux sociétés de la famille, Atcoma et Maroc Transmission: son père, Armand Giaconia président de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie au Maroc n'a plus guère de temps pour les affaires familiales. Les chauffe-eau de Atcoma sont le produit grand public de l'entreprise, qui fabrique aussi de bandes transporteuses, des cribles, des sauterelles de chantiers... MM. Giaconia père et fils testent en ce moment une nouvelle branche, le chauffe-eau solaire.

Le marché va-t-il changer?


Pour les chauffe-eau électriques, la capacité installée est de 50.000, soit la totalité du marché connu du chauffe-eau au Maroc, et qui comprend les fabrications locales et les importations, toutes qualités confondues. Mais Atcoma n'en fabrique réellement que 10.000 en vitesse de croisière, «comme notre concurrent», précise M. Younes Elatiq, directeur commercial. Atcoma vient néanmoins de décrocher un marché qui va faire exploser ses chiffres de 1997: 7.500 chauffe-eau électriques verticaux de 80 litres, pour le chantier de Sala El Jadida conduit par Bymaro.
Si au Maroc se reproduit le même phénomène qu'en Europe à l'arrivée des normes, alors l'obtention de la norme NM par le produit Gioca est le début d'une mini-révolution du secteur. Il faut cependant réunir des conditions qui ne sont pas (pas encore?) présentes sur le marché marocain. Le mécanisme est le suivant: l'apparition des estampilles des normes pousse les consommateurs à choisir de préférence les appareils normalisés. Progressivement les mauvaises fabrications disparaissent.

Deux éléments manquent dans les conditions marocaines par rapport aux conditions européennes. D'abord, la normalisation marocaine n'est pas massivement soutenue par la communication, tant des autorités habilitées à normaliser que des entreprises vendant des produits avec normes. Ensuite, il y a entre le fabricant et les consommateurs des intermédiaires qui n'ont pas un intérêt immédiat à l'élévation de la qualité ou de la sécurité.

«Combien de temps a duré votre dernier chauffe-eau?». C'est par cette question que commence l'entretien avec MM. Giaconia et Elatiq. La majorité des réponses se concentrent sur 3 à 5 ans. «Pas normal. Soit, il était mal fait, soit il était mal installé, car un bon chauffe-eau, bien installé, dure 15 ans», expliquent-ils. C'est là que se situe l'un des principaux problèmes du secteur. «Les prescripteurs ne sont pas les utilisateurs, mais les plombiers ou les architectes, qui ne savent pas forcément quelles sont les règles d'installation, ni qu'une bonne fabrication doit être garantie trois ans». L'erreur la plus fréquente, selon M. Giaconia, est le branchement direct d'un tuyau de cuivre sur le chauffe-eau. «Le cuivre est plus commode, car il se plie et permet donc des erreurs de calcul de la part du plombier, mais branché directement, il engendre un couple oxido-réducteur, qui va rapidement percer votre cuve». L'entreprise a édité un petit dépliant explicatif, mais il est si compliqué qu'il rebute sans doute la majorité des plombiers, à supposer que tous aient leur bac technique. Ce qui n'est pas tout à fait sûr...


Nadia SALAH

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