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Société

Casablanca-Essaouira: Comme au bon vieux temps!

Par L'Economiste | Edition N°:3253 Le 13/04/2010 | Partager

. Humains, animaux, même galère. Vitres cassées, sièges abîmés, pannes… et moutons dans les bagages. Les voyageurs largués avant l’arrivée«Oujda, Oujda», «Tan Tan, Tan Tan», «Essaouira, Essaouira»…C’est dans une ambiance sonore que nous apparaît la gare d’Ouled Ziane. Un lieu étonnamment agité pour un dimanche après-midi… Les courtiers s’affairent, les autocars sont collés les uns aux autres, les chauffeurs de bus klaxonnent et s’énervent, les taxis attendent en file leurs chauffeurs en quête de clients… A peine descendues du taxi, les cris deviennent plus vifs. Trois courtiers se précipitent pour nous demander notre destination! On ne sait pas s’il faut leur répondre, mais comme il ne semble pas y avoir d’autre alternative, nous les suivons.16h30. Un car pour Essaouira est en train de partir…Pas de chance, il est plein! Les courtiers tentent de nous rassurer: «Il y a un bus qui arrive dans deux heures, mais si c’est trop tard, il y a peut-être une autre solution…». L’autre option, c’est de prendre un car pour Agadir, qui va faire un détour par Essaouira. Pas trop rassurées, nous acceptons. Nous achetons donc les billets et nous recevons des petits feuillets chiffonnés. Mais il faut bien avouer que le prix du billet est plutôt très bon marché: 80 dirhams jusqu’à Essaouira, soit environ 360 kilomètres! Rendez-vous est pris avec la compagnie de bus une heure plus tard. Mais la surprise est plutôt mauvaise. Le car qui arrive est en piteux état. Les sièges défoncés, de vieux chewing-gums collés... Pas le temps de protester, il faut trouver une place potable. Le bus est déjà bien rempli. Des familles sont présentes et chargées de bagages en tous genres: matelas, cargaisons, meubles et même... un mouton! Les femmes sont en tenue traditionnelle et tiennent leurs enfants sur les genoux. Certains jouent, d’autres pleurent. Une petite fille est malade. Enfin assises, de la fumée commence à s’infiltrer dans le car! L’odeur est insoutenable, les passagers du bus se précipitent vers l’extérieur. Une panne. «Ne vous inquiétez pas, nous rassure le chauffeur, on partira dès que cela sera réparé». De fait, un technicien ne tarde pas à arriver (un dimanche après-midi?). Il plonge sous le bus, qui fume toujours, et y reste pendant un bon quart d’heure. Pendant qu’il travaille, les passagers remontent. L’odeur de fumée se fait encore sentir, mais personne n’a l’air de s’en inquiéter. Quelques essais sont effectués. Le car a l’air de rouler. Mais on continue d’attendre… Les responsables de la compagnie semblent hésiter. Ils donnent encore quelques ordres au technicien qui fait quelques vérifications à l’intérieur du car, juste en dessous du pot d’échappement. L’odeur est immonde, mais personne ne bouge. Cette odeur nous accompagnera durant tout le voyage.

Des petits tabourets arrivent de nulle part
L’autocar enfin rafistolé, on va pouvoir démarrer. Il est déjà 18h30. Ça roule, mais pas très vite! Le trajet risque d’être long... Deux heures plus tard, El Jadida est en vue. Quelques personnes descendent, d’autres montent. Celles qui montent sont plus nombreuses. Où vont-elles s’asseoir? Des petits tabourets arrivent de nulle part et les gens s’assoient… en riant! Certains restent debout. Le bus poursuit sa route. Lentement, mais à peu près sûrement. Les villages défilent, les heures aussi. Les pauses s’espacent de plus en plus. D’ailleurs, le bus est déjà largement au-dessus de sa capacité d’accueil. On passe Safi et on reprend espoir d’arriver aux alentours de minuit dans la cité des Alizés. Mais, à ce moment-là, le car s’arrête. «C’est une pause de 20 minutes», explique un passager. Le chauffeur en avait besoin. Il est seul à conduire et poursuit ensuite sa route jusqu’à Agadir.Quarante minutes plus tard, on repart. Il est déjà 23 heures passées et il commence à faire très froid dans le car. Plusieurs fissures laissent entrer l’air et certaines fenêtres sont cassées. On se réchauffe en se disant qu’Essaouira commence à approcher. Mais une dernière étape nous attend. Un contrôle de police. Le car doit s’arrêter et, vérification faite, il y a beaucoup trop de passagers. Il faut se garer et... attendre. Devant notre air dépité, une mère et sa petite fille nous offrent des biscuits. Le chauffeur discute avec la police, pendant plus d’une demi-heure. D’autres policiers arrivent. Il semble que l’agent recueille une déposition. Finalement, la police laisse repartir le car. Il est près d’une heure du matin. 1h30, Essaouira est (enfin) en vue. Quelques arrêts plus tard (pour laisser descendre les passagers qui habitent en périphérie), on arrive à la gare routière. Enfin pas tout à fait, car le car n’ira pas jusque-là. Il largue les passagers sur la rue principale, «pour ne pas perdre de temps», nous explique le chauffeur, en souriant!Marie-Noëlle Rasson

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