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Bâtiment: Salon dynamique dans un secteur morose

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

Alors que l'atmosphère reste à la morosité, voire à l'interrogation sur l'avenir immédiat, s'ouvre le 4ème Salon du Bâtiment où la masse des réservations marocaines est supérieure à celle de la 3ème édition, qui était un record.

Les réservations et la préparation des expositions au Salon International du Bâtiment tranchent sur le comportement général du secteur.
Le bâtiment, au sens strict du terme, a été pris cette année dans la tourmente des restrictions des liquidités, mais plus encore du tarissement des sources de financements concessionnelles.
La Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics s'en est inquiétée officiellement à deux reprises depuis le début de l'année. A chaque fois, elle a craint qu'une partie des entreprises du secteur soient fermées du fait des arriérés accumulés sur les chantiers lancés sur fonds publics comme elle a souligné les effets des ralentissements des financements du CIH.

Financements déséquilibrés

Les aménagements fiscaux, mis en place à la rentrée en faveur des prêts CIH, devraient relancer les chantiers du bâtiment à bon marché et les pouvoirs publics ont promis de débloquer les financements programmés pour la reprise des chantiers publics de logements.
L'entreprise a cependant souffert. C'est dans le bâtiment que se présentent les situations les plus délicates du point de vue de la trésorerie et des compressions de personnels. On s'achemine vers des réductions comprises entre le cinquième et le quart, tant pour le nombre de permis de construire que pour la surface de planchers.
Du côté des chantiers de grands travaux, la situation reste en l'état, avec cependant la perspective du lancement du marché pour le barrage de Meknès, dont la préqualification vient juste de sortir.
Le grand chantier du moment est évidemment M'Jaâra dont une partie du génie civil est assurée par des entreprises marocaines. Hormis M'Jaâra et Meknès, les grands travaux publics sont de taille modeste: aéroports, irrigation, assainissement, eau potable, autoroute, la poursuite des Projets Routiers...
L'essentiel de ces travaux reste lancé sur des financements extérieurs. On notera cependant les effets de stabilisation du Fonds Routier dans la vie des entreprises de la branche, bien que les budgets disponibles ne permettent que de réaliser les travaux d'entretien.

Retour de l'impôt?

L'opportunité d'une relance même modérée pour l'économique se présente dans un environnement morose. Le marché est très calme sur les logements de moyen et haut standing. Ici ou là, on observe des baisses de prix, mais personne ne se hasarde à parler de déprime. C'est peut-être du côté fiscal que viendra l'étincelle qui pourrait mettre le feu aux poudres sur ces segments de marché.
En effet, une recommandation faite il y a dix huit mois par les institutions internationales s'était attaquée aux effets du Code Immobilier et avait prôné le retour à un statut fiscal. Le dossier resurgit aujourd'hui, avec une actualité différente: le nécessaire élargissement de l'assiette fiscale.
L'ironie de la situation veut que soit reposée la question de la fiscalisation des revenus immobiliers au moment où les marges de la promotion se sont amenuisées.

Bâtir au noir

Les entreprises modernes de promotion immobilière ne sont pas opposées au principe de la refiscalisation, mais à condition que soit levée l'hypothèque de l'informel et de la fraude.
L'activité des marchés du ciment, des ronds à béton et, de manière générale, des matériaux de construction reste relativement soutenue. Ceci démontre, si besoin en était, la puissance de l'économie informelle, y compris l'auto-construction, dans le bâtiment. La Fédération du BTP dénonce régulièrement la concurrence déloyale que fait la construction "informelle" aux entreprises organisées. Mais personne ne se hasarde à soutenir qu'entreprises modernes et unités informelles sont clairement départagées les unes des autres. On compte que le BTP emploie 700.000 personnes de manière régulière mais on ne sait pas quelle en est la part de l'informel. Les assouplissements progressifs apportés aux réglementations en matière de lotissements et d'assainissement sont destinés à ré-intégrer aux paysages urbains les zones d'habitat "sauvage", mais sont impuissants devant la construction "au noir".
L'informel et la concurrence féroce qu'il introduit sur le prix de la main-d'oeuvre sont rendus responsables des retards techniques du bâtiment au Maroc. Cependant, l'analyse comporte une part d'injustice. En effet de plusieurs côtés, l'immobilisme est attaqué.
Les phénomènes les plus visibles sont l'arrivée, grâce à l'ouverture commerciale, de produits nouveaux, venant soit de l'importation soit de la concurrence que se font les fabricants locaux. C'est le cas des faïences et céramiques, du matériel électrique,... que l'on verra au SIB. Moins évidentes sont les évolutions qui ouvrent des marchés à des activités nouvelles comme le ciment prêt à l'emploi, l'élagissement des applications des PVC ou de l'aluminium, la présence plus forte da l'architecte et du BET, la standardisation...
Elles traduisent la segmentation de "l'acte de bâtir" en métiers spécialisés.

M. C.

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