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Entreprises

Assurance habitation: Taux de pénétration à 5%

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

Les compagnies d'assurances et les courtiers sont catégoriques. Le contrat d'assurance habitation reste un produit peu consommé. La clientèle appartient à une catégorie sociale aisée. Les étrangers et les RME, lorsque leur foyer est habité, l'assurent de façon spontanée. Les polices protégeant le foyer ne sont pas négligées par les compagnies qui continuent à offrir de nouveaux produits.

En France, une étude réalisée en 1989-90 faisait ressortir que sur les 14 milliards de FF d'encaissement total, toutes catégories confondues, la part de la multirisques habitation représentait 50%.
La multirisques habitation concerne 95% de la population française.
Au Maroc, on est loin du compte. Les grandes compagnies telles qu'Al Wataniya ou encore Wafa Assurance affirment que la multirisques habitation représente à peu près 1,5% de leur chiffre d'affaires global. Pourtant les polices relatives au foyer sont proposées par toutes les compagnies.

La grande muette

Sous l'appellation générale de "multirisques habitation" ou "globale habitation" parce qu'elle couvre plusieurs risques, cette police présente l'avantage tant pour le particulier que pour l'assureur de contenir plusieurs garanties couvertes dans le cadre d'un seul contrat. Ce qui signifie moins de "paperasse" pour les deux parties. Dans cet ensemble de garanties, chaque compagnie impose un minimum de deux, trois, voire plusieurs risques. Les garanties de base sont généralement l'incendie, le vol, les dégâts des eaux, voire l'explosion. La responsabilité civile garantit le chef de famille, son conjoint ainsi que tous les enfants mineurs vivant sous le toit de leurs parents pour tous les dommages causés aux tiers. La garantie défense et recours est également comprise. Les extensions possibles sont à la demande des clients comme l'accident de travail pour les employés de maison, les bijoux et biens précieux au-delà de certaines valeurs, ou encore l'assurance individuelle mondiale proposée par Wafa Assurance...
Malgré les soins apportés à l'amélioration des risques assurés, deux causes majeures entravent la vulgarisation de ce produit. La première cause sur laquelle les assureurs sont unanimes, c'est la non communication. Cette auto-reproche semble être générale quelle que soit la police d'assurance visée. M. Aziz Dinar, Chef du Département Marketing et Communication d'AGMA (Société de Courtage et d'Assurances), qualifie l'assurance de "grande muette". Il ajoute que toutes les campagnes publicitaires, qui ont commencé à partir de la fin des années 80, ne donneront leurs fruits que dans quelques années. Pour lui les textes devraient être imprimés en français et en arabe et comporter une note explicative.

Crédit et copropriété

Le manque de communication de la part des assureurs comprend le manque d'information pratique. Ce qui fait dire à M. El Houssine Lamrani du Bureau d'Information de l'Assuré "qu'au Maroc, on est encore au stade de la vente du produit sans le mode d'emploi ".
L'expression illustre bien la situation dans laquelle se trouve l'assuré en cas de sinistre. La compagnie invoque alors la règle de la proportionnalité qui est légale mais qui n'est généralement pas expliquée au client lorsqu'il contracte sa police. La plupart des litiges naissent à cause de ce manque d'information. Sans mentionner les retards dans les remboursements dont les raisons sont diverses. Ce qui ne fait qu'augmenter le discrédit lancé sur les produits d'assurance en général.
La seconde cause est le pouvoir d'achat. La part à consacrer à l'assurance par personne reste très faible. Elle est estimée à environ 12DH. L'assurance dans l'économie du foyer subit une évolution qui n'est pas normale.
Cette évolution est presqu'obligée. Elle n'est pas consécutive à l'évolution du pouvoir d'achat. Son développement est parallèle à celui du recours au crédit bancaire ou de la copropriété. Les établissements financiers exigent une protection du foyer lorsqu'ils consentent un prêt bancaire.
Certains courtiers soulignent que cette clientèle, à qui les établissements exigent, au minimum, une délégation d'assurance, demeure accessoire. Et là encore, les personnes concernées contractent une police incendie, dégâts des eaux.

Notables et VIP

Certains rajoutent, à ces deux causes, le degré de conscience des assurés. Hormis les catégories sociales dont le pouvoir d'achat demeure trop faible et dont les priorités sont tout autres, les catégories sociales qui ont de l'épargne à consacrer à ce produit restent sceptiques. Généralement, le réflexe d'assurer son foyer ne surgit que lorsqu'il se produit un incident quelconque tel un vol, un incendie ou des dégâts des eaux...etc.
Le portefeuille habitation est constitué en grande partie d'une clientèle de notables et de VIP. Ce qui est qualifié d'anti-sélection. Si l'assurance habitation n'est pas une police ancrée dans les murs, ce n'est pas parce que le produit est récent. Selon les compagnies interrogées, les premières multirisques habitation datent de la fin des années 60 - début des années 70. Ainsi, la SNA (Société Nouvelle d'Assurances) a lancé ce produit sous l'appellation de "Combiné Habitation". Le produit n'a cessé de subir des améliorations tant au niveau de la clarté du contenu que de l'aspect esthétique. La SNA est devenue depuis Wafa Assurance, et la police habitation a changé de présentation et s'intitule tout simplement "Multirisques Habitation". De ce point de vue il est constaté que la quasi-totalité des compagnies s'attellent à la confection de nouveaux produits.
Al Wataniya est en train de mettre en place une nouvelle "multirisques habitation" avec des garanties supplémentaires. Son lancement est prévu pour la fin du premier trimestre 1993. Quant à l'Entente, elle offrira par le biais des guichets de la BMCI, dès Janvier 1993, un package comprenant une "multirisques habitation", un contrat de prévoyance et l'épargne retraite. Le tout simplifié pour ne pas alourdir son produit.

Paiement mensuel

La tendance des nouveaux contrats est à la standardisation avec des contrats particuliers lorsque les valeurs dépassent un certain seuil.
Une autre tendance concerne la commercialisation de cette assurance. Il semblerait que parmi les bureaux de vente des produits d'assurance (courtiers ou agents), la préférence aille aux guichets des banques.
Deux principales motivations confortent cette option. Selon M. Dinar, "une petite loi en marketing prône la vente auprès de la clientèle acquise". M. Boulet lui, raisonne en termes d'économie d'échelle. Il précise "qu'une banque comme la BMCI qui gère les comptes bancaires de quelque 40.000 clients potentiels devient un lieu de vente intéressant". M. Abdelmajid Tamim, Fondé de Pouvoir au sein du Département Incendie Risques Spéciaux à Wafa Assurance, souligne que "tout l'effort à fournir se situe au niveau du réseau de distribution."
Ceci prouve que le marché existe mais qu'il très peu développé.
Sur quelque 500.000 foyers situés dans les grandes agglomérations comme Casablanca et Rabat comprenant les personnes disposant de biens mobiliers et immobiliers, ce qui constitue à peine 10% de la population marocaine, seuls quelque 5% sont assurées auprès de toutes compagnies confondues. Ce qui est faible, surtout "si l'on considère que la prime moyenne de la protection varie entre 400 et 1.500DH. Ce qui revient à 100DH à verser par mois," explique M. Daniel Boulet, Administrateur Directeur de l'Entente.
L'autre raison est bien entendu le paiement mensuel que la banque peut prélever automatiquement sur les comptes de ses clients.
La plupart des compagnies offrent des multirisques très sophistiquées et jugées complètes mais elles ne paraissent pas adaptées à la société marocaine selon certaines compagnies.

Naïma HADER

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