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Antimondialisation: Comment le mouvement prend pied au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1334 Le 16/08/2002 | Partager

. Attac Maroc prône un développement durable et prend position contre les privatisations «anarchiques«. L'association, qui veut servir de locomotive au mouvement antimondialisation, revendique près de 350 membres Fin janvier 2000, l'idée prend forme. Une discussion de militants antimondialisation, une rapide analyse du manque de structures de lutte adaptées et le projet voit le jour: créer une section marocaine d'Attac, l'Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens. Des élections sont organisées le 15 juillet suivant et une commission de 13 personnes (dont 7 forment le noyau dur, le secrétariat général) prend en main le «combat«. Le premier congrès de la section Attac Maroc, pour une définition de son statut et ses objectifs, se tient le 15 juillet 2001. Depuis, la section a parcouru du chemin. Certes, ils n'ont toujours pas de locaux mais se débrouillent grâce à des associations amies, des syndicats ou encore des partis. Ils regroupent désormais 20 groupes et noyaux à travers le Royaume, dans les principales villes et campagnes.L'objet de leur lutte est on ne peut plus clair: agir contre la mondialisation libérale à l'échelle locale et internationale. La section marocaine s'active donc sur deux fronts. Au Maroc tout d'abord, pour stopper les «privatisations anarchiques« qui, selon Ismail Elkarimi, secrétaire général d'Attac Maroc, «affectent les secteurs vitaux, les télécommunications, les transports et bientôt la santé ou encore l'éducation«.Sur le plan international, Attac revendique la mise en place de la taxe Tobin (taxation des transactions financières afin d'éradiquer la pauvreté dans le monde), l'annulation de la dette des pays du Sud et de l'Est ainsi qu'une réparation car «les plans de réajustement structurel ont tué l'économie de ces pays«, selon Ismail Elkarimi. Mais la lutte ne s'arrête pas là: disparition des paradis fiscaux, fin de l'emprise des multinationales, de la marchandisation de la santé, de l'éducation et de l'ensemble des services publics. Bref, le programme est chargé. Peut-être trop. Mais la section se définit comme initiatrice et espère que d'autres associations, partis et syndicats la rejoindront. Afin de sensibiliser les Marocains à ces problèmes, Attac Maroc s'appuie essentiellement sur ses groupes locaux. C'est un travail de terrain. Un bulletin mensuel et une revue trimestrielle (le second numéro vient de paraître) complètent cette volonté d'informer les Marocains sur les changements et les risques que comprend la libéralisation. Avec d'autres acteurs locaux, des actions communes sont menées. Ainsi, la section était présente lors de la marche pour la Palestine, lors du 1er mai avec les ouvriers et à Tanger, lors de la marche internationale contre le chômage... Prochaine apparition: en septembre, pour un sit-in devant le ministère des Finances et de la Privatisation. En marge de tout cela, des conférences se tiennent assez régulièrement dans les écoles et universités. Chacun des groupes locaux a ses activités spécifiques. A titre d'exemple, les militants de Zagora se penchent sur la question du respect de l'environnement dans l'exploitation d'une mine. A Taroudant, la lutte est axée sur l'eau et la question agricole. Grâce à ces actions, Attac Maroc gagne en crédibilité et surtout en sympathie. Ismail Elkarimi confirme. «De plus en plus de gens nous contactent. Pour eux, mondialisation ne rime plus avec modernisation«. Actuellement, le groupe compte 350 membres, essentiellement des jeunes, des étudiants, chômeurs ou enseignants. Un nombre qui devrait sensiblement augmenter maintenant qu'un semblant d'organisation règne.Il faut dire que l'actualité joue en leur faveur. Les scandales et déboires financiers de multinationales s'étalent à la Une de tous les journaux. Le Maroc n'échappe pas à la règle.Si les combats ne manquent pas, les difficultés non plus. Comme pour la plupart, si ce n'est toutes les associations marocaines, les problèmes financiers sont monnaie courante. La section, déficitaire, survit grâce aux cotisations de membres (100 DH pour les salariés, 50 DH pour les étudiants et chômeurs), dont 25% vont à la caisse nationale et 75% aux groupes locaux. Autre frein au développement du mouvement: les autorités. «Nous n'avons obtenu le récépissé de dépôt légal qu'au bout d'un an et demi. Et encore, en maintenant une pression continue, avec des pétitions, des lettres et les interventions d'associations amies«, affirme Ismail Elkarimi. Pourquoi un tel délai? Si Attac s'en prend au «modèle libéral«, à ses institutions et ses multinationales, elle n'oublie pas pour autant de dénoncer l'attitude du gouvernement. «Le gouvernement est complice. Il cautionne ce libéralisme et participe à l'OMC, emprunte à la Banque Mondiale«. Attac est avant tout une association politique, assez marquée à gauche mais plurielle. La pluralité, la diversité, voilà pourquoi le mouvement antimondialisation gagne en crédibilité. Pas de tendance précise, «sinon autant adhérer à un parti«, indique avec ironie Ismail Elkarimi. «De toute façon, les élus n'ont plus de pouvoir face aux entreprises. Les lieux de décision se sont déplacés vers les institutions internationales«, à savoir l'OMC, le FMI et la Banque Mondiale. Pour le secrétaire général, «les citoyens doivent participer aux prises de décision«. Les idées sont concrètes. Il reste cependant à les mettre en application. Dans cette optique, les responsables d'Attac Maroc se sont réunis récemment afin de tirer un bilan de cette année de lutte et de mettre en place les priorités pour la suite. Le plan d'action élaboré se compose de trois volets: l'organisation de conférences, à raison de deux par trimestre, sur des thèmes précis, la préparation d'une université de débats et d'information au mois de mars 2003 et enfin, le volet militant avec le sit-in prévu en septembre et diverses marches dans le courant de l'année. On pourrait croire qu'Attac Maroc n'est qu'une pâle copie de la section française. «C'est faux! Nous avons des thèmes communs, nous sommes en relation, mais Attac Maroc est une association indépendante même si nous faisons parti du réseau. Les besoins sont réels et nous nous trouvons au coeur du problème, car le Maroc est un pays du tiers-monde«, affirme Ismail Elkarimi.Certains de ses détracteurs jugent pourtant le mouvement utopique et ses idées irréalisables. Pour ces derniers, la mondialisation est inéluctable. «Il ne faut pas croire que l'on va arrêter la mondialisation«, tient à préciser le secrétaire général. «Il y a d'autres alternatives. Il faut qu'elles s'articulent autour de l'homme et de l'environnement. Il faut que les institutions financières se démocratisent et que l'on éduque les populations afin qu'elles prennent position en connaissance de cause. La réalité est ce qu'elle est. La mondialisation est une nouvelle forme de colonialisme«.Ismail Elkarimi est confiant quand à l'avenir de la section Attac Maroc. Les sympathisants aux idées antimondialisation ne manquent pas. En France, le mouvement compte déjà, au bout de quatre ans d'existence, près de 30.000 membres.


La taxe Tobin

La proposition de l'économiste américain James Tobin, prix Nobel d'économie, était de taxer les transactions spéculatives sur les marchés des devises. Selon Attac, même fixée à un taux particulièrement bas de 0,05%, la taxe Tobin rapporterait près de 100 milliards de dollars par an. Collectée pour l'essentiel par les pays industrialisés, où sont localisées les grandes places financières, cette somme pourrait être reversée aux organisations internationales pour des actions de lutte contre les inégalités, pour la promotion de l'éducation et de la santé publique dans les pays pauvres, pour la sécurité alimentaire et le développement durable. Selon l'Association, un tel dispositif mettrait du sable dans les rouages de la spéculation, mais redonnerait des marges de manoeuvre aux citoyens et aux Etats et, surtout, signifierait que le politique reprend le dessus.Julien CARMENT

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