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Economie

Abdelaziz Méziane Belfkih : La météo doit rester un service public

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

Une bonne frontière entre le service public et le commercial, une place autonome, des produits ciblés... autant de défis que la météo doit relever. M. Abdelaziz Méziane Belfkih, ministre des Travaux Publics, en charge de ce service s'explique.


- L'Economiste: Les services de la météorologie devraient dépendre du Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur agricole plutôt que de celui des Travaux Publics?
- M. Abdelaziz Méziane Belfkih: Il faut bien domicilier la météorologie quelque part. Il y a quelques années, elle était rattachée au Ministère des Transports. Demain, elle pourra être ailleurs. Le plus important est qu'elle puisse développer une place autonome. Sur ce registre, nous sommes en train de contractualiser les relations entre la météo et les différents utilisateurs. Cela a été fait avec l'aéronautique civile à travers la RAM et l'ONDA, la météo marine... Le rattachement à une structure donnée devient à la limite secondaire.

- Le service de la météo est payant. Comment concilier un service public avec une activité commerciale?
- La météorologie a un caractère de service public évident pour tout ce qui relève de l'information de base sur le temps. Ces prestations sont gratuites, tout comme celles que diffuse la RTM. Par contre, pour d'autres utilisations plus élaborées et nécessitant un traitement spécifique pour un utilisateur donné, il est normal que cette prestation soit facturée. Depuis quelques années, la météo a fait preuve de sa capacité à gérer un service commercial.

Evolution des mentalités


- Ce service est-il rodé ? Car la procédure est telle que le temps passé pour obtenir l'information risque de rendre celle-ci périmée.
- Il est certain que la météo doit faire des efforts. En effet, il n'est pas facile de passer d'un service public pur et dur à une offre commerciale. Cela nécessitera du temps et une évolution des mentalités. D'ailleurs, nous avons créé une division de la communication et de la commercialisation qui devra explorer toutes ces pistes. Le développement de la météorologie en dépend. Car notre objectif est d'arriver à ce que les recettes puissent couvrir l'ensemble des coûts de fonctionnement. Pour l'atteindre, la météo devra développer des produits demandés par les usagers.

- Peut-on arriver à établir des prévisions plus fines et localisées dans une zone donnée?
- Les prévisions sont basées sur des données, intégrées dans des modèles utilisant des lois physiques, thermodynamiques... Nos ingénieurs ont réussi à bâtir des modèles marocains avec des mailles de 16km. Mais dans les quatre prochaines années, nous voulons aller vers des prévisions régionales en installant des régions météorologiques capables de faire des prévisions plus fines pour des régions particulières.

- Les modèles marocains sont-ils exportables en Afrique?
- Bien sûr, mais il faudrait avoir des données fiables et des installations partout.

- Peut-on arriver à une meilleure visibilité dans le temps?
- Il est possible d'aller plus loin dans le temps mais avec le risque de perdre en fiabilité. Pour 3 jours, nous sommes à 94% de prévisions avérées, contre 65% il y a 4 ans. A 6 jours, nous sommes entre 80 et 84%. Pour ce qui est de la climatologie, c'est à dire les prévisions à 3 mois, nous utilisons des méthodes statistiques en explorant les données faites. Pour l'instant, nous travaillons sur un modèle à 3 mois baptisé «Al Moubarak» qui est important pour fournir les tendances.

- L'investissement dans le domaine couvre plus d'une région. Les pays sont divisés, ne serait-ce que sur le plan maghrébin. Ne pensez-vous pas que l'investissement est en surcapacité?
- La météo transcende les frontières. Nous souhaitons, à travers ce Congrès(1) , avoir la possibilité d'ériger le Centre Météorologique de Casablanca en Centre régional agréé. Nous avons les compétences pour devenir un centre régional de référence.

- L'Etat va-t-il se désengager de ce secteur?
- Je ne connais pas un pays où la météorologie ne soit pas un service public. Elle doit le rester. Il faut juste trouver la bonne frontière entre les exigences du service public et celles du commercial. Ces quatre dernières années, l'Etat a investi environ 220 millions de DH pour la modernisation des équipements. Un 2ème plan devra viser la mise en place des prévisions régionales et la confection d'autres produits plus ciblés pour les utilisateurs. Mais pour nous, la première priorité est la formation continue de nos ingénieurs.

Propos recueillis
par Mohamed CHAOUI

(1) La 5ème Conférene tehnique sur la gestion pour le développement des services météorologiques en Afrique. Cette manifestation a lieu du 19 au 23 novembre.

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