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Politique Internationale

«Soleil» ou la tragédie du bonheur

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

Après avoir tourné pendant 11 semaines à Casablanca en 1996, Roger Hanin revient au Maroc à l'occasion de la sortie en salle de son film «Soleil». L'histoire d'une enfance pauvre mais heureuse grâce à l'amour d'une mère.


«Ce n'est pas l'histoire de ma vie, c'est plutôt un hymne à la mère que j'ai voulu raconter à travers Soleil», lance d'emblée Roger Hanin lors de la conférence qui l'a réuni avec la presse marocaine, le 25 octobre. Il est vrai que le réalisateur a été inspiré par sa propre relation avec sa mère et son enfance, mais, s'amuse-t-il à dire, «dans ce film tout est vrai mais rien n'est exact». Le fond de l'histoire est véridique mais les choses ne se sont pas toujours déroulées de la même façon.
«Soleil» est un film tourné entre le Maroc et la France mais dont les faits se déroulent à Alger. Le choix de Casablanca n'est pas venu spontanément. Il était d'abord prévu de tourner en Tunisie, puis il s'est avéré que certaines villes marocaines avaient plus de ressemblance avec celles de l'Algérie. «Nous avons d'abord visité Tanger et Essaouira, mais c'est à Casablanca et plus précisément dans les ruelles de la Médina et des Habous que j'ai retrouvé Alger», explique l'acteur-réalisateur. Cela n'empêche qu'il a fallu apporter quelques petites retouches: remise en forme de quelques façades, une couche de peinture pour la mosquée...

Maman tétine


Soleil raconte une histoire d'amour assez particulière entre une mère et son fils. En 1940 et 1945, en période de guerre, une mère juive, belle et pauvre, se trouve face à la difficulté de nourrir ses cinq enfants (trois filles et deux garçons). Le père a été bloqué en France par l'invasion des troupes allemandes. Il envoie régulièrement la moitié de son traitement de petit fonctionnaire à Alger où vit sa famille.
Le rôle de la mère qui apporte, en fait, un rayon de soleil dans la vie de ses enfants est joué par Sophia Loren. «Je l'ai choisie parce que c'est une Méditerranéenne et qu'elle est la plus belle femme du monde. De plus, elle est comme ma mère, à la fois secrète, pudique et très drôle. Lorsque je lui ai proposé le rôle, elle a accepté quatre jours après», explique Roger Hanin.
Maman tétine, cette mère est tellement forte et attentionnée que la misère n'a aucune prise sur la joie de vivre de ses enfants. Surtout que leur vitalité est débordante et inépuisable.
Seulement, cette combattante a une préférence pour son petit Lévy de 13 ans, beau, intelligent, courageux, sensible et... irrésistible. Une préférence qui n'est pas affichée mais qui demeure visible et acceptée. C'est entre ces deux êtres, amoureux l'un de l'autre, que se déroule la vraie histoire. Le reste n'est qu'accessoire. Leur vie se déroule comme une suite ininterrompue d'anecdotes pathéti-ques et burlesques. L'enfant était totalement fasciné par cette mère qui n'hésite pas à mentir, voler et trahir sa parole, qui supporte et déjoue avec beaucoup d'adresse les avances des hommes qui lui tournent autour, qui fait la couturière, la vendeuse, la livreuse... Ils étaient complices et enchevêtrés pour la vie.

Le financement


Le film a nécessité un budget de 48 millions de Francs (1FF=1,684DH). Il a bénéficié du soutien de Canal+, France 2, Eurimage et le Fonds d'Aide au Cinéma. Roger Hanin y a investi la somme de 10 millions de Francs.
Le même montant a été déboursé au Maroc lors du tournage(1) pour notamment payer les figurants qui étaient pris sur place, les déplacements, le matériel loué, indemniser les habitants de trois maisons utilisées et dédommager les commerçants qui ont dû fermer leur boutique à cause du tournage...
Les principaux rôles ont été interprétés par Sophia Loren, Philipe Noiret, Marianne Sagebrecht, Roger Hanin, Michel Creton, Attica Guedj, Roger Dumas et le jeune Nicolas Olczyk.
La musique a été composée et dirigée par Vladimir Cosma.
Roger Hanin n'a pas de projets de film en tête pour le moment. «Après ça, dit-il, je me demande vraiment ce que je pourrais bien raconter».
«Soleil» est en salle à Casablanca et Rabat depuis le 29 octobre.

Hanaâ FOULANI

(1) CF. L'Economiste n°246 du 19 septembre 1996.

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