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Politique Internationale

Le programme de l'UC: Le dit et le non-dit

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

Pas la peine de parler de la lutte contre le déficit budgétaire avec M. Kabbaj: voilà des années qu'il milite. Son parti veut même que les établissements publics soient intégrés dans le Budget.


IL y a des évidences qu'il n'est plus la peine de souligner dans le programme de l'Union Constitution-nelle. Les équilibres budgétaires en font partie. Mais il y a des subtilités bien difficiles à comprendre: M. Mohamed Kabbaj, membre du bureau politique de son parti, évite soigneusement de se présenter en tant que porte-parole unique de l'UC. Il évite aussi les questions sur les éventuelles tendances au sein de ce parti. Il n'en a pas moins fait distribuer le programme, dans les deux versions, en arabe et en français, aux participants du dîner politique de L'Economiste, le 28 octobre à Casablanca. L'UC a donné un nom à son programme de 48 pages, «Mon pays, un chantier d'espoir qui me concerne» et choisi un symbole (l'orange).
Pas de grande surprise dans le programme du parti: libéral il était, libéral il reste. Moins d'Etat et mieux d'Etat, primauté à l'initiative individuelle et privée...
Mais, prévient M. Kabbaj, en observant qu'il y a de plus en plus de points communs avec les autres partis, «il faut bien savoir lire un programme». «Les moyens sont plus importants que le simple énoncé d'objectifs», souligne-t-il. On l'aura deviné, il vise les nouveaux convertis au libéralisme.
Néanmoins, il n'est pas toujours facile de pousser M. Kabbaj à donner des précisions sur les moyens préconisés. Il tient «à marquer des tendances et des sensibilités».

Moins d'Etat, mieux d'Etat. C'est là l'axe principal du programme de l'UC. M. Kabbaj développe une sorte de contrat social, bien qu'il n'aime pas ce mot. Il propose des réformes qui tendraient à couvrir, non pas trois, mais quatre fonctions collectives: le pouvoir législatif (sans l'empiétement administratif via les décrets et circulaires), arbitral (la Justice mais aussi l'arbitrage qui «peut être non étatique»), l'exécutif (en veillant aux débordements administratifs sur les autres pouvoirs) et une nouvelle fonction, les services publics. Dans la bouche de M. Kabbaj, qui a été longtemps ministre des Travaux Publics (prestataires de services publics) puis ministres des Finances, cette proposition n'est pas anodine. Sans le dire, il tire des leçons sur l'organisation des pouvoirs dans un système en train de se libéraliser. «Ce n'est peut-être pas un discours électoral», lui fera remarquer un participant. «Je vous assure que le message passe directement et facilement».
A plusieurs reprises, M. Kabbaj livre ses réflexions sur l'exercice des responsabilités et sur la participation au pouvoir. Il surprend son auditoire en affirmant que «chef de service aux routes, il avait plus d'emprise que lorsqu'il est devenu directeur puis ministre». C'est une bizarrerie du pouvoir, qui laissera cependant beaucoup d'auditeurs sceptiques.

L'importation de lois


L'ancien ministre des Finances souligne que la concrétisation des objectifs d'un programme comporte des risques d'application. «On ne fait jamais intégralement ce que l'on veut, il faut rester pragmatique».
Du côté des axes du programme proprement dit, M. Kabbaj approuve l'ouverture sur l'extérieur qu'il veut accélérer. Mais il est plus réservé sur l'importation de textes juridiques. «La culture, l'esprit ne sont pas les mêmes et on risque d'avoir des lois que personne n'applique».
La réforme du système fiscal a longuement retenu l'attention de la salle. Selon l'invité de L'Econo-miste, «la fiscalité doit être généralisée. Aucun secteur ne doit y échapper. Il y va même de l'efficacité du système». Il insiste sur la réforme nécessaire du foncier agricole et «la libéralisation du million d'hectares étatiques». Il trouve que l'Etat revient cher: «25% de l'économie nationale lui est consacrée». Il critique vertement la Caisse de Compensation qu'il faut supprimer, car «elle profite le plus à ceux qui en ont le moins besoin» et «subventionne des producteurs étrangers en déformant la consommation marocaine».
Quand la salle lui demande pourquoi il ne l'a pas fait, il invoque les «risques d'application» en rappelant les «années 1981, 1984». M. Kabbaj préfère passer par «l'éducation du citoyen» et taquine un journaliste en l'invitant «à écrire beaucoup d'articles sur le sujet».

Coût de l'emploi trop élevé


Les caisses de retraites inquiètent M. Kabbaj. Il a fermement souligné le «risque d'implosion» constitué chez ces organismes. «C'est inéluctable, il y a de moins en moins d'actifs pour payer la pension d'un retraité» et l'espérance de vie continue d'augmenter. «Ce problème doit être pris en considération pendant qu'il est encore temps. Dans le futur, un actif paiera pour un pensionnaire» souligne-t-il. Dans cette optique, il préconise un système de capita-lisation selon lequel chacun paiera pour lui-même.
Côté emploi, M. Kabbaj explique que le coût de l'emploi est élevé, trop élevé. «Ce dernier est deux fois supérieur à celui à l'étranger. Un cadre coûte à l'entreprise près de 65% en plus de son salaire». Ce coût élevé a pour effet de dissuader les entreprises de recruter.
«Il faut que ce coût soit réduit».
Critique aussi sur le niveau des salaires des fonctionnaires qui a tendance à progresser plus rapide-ment que celui du privé. «12% du PIB est versé comme salaires pour les fonctionnaires de l'Administra-tion».
En revanche, il encourage les initiatives des jeunes promoteurs et appellent à un accompagnement et un suivi de ces jeunes dans leurs projets.
L'UC se montre favorable à la privatisation et propose la multiplication du nombre des concessions.
Fléau frappant toutes les sociétés, la corruption n'a pas été en reste.
M. Kabbaj a mis en relief la nécessité d'une coopération entre les secteur public et privé pour lutter contre ce fléau mais sans pour autant en donner les détails. Il compte sur le comportement social pour condamner au lieu de rester indifférent à la corruption.

Rafik IKRAM



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