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Industrie 4.0: Le Maroc ne doit pas rater le train du numérique

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5935 Le 28/01/2021 | Partager
Intelligence artificielle, internet des objets, et connectivité… au menu
Objectif: permettre l’efficience et assurer la souveraineté industrielle
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«Les industriels peuvent désormais compter sur la plateforme digitale dernier cri de l’université Euromed de Fès pour développer une industrie 4.0 résiliente et novatrice… et garantir la souveraineté économique et industrielle du pays», indique Mostapha Bousmina, président de l’UEMF (Ph YSA)

La crise Covid-19 a remis en cause les modes de vie. L’apport du monde numérique est désormais inéluctable. La technologie donne la possibilité aux entreprises de réagir rapidement aux changements et d’avoir de la visibilité.

S’engager sur la voie des mutations industrielles 4.0 tant au niveau des Inputs que des Outputs est une nécessité qui participe à la résilience industrielle et économique. C’est ce qui ressort en effet d’une conférence initiée le 27 janvier 2021 au sein du campus de l’Université Euromed de Fès (UEMF) avec un parterre d’experts nationaux et internationaux.

En effet, rapprocher les universitaires, chercheurs, experts, étudiants et acteurs économiques, est le credo de l’UEMF. L’institution dotée d’équipements à la fine pointe de la technologie est le porte-drapeau de l’intelligence artificielle, le digital, la cobotique et la robotique au niveau de la région Fès-Meknès. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit qu’elle est le partenaire privilégié de la future «Fès Smart Factory». Projet de plus de 104 millions de DH d’investissement et qui est mené en partenariat avec le MCC, le Conseil régional, le Fonzid, la CGEM et la société Alten.

«Nous sommes de plus en plus convaincus que notre pays a besoin d’une souveraineté économique, énergétique et industrielle», souligne d’emblée Pr Mostapha Bousmina, président de l’UEMF. «Il est indispensable que le Maroc puisse se positionner maintenant sur l’industrie 4.0, ne pas rater le train, et répondre aux besoins technologiques, numériques et industriels», renchérit-il.

En ce sens, l’université qu’il préside constitue un bel exemple de l’intégration de l’intelligence artificielle, l’internet des objets, la connectivité et l’impression 3D dans les cursus universitaires en partenariat avec de grands groupes nationaux et étrangers.

Signalons à juste titre que l’UEMF est dotée de la plateforme la plus étoffée de système d’impression 3D, avec plus de 60 machines opérationnelles. «Nous fabriquons désormais nos équipements et nous aspirons à bientôt livrer notre expertise technologique aux entreprises», indique Bousmina.   

De son côté, Moulay Hafid Elalamy a noté que «la nouvelle modernisation de l’industrie est d’une importance capitale pour le Maroc». Le ministre de l’Industrie croit dur comme fer que «transformer les usines en structures efficientes 4.0 (30% le sont déjà, ndlr) vise l’amélioration de la qualité et de la productivité».

Dans un message adressé aux participants à la 2e édition du «Global Industry 4.0 Conference», MHE estime que «ce changement en profondeur, adossé à l’intégration de plus de technologie et de plus de numérique pour une industrie connectée, devra répondre au besoin grandissant du client qui veut plus de technologie dans ses produits». A ce propos, le Royaume a déjà montré sa résilience à travers l’industrialisation et la digitalisation de son appareil productif durant la pandémie.

«Ceci l’a été grâce aux technologies intégrées développées par des ingénieurs marocains», se félicite le ministre soulignant que «l’Agence du développement du digital ainsi que l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail sont d’un grand apport dans ce domaine».

Mais, pour que le développement soit global, inclusif et exhaustif, «il faut arrimer l’industrie marocaine avec l’industrie mondiale». Il faut également accélérer la décarbonisation de notre industrie qui est en train de s’opérer.

«Le mariage de l’industrie décarbonée et l’industrie 4.0 permettra au Maroc de triompher davantage», explique MHE. Même son de cloche auprès de Mohand Laenser, président du conseil régional de Fès-Meknès, pour qui «la 4e révolution industrielle s’imposera bientôt à tous les pays qui devront se conformer à la demande du marché quel que soit le produit et quel que soit le client».

«Cette voie permettrait de créer plus de richesse et d’assurer une certaine agilité», ajoute-t-il. Pour y parvenir, la formation des ressources humaines demeure l’impératif essentiel permettant de suivre l’évolution du marché. D’ailleurs, «la région Fès-Meknès s’inscrit parfaitement dans cette démarche (industrie 4.0) en créant une synergie avec les universitaires, les entreprises et les chercheurs», conclut Laenser. 

                                                                  

Opportunité et prospérité

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L’industrie 4.0 permet de créer des opportunités indéniables ainsi que de la prospérité économique. C’est la conviction de Li Yong, directeur de l’ONU pour le développement industriel. Du même avis, Amine Zarouk, président de l’APEBI, y voit aussi «un bel avenir pour l’économie des régions et des pays autonomes». A l’instar de ces pays, le Maroc doit être un producteur de technologies. Pour se faire, il faut définir une stratégie adaptée et un modèle à mettre en œuvre. C’est la mission assignée à l’APEBI qu’elle mettra en exergue avec l’appui du gouvernement. Le but étant de mettre en place un modèle d’Ecosystème digital. Dans cette optique, «la région Fès-Meknès peut se targuer d’avoir tous les ingrédients pour constituer un Hub pour l’industrie 4.0… et ce, grâce à la création d'une antenne régionale de l'APEBI pour fédérer les acteurs IT et accompagner les secteurs de la Région dans leur processus de transformation digitale», affirme Yassine Tazi, directeur du CRI.

Youness SAAD ALAMI

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