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Economie

Covid-19: Amekraz malmené par les députés

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5846 Le 18/09/2020 | Partager
Ils lui ont reproché l’absence de son département pendant la lutte contre la Covid-19
L’examen du projet de loi sur la grève reporté de 15 jours
Le ministre démarre les discussions avec les syndicats dès ce vendredi
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Au cours de la Commission des secteurs sociaux consacrée à la protection des ouvriers dans les exploitations agricoles et dans les usines, Mohamed Amekraz, ministre du Travail, a subi de multiples tirs croisés des députés, même de la majorité (Ph. L'Economiste)

Au cours de la Commission des secteurs sociaux de mercredi consacrée à la protection des ouvriers dans les exploitations agricoles et dans les usines, Mohamed Amekraz a subi de multiples tirs croisés des députés, même de la majorité. Le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle n’arrêtait pas d’essuyer la sueur de son visage, tellement il était déstabilisé. Au point que la députée de l’USFP Ibtissam Merdas ne s’est pas empêchée d’interpeller la présidente de la Commission sur la tentative du ministre de sous-estimer le travail des députés. Plus tard, il reconnaîtra que les interventions de certains députés étaient «dures à avaler. Je devais répondre et on ne devait pas me couper la parole», a-t-il dit.

En tout cas, après l’annulation de l’examen de la loi sur la grève, l’ordre du jour a porté essentiellement sur la protection des ouvriers dans les exploitations agricoles et dans les usines. Les parlementaires ont reproché au ministre l’absence de son département pendant la lutte contre la Covid-19 alors que d’autres secteurs ministériels étaient depuis le début aux avant-postes de la lutte contre la propagation de la pandémie. Face à cette avalanche de critiques, il s’est contenté de botter en touche: «Dire que le ministère n’a pas été au rendez-vous est inexact. Tous les secteurs ont joué leurs rôles, conformément à leurs attributions». L’épisode des unités de conditionnement des fraises de Lalla Mimouna, l’un des plus grands clusters dans la région de Kénitra, ne pouvait pas échapper au débat de cette commission. Deux entreprises ont été à l’origine de cette catastrophe alors que la zone comprend plus de 500 entreprises.

Les arguments avancés par Mohamed Amekraz n’ont pas suffi à convaincre les parlementaires dont certains ont vécu directement ces épreuves avec la population. Pour lui, aucun ministère, l’Intérieur, l’Industrie, la Santé, ne pouvait, à lui seul, prendre la responsabilité et mener les opérations. C’est pour cette raison que des commissions provinciales ont été mises en place pour regrouper les départements et procéder ainsi au contrôle des unités industrielles et des exploitations agricoles.

Le ministre a reconnu que son exposé n’a pas abordé le nombre d’entreprises fermées à cause du non-respect des mesures sanitaires prises. Il s’est contenté de rappeler que si ces dispositions n’ont pas été prises, on aurait assisté à une explosion des cas dans ces unités industrielles. Dans l’affaire de Lalla Mimouna et de Safi, les infractions commises ont été transférées à la justice. Car le dossier était si sérieux qu’en plus des rapports établis localement, les inspecteurs généraux des ministères sont descendus sur le terrain pour procéder aux contrôles de rigueur.

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L’épisode des unités de conditionnement des fraises de Lalla Mimouna, l’un des plus grands clusters dans la région de Kénitra, ne pouvait pas échapper au débat de cette commission. Deux entreprises ont été à l’origine de cette catastrophe alors que la zone comprend plus de 500 entreprises. Les arguments avancés par Mohamed Amekraz n’ont pas suffi à convaincre les parlementaires dont certains ont vécu directement ces épreuves avec la population (Ph. Bziouat)

«Je ne peux pas poursuivre tous les Marocains. Les ouvriers n’ont pas été inquiétés. Ce sont les chefs d’entreprises  qui assument la plus grande part de responsabilité dans ce qui est arrivé», a affirmé le ministre. Mais à cours d’argument, Mohamed Amekraz a rejeté les critiques des députés, pour les lier à la proximité des échéances électorales.

Au cours du débat, les députés ont saisi la présence du ministre du Travail pour l’interpeller sur les causes du report de l’examen du projet de loi organique relatif à la grève, dont l’examen dans cette même commission était prévu le matin du même jour. En fait, il a demandé à la Commission un répit de 15 jours avant de reprogrammer l’examen du texte. Le temps de reprendre le dialogue avec les syndicats les plus représentatifs dès ce vendredi jusqu’au mercredi de la semaine prochaine. Les centrales affirment qu’elles ne s'opposent pas à ce texte, ce qui est positif, note le ministre.

                                                                                  

«Confusion et improvisation du gouvernement»

Mohamed Amekraz a surpris plus d’un lorsqu’il a affirmé que «les consensus sur des projets de loi en dehors du Parlement n’ont pas lieu d’être, sinon, il faudra fermer cette institution». Les députés étaient ahuris devant cette sortie de route. Pour lui, le Parlement n’est pas concerné par les consensus qui s’opèrent à l’extérieur.  Qu’importe, les députés ne comprennent pas la précipitation du gouvernement à examiner un projet de loi organique en cours d’intersession du Parlement, dans un contexte marqué par la propagation de la pandémie. Un texte de cette ampleur doit être planifié lors d’une session ordinaire comme celle de l’automne ou du printemps, note le rapporteur de la Commission. D’ailleurs, depuis 2017, la présidente de la Commission a adressé au gouvernement 11 correspondances pour attirer son attention sur la nécessité de programmer ce texte. L’exécutif lui répliquait que ce projet faisait partie du dialogue social.
En tout cas, pour une parlementaire du PAM, «ce revirement est caractéristique de la confusion et de l’improvisation du gouvernement». De son côté, Ibtissam Merdas ne veut pas que l’exécutif utilise le Parlement pour faire pression sur les syndicats.

Mohamed CHAOUI

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