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Dossier Spécial

Comment se reconstruire en contexte Covid-19

Par Dr Mohamed BENABID | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
Continuer d’ajuster la mobilisation aux besoins d’une conjoncture inédite
Une ligne de crête étroite, mais ce n’est pas mission impossible
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«La prise en main rapide par le Souverain du dossier Covid-19 aura été décisive pour la stratégie marocaine de lutte contre la pandémie» (Ph. MAP)

A quoi va ressembler le monde de l’après-Covid 19? C’est à cette lourde tâche que tenteront de s’atteler les scenarii de sortie de crise pour les prochains mois. La portée de l’exercice est d’emblée limitée tant il s’agira de composer avec un environnement très volatil et une pression des événements que les cabinets de prospective mandatés, souvent bien tardivement, ont du mal à calibrer. La gestion de l’imprévisible continuera pourtant de s’inviter au débat pendant un bon bout de temps. Il suffit pour s’en convaincre, de recenser les différentes décisions de confinement/déconfinement/isolement des villes, mesures qui peuvent tomber de façon impromptue et déclencher des séismes aux effets dévastateurs bien au-delà des terrains de la santé. En l’espèce, il faut se rendre à l’évidence, ce sont plus les conséquences économiques et sociales du Covid-19 que les affres sanitaires de la pandémie qui ont été les plus perceptibles jusque-là. Chacun en fera sa propre lecture, mais difficile pour autant de ne pas s’arrêter sur le flegme dont le Maroc a su faire preuve. Il tient à la prise en main au plus haut sommet de l’Etat et il est aujourd’hui admis que cette orientation a pesé dès le début et permis d’éviter le pire. Le fait notable aussi est que la pandémie n’a pas déstabilisé le cadre institutionnel, pilier sur lequel le pays a continué et continuera de s’appuyer. C’est d’ailleurs le seul système qui a paru ne pas se gripper (au passage l’approche marocaine a mis en évidence l’existence d’initiatives originales en matière de communication de crise, du moins sur les premiers mois de la pandémie(1)). 
Il reste maintenant à négocier efficacement la deuxième mi-temps. L’environnement économique et social, on le sait, s’est fortement dégradé dans de nombreux secteurs. Et l’on devine bien à l’aune des statistiques sur la sinistralité des entreprises, ou sur la population d’employés qui s’est déclarée auprès des dispositifs d’aides, que la sortie de crise sera longue et douloureuse, amplifiée par une série de bulles qui se sont rajoutées rapidement à celles connues du secteur immobilier. Pour ne citer que l’industrie hôtelière et/ou de transport aérien, acculés désormais à imaginer de nouveaux relais avec la fin du tourisme de masse. Les risques et menaces qui pointent sur cet agenda sont identifiés: Comment amortir un choc de demande, alors que ses conséquences se font sentir de manière violente un peu partout? Quelles sont les chances d’un développement industriel qui autoriserait de nouvelles chaînes de valeur, en tirant parti de l’environnement bouleversé que le monde traverse? Comment sauver l’emploi?

Projet de transformation

La question impossible à esquiver ici porte sur les moteurs à trouver et leurs résonances dans un contexte pandémique qui accélère le processus de péremption des stratégies. Encore faut-il jauger lucidement ses forces… prendre position sur de nouveaux marchés suppose en effet une bataille de la compétitivité qui n’est que partiellement engagée dans le cas marocain. L’on est encore loin d’un véritable projet de transformation, même si celui-ci gagnerait à s’affirmer rapidement compte tenu d’un risque pandémique incontrôlable. 
Dans la foulée, une partie des débats est polarisée entre ceux qui prônent le plus d’Etat, une option jugée incontournable (entre la foi inébranlable accordée aux vertus d’un New Deal ou à une re-étatisation tout simplement) dans le contexte actuel, et ceux qui rejettent cet argument en raison de risques de rigidités qui pourraient en découler pour la liberté d’entreprise. Et puisque la relance a besoin de stabilisateurs, comme ceux du cadre macroéconomique, impossible d’ignorer les réformes retardées. Dans ces placards traînent toujours des problèmes budgétaires structurels post-crise et qui appellent à des efforts tant du côté des recettes, c’est-à-dire en élargissant l’assiette de contribuables à l’impôt, que des dépenses, c’est-à-dire en assainissant les finances publiques. En amont, l’autre sujet c’est celui de la posture à adopter pour gagner cette bataille. Là aussi, pas beaucoup d’options. Même si l’un des effets collatéraux de la crise est de faire douter sur le sens des mots, le Maroc, déçu au cours de ces dernières années par son incapacité à transformer son émergence en développement, n’a plus tellement le choix: les deux fronts sont à négocier pareillement. En tout état de cause, ces deux thèmes très présents dans les préoccupations de l’ère pré-Covid sont loin de perdre de leur actualité, bien au contraire. Ils sont juste posés en des termes différents. Ceux de l’urgence.
Mohamed Benabid

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(1) Benabid, M. (2020). Communication marocaine de crise Covid-19, des succès et quelques recadrages nécessaires. Institut marocain d’intelligence stratégique. A Policy note.

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