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Société

Ces franco-marocains qui font la fierté du Maroc

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5794 Le 01/07/2020 | Partager
Les jeunes, des pépites pour le développement du Maroc
Il n’y a pas d’échec, que des expériences constructives
L’Union fait la force d’un peuple, d’un pays, d’une nation

Aziz Senni est originaire de la ville de Khouribga, et Farida Amrani est issue d’un petit village dans la région de Oujda. Leur point commun? Leur origine marocaine, et leur distinction dans leurs domaines professionnels en France. Farida Amrani est fortement engagée en politique sous la bannière France Insoumise.

Avec un positionnement populaire proche des classes prolétaires, elle a marqué l’actualité dans l’hexagone pendant les législatives en 2017 en se présentant  face à Manuel Valls en Essonne. Aziz Senni, Serial Entrepreneur,  à l’origine de la création d’une dizaine d’entreprises a été couronné de plusieurs distinctions prestigieuses et publié quelques ouvrages.

Il est, quant à lui, proche du monde des entreprises et des patrons. Il est actuellement vice-président de la commission nationale dédiée à l’entrepreneuriat du Medef et également membre du Conseil Supérieur de l’Economie Sociale et Solidaire. Quelques semaines après le déconfinement en France, les deux protagonistes dressent le bilan de la période post-Covid.

Entre opportunités et menaces, des secteurs en dent de scie, une économie lancinante qui creuse les fossés entre les pays du nord et les pays du sud, les deux compatriotes livrent leurs ressentis sur les événements récents et leurs projets dans le cadre de leurs activités respectives. Interviews. 

«L’Humain est au centre de notre politique»

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Pour la politicienne Farida Amrani, «Nous oeuvrons pour lancer des projets innovants et créer ainsi des ponts entre la France et le Maroc pour son développement» (Ph. FA)

- L’Economiste: Comment expliquez-vous la faible représentation des femmes en politique en France?
- Farida Amrani:
La loi française est paritaire et autorise autant les femmes que les hommes à s’investir dans la politique. Néanmoins, la plupart des femmes ne sont pas suffisamment impliquées car elles ont beaucoup de contraintes, tant au niveau personnel que professionnel. Nous travaillons à l’émergence de notre jeunesse avec une politique innovante et intégrante afin de créer des envies d’implication plus importante de la part des jeunes issus de l’immigration afin de provoquer le changement. Grâce à des déplacements réguliers sur le terrain, au plus près des gens, nous abordons les situations que vivent nos compatriotes avec des valeurs d’humanisme et d’entraide qui sont à la base de notre démarche politique.

- Votre carrière a été marquée par une confrontation assez médiatisée aux législatives en 2017 face à Manuel Valls. Quel souvenir gardez-vous de ce moment?
- En 2017, lors de ma bataille politique avec Manuel Valls, nous étions arrivés au coude à coude avec très peu de voix d’écart. Seulement, nous  avions prouvé qu’il y avait eu des tricheries dans le cadre de cette élection. J’ai donc saisi le conseil constitutionnel et prouvé que sur les 70 suffrages, 66 étaient frauduleux, mais ceci n’a pas suffit pour annuler ces votes. Ce que je retiens de ce moment de ma vie politique, c’est ma victoire du départ de Valls de France et son exil en Espagne. Depuis, notre combat continue. Plus tard, je me suis présentée à la liste des élections européennes, puis cette année aux municipales à la mairie de Courcouronnes où j’ai été élue le 15 mars dernier.

- Quelles sont les actions mises en place dans le cadre de votre association à l’endroit des entrepreneurs?
- Nous avons créé une association d’entrepreneurs franco-marocains, dans laquelle je suis la seule femme issue du monde politique. Il y a beaucoup de jeunes qui souhaitent mettre à disposition leurs compétences et leurs moyens pour leur pays d’origine. Il y a d’immenses pépites et de grands talents que nous combinons pour créer de vrais projets innovants et créer ainsi des ponts entre la France et le Maroc et participer au développement économique du Royaume.
 
- Vous avez également mis en place une plateforme solidaire pendant la crise. Quel en est l’objectif?
- Nous avons créé une association qui est une structure d’appui aux autres associations dans le domaine du social. C’est une plateforme dont dépendent 50 associations franco-marocaines dans l’Essonne et au delà de l’Essonne car nous avons l’intention d’élargir ce concept à toute la France. En région parisienne, nous travaillons en étroite collaboration avec les commerçants du marché de Rungis, les restaurants, les cafés, dans lesquels nous récupérons l’ensemble des invendus pour les distribuer aux personnes dans le besoin. Nous apportons notre aide à tous, quelque soit les origines car la misère ne fait pas de différence, tout le monde est le bienvenu. Nous avons souhaité rendre hommage aux soignants et aux pompiers aux hôpitaux aux chauffeurs de bus, éboueurs et toutes ces personnes qu’on a applaudi pendant 2 mois tous les soirs à 20h. A présent, il ne faut pas les oublier.
 
- Quels sont vos futurs projets?
- Il y a l’élection des régions qui arrivent et nous préparons les présidentielles en 2022 avec notre candidat de la France Insoumise. Nous sommes 120 élus par régions et par départements à travailler régulièrement ensemble sur des problématiques communes afin d’apporter des vraies solutions à nos compatriotes qui ont vécu depuis plusieurs années et plus récemment de véritables épreuves.

Plainte contre Manuel Valls

Farida Amrani est née à Ajdir, petit village à côté de Tafouralt, non loin de Oujda en 1976. Maman de 3 filles, elle habite aujourd’hui à Evry. Titulaire d’un BTS en logistique et transport, elle est actuellement responsable syndicale et fonctionnaire dans le secteur territorial. Elle a marqué l’actualité politique en mettant en ballottage l’ex-Premier ministre Manuel Valls dans son fief de l’Essonne en 2017. Les sondages les avaient donnés au coude à coude au 2e tour. La candidate franco-marocaine de la France Insoumise (FI) avait été qualifiée pour le second tour, avec 17,61 % des voix. Face à lui au second tour des législatives en juin 2017, elle perd 139 voix et accuse Valls de triche. Mais sa plainte au Conseil constitutionnel reste vaine. C’est lors des municipales de 2014 qu’elle reçoit pour la 1ère fois la visite de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel elle entretient, depuis, une relation de confiance.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

 

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