×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Société

«La gestion exemplaire du Maroc a rassuré les investisseurs»

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5794 Le 01/07/2020 | Partager
La crise? Une opportunité pour ceux qui sauront la saisir
Des pistes de collaboration entre la France et le Maroc
aziz-senni-094.jpg

«La crise signifie «Opportunité» en mandarin et le risque, dont l’origine est «Rizk» en arabe signifie don de dieu. La crise va mettre sur le côté un certain nombre d’acteurs et il y aura des places à prendre pour ceux qui seront présents prêts à saisir l’occasion», indique le serial entrepreneur, Aziz Senni (Ph AZ)

- L’Economiste: Quels sont les dispositifs mis en place par le gouvernement français à l’endroit des entrepreneurs suite à cette crise sanitaire?

- Aziz Senni: Le ministère de l’Economie a mis en place plusieurs dispositifs pour des prêts et des garanties ainsi qu’un fonds de solidarité et un dispositif de chômage partiel afin de permettre aux salariés de continuer à toucher leur salaire. Ces solutions d’urgence de soutien au secteur à travers des prêts pour les PME me paraissent inadéquates car ce ne sont que des dettes qui alourdissent davantage les charges de ces entreprises. C’est en quelque sorte de la morphine qui calme la douleur, mais à forte dose cette drogue peut tuer. Ce constat impose une conclusion: la solution ne viendra pas d’un système qui dévoile ses déficiences dans la peine. Aujourd’hui, la lutte contre le virus nécessite un effort collectif à la hauteur de la menace, mais, à moyen terme, la sauvegarde de nos entreprises s’impose comme étant une urgence vitale.
Dans l’épreuve, notre société fait preuve d’une grande solidarité: c’est d’elle, de nos associations et de nos entreprises que jaillira notre dynamisme retrouvé. Dans cet esprit, la réglementation doit continuer à s’adapter, plus coopérative et moins coercitive. La fiscalité doit être plus adaptée, il me parait également important de poursuivre les efforts de soutien au monde de l’entreprise. La reprise va être longue, l’activité économique ne sera pas au rendez vous.

- En tant qu’entrepreneur, comment avez-vous géré cette situation inédite?
- Concernant mon activité de gestion immobilière, nous avons décalé certains loyers ainsi que les amortissements de prêts au niveau des banques. A Dakar, «c mon taxi» est à l’arrêt car il n’y a plus de transport aérien, donc plus de touristes. La crise signifie «Opportunité» en mandarin et le risque, dont l’origine est «Rizk» en arabe signifie don de dieu.
La crise va mettre sur le côté un certain nombre d’acteurs et il y a aura des places à prendre pour ceux qui seront présents prêts à saisir l’occasion. C’est d’autant plus d’opportunités en Afrique, car en France il s’agit de relocaliser les activités et dans ce dessein, il faut nouer des partenariats avec les pays d’Afrique Francophone grâce au développement de sites de production, qui resteront très compétitifs même si ce n’est pas aussi intéressant qu’en Chine. On le voit avec l’industrie automobile, le textile et le médicament. Il y a un lien historique entre la France et le Maroc et plus globalement avec le Maghreb.

- Quelles leçons devront nous tirer de cette crise au Maroc?
- L’image du Maroc est très positive sur la scène internationale. Des actions ont été très rapidement engagées au Royaume pour minimiser la portée de la chaîne de contamination de l’épidémie. Une initiative qui a été renforcée par un verrouillage des frontières, une interdiction des rassemblements, la fermeture des écoles, puis des mesures drastiques incitant à un confinement volontaire puis obligatoire. Le ministère de la Santé a déployé une série d’actions pour élever son niveau de vigilance dans le suivi de la situation épidémiologique en temps réel. Il a ajusté son mode de fonctionnement par la mise en place d’un Comité technique et scientifique consultatif, dont l’une des missions est la définition d’un protocole de prise en charge des malades atteints de Covid-19. Le Fonds spécial déployé en mars pour la gestion de la pandémie de 10 milliards de DH (soit 934 millions d’euros).
Doté initialement de ressources budgétaires, puis abondé par des contributions du privé et du public. Le Comité de veille interministériel à piloté le plan d’action sous ses volets économique et social. A travers ses actions, le Royaume a démontré qu’il n’avait rien à envier aux supers puissances mondiales. Le pays a fait également son devoir de précaution et a su adapter rapidement son industrie pour la production de masques de protection. Il a ainsi renforcé sa crédibilité sur la scène internationale et rassurer les investisseurs pour ceux qui hésitaient à venir faire des affaires au Maroc. Cette crise sanitaire a été salutaire.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

                                                                                 

Il a pris l’escalier...

aziz-senni-livres-094.jpg

Né à Khouribga en 1976, de père cheminot et de mère femme au foyer, Aziz Senni est diplômé d’un BTS Transport et Logistique en 2000. Il s’engage très tôt pour sensibiliser les jeunes générations, notamment les jeunes de banlieue, sur le monde de l’entreprise.

Il écrit son premier ouvrage «L’ascenseur social est en panne, j’ai pris l’escalier», (Editions de l’Archipel) préfacé par Claude Bébéar dont il reversera les droits d’auteurs sous forme de bourses au mérite à des collégiens. Fort de ses succès entrepreneuriaux et de son engagement citoyen, il crée le premier fonds d’investissement dédié aux zones urbaines sensibles en 2007: Business Angels des Cités (BAC devenu Impact Partenaire).

En 2009, il reçoit le prix de l’Entrepreneur Social de l’année, décerné par l’INSEAD, et l’année suivante il publie son second ouvrage: «Monte ton biz: les dix commandements de l’entrepreneur des cités». En 2010, il reçoit le Prix Ethique et Gouvernance dans la catégorie PME et en 2011, la Commission Européenne le reconnaît comme l’un des jeunes de moins de 40 ans les plus influents de France.

En 2012, sur France 4, Aziz Senni coache des entrepreneurs face caméra dans l’émission «Business Angels: 60 jours pour monter ma boîte». Un an plus tard, le Figaro Magazine le classe 63e leader économique français dans la catégorie des dirigeants de moins de 40 ans. Un certain Emmanuel Macron y figure alors dans le trio de tête.

La même année, en collaboration avec le journaliste de France 3 Jean-Marc Pitte, il publie «L’ascenseur social est toujours en panne, il y a du monde dans l’escalier». En janvier 2015, le franco-marocain occupe la fonction de vice-président de la commission nationale dédiée à l’entrepreneuriat du MEDEF, il sera nommé 3 ans plus tard par décret ministériel membre du Conseil Supérieur de l’Economie Sociale et Solidaire.

 

   

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc