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Economie

Le Maroc redéfinit les critères de guérison

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5768 Le 26/05/2020 | Partager
Révision du protocole de traitement et isolement des patients à domicile
Objectif: décongestionner les hôpitaux et traiter les autres pathologies
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Dans certains centres de traitement Covid-19, l’on a atteint des pics de cas traités en même temps (plus de 450 au CHU de Fès). La redéfinition de la guérison et la révision du protocole de traitement permettront de décongestionner les hôpitaux et surtout traiter les autres pathologies (Ph. YSA)

Révision du protocole de traitement Covid-19 et redéfinition de la guérison. Telles sont les décisions prises, le 20 mai dernier, par Khalid Aït Taleb, qui a adressé aux directeurs régionaux de la santé, aux directeurs des CHU et au président du Conseil national de l’Ordre des médecins, une circulaire dans ce sens.

«Eu égard à l’importance de la présente note, je vous demande d’en assurer une large diffusion, auprès de tous les professionnels de santé des secteurs public et libéral… et veiller personnellement à l’application de ses dispositions», a exhorté le ministre de la Santé. L’importance de cette circulaire réside, en effet, dans la mise à jour de la définition de cas et du protocole de prise en charge des cas Covid-19 et leurs contacts. Décryptage.

■ Changement du paradigme de traitement
Khalid Aït Taleb a mis à jour la définition de cas et du protocole de prise en charge des cas de Covid-19 et leurs contacts. Dans une circulaire (N°038/DELM/00) datée du 20 mai 2020, le ministre de la Santé a annoncé l’adoption d’une définition de cas plus sensibles ainsi que le renforcement de la recherche active des cas dans l’entourage des patients de Covid-19. Ces mesures tiennent compte de l’évolution de la situation épidémiologique du virus au niveau national, caractérisée par l’enregistrement de foyers épidémiques en milieu familial et professionnel et par l’augmentation de la proportion des cas asymptomatiques (ne présentant aucun symptôme clinique) et paucisymptomatiques (peu symptomatiques), lit-on dans la circulaire du ministre. «Il faut noter qu’il y a un changement du paradigme de traitement et une redéfinition de la guérison», explique Dr Allal Amraoui, chirurgien et ancien directeur régional de la Santé. Selon lui, «si auparavant, après deux tests PCR négatifs, réalisés à 48 heures d’intervalle, le patient devait rester 14 jours en confinement à l’hôpital. Aujourd’hui, le malade peut rester en isolement chez lui».  «Ce qui permettra de décongestionner les hôpitaux afin qu’ils puissent traiter les autres pathologies», renchérit-il.

■ Un soulagement pour les patients
Plusieurs patients sont restés sous suivi médical, pendant plusieurs semaines. Certains ont qualifié de «prison» cette période estimée à plus de deux mois, avant de s’être déclarés négatifs. «Le premier protocole de traitement était drastique. Nous avons eu des cas ne présentant aucune symptomatologie qui étaient sous contrôle médical dans un hôpital à Rabat pendant 55 jours, puis confinés durant 14 jours. C’est trop et pas sans conséquence sur la psychologie du patient», estime un médecin. Et de poursuivre: «Dans certains cas, le virus ne disparaît pas après le traitement. A cette phase, génétiquement, on peut trouver la molécule virale alors que le virus est à l’état de cadavre». «En d’autres termes, sa charge virale n’est pas assez forte pour contaminer». C’est l’une des raisons pour laquelle le professeur français Didier Raoult considérait le patient Covid guéri après le 7e jour de traitement. D’ailleurs, en France, le virus a continué à circuler, les malades se confinaient chez eux et seuls les cas compliqués étaient hospitalisés. En même temps, la prise en charge des malades se poursuivait au Maroc atteignant parfois des pics de 400 cas d’hospitalisation dans un seul centre de traitement (CHU de Fès). Désormais, on aura à libérer les patients très vite (au bout du 10e jour). Ce qui permettra aux hôpitaux de vaquer à leurs activités principales, traiter les autres pathologies qui continuent de tuer», explique Amraoui. Ceci étant, pour les malades dont les conditions d’isolement à domicile ne sont pas favorables, on peut leur proposer un lieu de confinement (hôtel). Signalons qu’il y a des cas de patients testés (sérologique) positifs même après le traitement, alors qu’ils ont développé des anticorps.

■ Des cas asymptomatiques
La prise en charge du cas possible et probable repose sur les voies de détection par: appel téléphonique (allo veille, allo 141 et allo 300), consultation au niveau d’une structure de soins publique ou privée, et suivi des contacts avec dépistage systématique ou après le développement des signes cliniques. Une fois pris en charge, le patient peut, «en présence d’un tableau radio-clinique très évocateur de Covid-19, démarrer le traitement sans délai et après bilan pré-thérapeutique, puis faire un prélèvement pour confirmation virologique», explique le ministre. Et de préciser que: «La prise en charge (du cas confirmé ou probable) se fait en milieu hospitalier, avec un suivi rigoureux (clinique, biologique et radiologique) de l’état de santé du patient afin de détecter précocement tout signe d’aggravation». Le cas, même en étant asymptomatique, est mis sous traitement de 1re intention pendant 10 jours. Et en l’absence d’amélioration clinique au 10e jour de traitement, le protocole révisé préconise de prolonger de 5 jours le traitement de 1re intention avant d’envisager un passage au traitement de 2e intention. Par ailleurs, la nouvelle circulaire définit également les critères de guérison. Ainsi, pour un cas probable, la guérison ne peut être évoquée qu’à l’issue du 10e jour de traitement, avec une amélioration clinique nette, dont une apyrexie (absence de fièvre) durant au moins 3 jours et normalisation du bilan biologique. En outre, est considéré guéri, tout cas confirmé de Covid-19, qui présente à l’issue de la période de traitement de 10e jour, les trois critères suivants. Primo, une amélioration nette du tableau clinique avec une apyrexie pendant 3 jours consécutifs. Secundo, une normalisation du bilan biologique. Tertio, un test moléculaire de contrôle négatif pour le Sars-CoV-2, réalisé au 9e jour. Sont également déclarés guéris, les cas confirmés dont le prélèvement de contrôle reste positif au-delà du 9e jour de traitement, si les critères de guérison 1 et 2 sont vérifiés.

Prise en charge en post-guérison

Le patient guéri, chez qui le test moléculaire de contrôle réalisé le 9e jour est revenu négatif, doit observer 14 jours de confinement à domicile. Si auparavant, ce confinement se fait dans une structure de soins, aujourd’hui, le patient peut se confiner chez lui en respectant scrupuleusement un ensemble de mesures. Y figurent l’isolement à domicile dans une chambre individuelle, le port du masque chirurgical, le respect des règles d’hygiène individuelle, y compris la désinfection des selles à l’eau de Javel au moins 10 minutes avant nettoyage. Enfin, à l’apparition de tout signe, le patient est appelé à se présenter à la structure de prise en charge la plus proche. Pour sa part, le patient guéri, chez qui le test moléculaire de contrôle, réalisé le 9e jour, est positif, doit également se confiner à domicile pendant 14 jours en respectant les mêmes mesures précitées. Un dernier test de biologie moléculaire sera réalisé à l’issue des 14 jours d’isolement. Signalons enfin qu’en l’absence de conditions favorables pour l’isolement à domicile, le patient guéri peut être isolé au niveau d’une structure non hospitalière.

Youness SAAD ALAMI

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