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Economie

«La fréquence des défaillances liée à la capacité à se réinventer»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5766 Le 21/05/2020 | Partager
62.000 demandes de report de crédit traitées, la majorité émane des ménages
La situation financière et prudentielle des banques reste solide
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Omar Tazi, directeur général délégué de Bank Of Africa: «Notre objectif est de soutenir les opérateurs économiques pour éviter au maximum les défaillances et proposer des mesures adéquates pour sauvegarder l’entreprise et les emplois»  (Ph. Bank Of Africa)

Pour Omar Tazi, directeur général délégué de Bank Of Africa, les banques sont les premières à s’inquiéter de l’impact économique de la pandémie. Il estime faible le risque de déboucher sur une crise financière, «la situation étant complètement différente de celle de la crise de 2008»

- L’Economiste: Des mesures pour soutenir le crédit ont été certes introduites mais les entreprises reprochent aux banques leur frilosité en cette période de crise. Qu’en est-il exactement?
- Omar Tazi:
Il n’y a aucune frilosité de notre part. Bien au contraire, Bank Of Africa joue pleinement son rôle pour venir en soutien à toutes les entreprises, professionnels et auto entrepreneurs éligibles à ces crédits. Nous avons largement communiqué sur le dispositif auprès de notre clientèle. Nos commerciaux ont pour mission en cette délicate période que nous traversons de venir en soutien à l’ensemble de nos clients pour préserver leur fonds de commerce et les aider à redémarrer leur activité. À ce jour, plusieurs milliers de crédits ont été accordés. En témoignent également les chiffres de la Caisse centrale de garantie qui font état de plus de 13.000 entreprises bénéficiaires.

- Un assouplissement de Damane Oxygène a été décidé. La nouvelle version est-elle déjà déployée?
-Il y a effectivement des assouplissements qui ont été introduits suite à l’expérience terrain de ces derniers jours. Les banques et la CCG ont convenu d’assouplir les modalités de déblocage des crédits une fois instruits en allégeant la liste des justificatifs, et en les supprimant pour les montants inférieurs à 75.000 DH. Il était impératif pour nous de servir le client dans des délais réduits.

- Quel est le montant consacré à l’accompagnement des entreprises?
- Il n’a jamais été question de fixer de montant ou d’enveloppe. Le seul objectif que nous nous sommes fixés est de venir en soutien à toute la clientèle dont l’éligibilité répond aux critères édictés par le fonds Damane Oxygène.

- Combien de demandes de report ont été traitées?
 - Nous avons traité plus de 62.000 demandes de report dont une majorité concerne les ménages affectés par cette crise sanitaire et pour lesquels Bank Of Africa a pris très tôt des mesures pour assister notre clientèle et traiter leurs demandes de report dans les meilleurs délais. Aussi, nous avons mis en place une batterie de mesures pour simplifier cette démarche et notamment la mise en place de 3 canaux distants pour éviter les déplacements: notre application mobile BMCE Direct, le site de Bank Of Africa et également une équipe dédiée exclusivement à cette opération au sein de notre Centre de relation client joignable 7j/7.

- Quelle est la situation des grandes entreprises? Quel est le dispositif d’accompagnement?
- Aucun acteur économique n’a été à l’abri de cette crise indépendamment de sa taille même s’il est vrai que les grandes entreprises et du fait de leur bonne capitalisation, ont mieux résisté.
Ces grandes entreprises comme le reste de la clientèle ont continué de bénéficier de l’accompagnement bancaire à travers toute l’offre classique de financement. En termes de mesures additionnelles, la réflexion est en cours entre les différentes parties prenantes (ministère des Finances, banques, CCG…) pour mettre en place les leviers financiers nécessaires à la relance de l’activité.

- Est-ce qu’on est à l’abri d’une défaillance de grands comptes?  
- La défaillance d’une entreprise grande ou petite peut surgir à n’importe quel moment. Cette défaillance peut être entraînée par un événement exceptionnel tel que celui que nous le vivons actuellement.
Au Maroc comme partout dans le monde, cette crise provoquera indéniablement la défaillance de certaines entreprises et notamment dans certains secteurs où l’activité est liée directement à la demande extérieure.  La fréquence de ce phénomène dépendra de l’évolution de la pandémie, des mesures de soutien mises en place par les pouvoirs publics et par la capacité des entreprises elles mêmes à se réinventer pour juguler les effets de cette crise. Mais encore une fois, notre objectif est de venir en soutien pour éviter au maximum ces défaillances et proposer des mesures adéquates pour sauvegarder l’entreprise et les emplois. 

- Le CVE a décidé que l’Etat et le secteur bancaire prendront en charge l’intégralité des intérêts intercalaires, générés par le report des échéances des crédits logement et consommation pour les particuliers. Comment se déroulera cette opération?
- Effectivement décision est prise pour que l’Etat et les banques supportent les intérêts intercalaires pour les crédits Immo et Conso dont les échéances sont respectivement inférieures à 3.000 DH et 1.500 DH tout en excluant les fonctionnaires, les retraités et les salariés dont les revenus n’ont pas baissé. Elle sera donc exécutée en ces termes.

- Quelles sont les conséquences économiques de la crise sur le secteur à court et moyen terme?
- Les banques font partie des premiers acteurs à s’inquiéter de l’impact économique de l’épidémie au Maroc. Néanmoins, les risques de déboucher sur une crise financière sont assez faibles et la période reste complètement différente de celle de la crise de 2008. En effet, les banques au Maroc sont actuellement dans une situation financière et prudentielle solide, même avec des marges réduites. La récession économique, elle, fait également partie des risques à ne pas écarter dans le contexte actuel.

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

 

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