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Economie

Benchaâboun rend des comptes

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5766 Le 21/05/2020 | Partager
Le confinement fait perdre 6 points de croissance du PIB
Les concertations pour lever des fonds sur le marché international ont démarré
Une loi de finances rectificative pour bientôt
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«Les aides financières visent les chefs de familles du secteur informel qui ont perdu leurs revenus suite à l’application de l’état d’urgence sanitaire. Les cartes Ramed ont été utilisées comme base de données pour faciliter l’opération de ciblage des familles éligibles à ce soutien», a martelé Mohamed Benchaâboun devant les parlementaires qui avaient insisté sur cette question (Ph MAP)

Mohamed Benchaâboun a saisi l’opportunité de la Chambre des conseillers pour lancer un appel aux opérateurs économiques pour qu’ils reprennent les activités de leurs entreprises, juste après Aid Al Fitr qui tombe ce dimanche.

Celles qui sont fermées suite aux décisions administratives des autorités compétentes ne sont pas pour le moment concernées. «Je leur demande de faire preuve de davantage de mobilisation et d’adhésion pour mettre en place les conditions d’un plan de relance de l’économie nationale que nous allons décliner dans le cadre du projet de loi de finances rectificative», a souligné le ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration.

L’idée est aussi de sensibiliser les parlementaires à l’ampleur de la crise. En effet, le coût des deux mois de l’état d’urgence sanitaire est estimé à 6 points de croissance du PIB. Ce qui se traduit par une perte de 1 milliard de DH pour chaque jour de confinement, a noté Mohamed Benchaâboun, devant un hémicycle surpris par cette annonce. Et encore, les dégâts auraient pu être beaucoup plus importants sans les aides financières accordées par le Fonds spécial de gestion de la pandémie, mis en place sur instruction royale, dit-il.

Du coup, les finances publiques ne sortiront pas indemnes de cette situation. En effet, le ralentissement économique devrait se traduire par un manque à gagner en recettes du Trésor de près de 500 millions de DH par jour durant la période de confinement.

                                                     

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■ Projet de loi de finances rectificative en cours
L’économie sera impactée par cette crise mais aussi par le recul de la valeur ajoutée du secteur agricole à cause du déficit de la pluviométrie. Le ministre s’attend à une importante baisse des ressources du Trésor. Pour cela, il est nécessaire de réactualiser les hypothèses de base et les indicateurs de la loi de finances de 2020. Pour le projet de loi de finances rectificative en cours de préparation, il faudra tabler sur de nouvelles prévisions, en prenant compte l’impact de la crise sur le déficit budgétaire, la balance des paiements et la dette. Il est donc impératif de mettre en place un plan d’action multi-annuel pour relancer l’activité économique. Le ministre est déterminé à faire de ce plan  une charte pour la promotion économique et l’emploi, basé sur une ambition commune, partagée par l’Etat, les entreprises, le secteur bancaire et les partenaires sociaux. Cet accord devra se faire sur la base d’engagements clairs et de mécanismes efficients pour le suivi et l’évaluation. Ce plan d’action pourrait constituer une passerelle avec le nouveau modèle de développement en cours de préparation, note le ministre.

                                                     

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■ Plus de 11,5 milliards de DH pour financer les mesures du CVE
Le Fonds a consacré 11,5 milliards de DH pour financer les mesures prises dans le cadre du Comité de veille économique (CVE) et destinés à soutenir les salariés affiliés à la CNSS ainsi que les ménages du secteur informel qui ont vu leurs revenus disparaître à cause de l’état d’urgence sanitaire. Pour les premiers, une indemnité forfaitaire de 2.000 DH est accordée mensuellement au cours de la période du 15 mars au 30 juin. Un décret fixant les critères pour en bénéficier a été adopté. Une commission est chargée de traiter les dossiers des entreprises ayant annoncé l’arrêt provisoire de plus de 500 ouvriers ou enregistré une baisse entre 25 et 50% du chiffre d’affaires. Cette commission, composée de représentants du ministère des Finances, de l’Emploi et des secteurs concernés ainsi que de la CGEM, se réunit quotidiennement pour plancher sur les déclarations des entreprises à travers la plateforme de la CNSS dédiée à cet effet. Dans un premier temps, cet appui a été accordé à 701.000 salariés déclarés par 120.000 entreprises au titre du mois de mars. En avril, près de 134.000 entreprises ont déclaré 950.000 salariés en arrêt provisoire. Le Fonds spécial consacre mensuellement près de 2 milliards de DH en indemnités au profit de ces salariés.

                                                     

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■ Le Fonds spécial de gestion de la pandémie au cœur du dispositif
Il a été doté de 10 milliards de DH par le budget, avec 1,5 milliard de DH en provenance des régions. Le ministre a profité de l’occasion pour saluer l’esprit de solidarité des citoyens dans ce contexte difficile. Selon lui, au lundi 18 mai, les ressources du Fonds spécial avaient atteint 32,7 milliards de DH alors que ses dépenses ont totalisé 13,7 milliards de DH. Sur ces dépenses, il faudra compter 2,2 milliards ayant servi à l’acquisition d’équipements et de dispositifs médicaux pour faire face à la pandémie. Dans la pratique, ce montant a permis d’acheter 743 lits de réanimation, 664 lits hospitaliers et 348 respirateurs, en plus de divers équipements sanitaires. En plus, le ministère des Finances est prêt à accompagner davantage le département de la Santé en matière de dotations financières supplémentaires pour répondre à ses besoins, selon l’évolution de la situation épidémiologique dans le pays.

                                                     

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■ Soutien aux ménages du secteur informel en deux étapes
Pour la première, les aides financières, de 800 DH, 1.000 DH ou bien 1.200 DH, selon les membres de la famille, ont concerné 4 millions de ménages sur un total de 4,3 millions éligibles à cette aide. 37% des familles dans le monde rural ont reçu les aides financières. Ces aides ont mobilisé 4,2 milliards de DH, tirées sur le Fonds spécial pour la gestion de la pandémie, conformément aux instructions royales. La 2e étape de l’aide directe aux familles travaillant dans l’informel a démarré le 14 mai. A ce jour, ces aides ont bénéficié à 1 million de familles.

                                                     

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■ Clarifications sur les aides financières
Mohamed Benchaâboun ne pouvait pas ignorer les remarques des parlementaires au sujet des critères pour l’octroi de ces aides. Il a tenu à remettre les pendules à l’heure. «Les aides financières visent les chefs de familles du secteur informel qui ont perdu leurs revenus suite à l’application de l’état d’urgence sanitaire. Les cartes Ramed ont été utilisées comme base de données pour faciliter l’opération de ciblage des familles éligibles à ce soutien », a-t-il martelé. En dépit de cela, les citoyens intéressés, avec cartes Ramed ou non, peuvent adresser leurs réclamations au portail tadamoncovid.ma. Ce service sera opérationnel à partir du jeudi 21 mai. Ces contestations seront minutieusement examinées par les secteurs gouvernementaux concernés, a-t-il précisé.

                                                     

■ Report des échéances des crédits habitat et de consommation
Après des semaines de confusion, la possibilité de retarder le paiement des crédits habitat et de consommation au mois de juin prochain est finalement acquise. Ainsi, dans le cadre de la dernière réunion du CVE, il a été décidé que l’Etat et le secteur bancaire prennent en charge la totalité des intérêts intercalaires, consécutifs au report du paiement des crédits. Cette mesure concerne les personnes qui ont des traites mensuelles inférieures ou égales à 3.000 DH pour les crédits logement et à 1.500 DH pour les crédits à la consommation. Au moins 400.000 personnes vont bénéficier de ce report de paiement des échéances.

                                                     

■ Geste en faveur des auto-entrepreneurs
Une mesure prise dans le cadre du CVE consiste à mettre à la disposition des auto-entrepreneurs, touchés par la crise du Covid-19, d’un prêt sans intérêt, qui  pourrait atteindre 15.000 DH. Ce crédit, qui est effectif  depuis le 27 avril dernier, peut être remboursé sur une période de 3 ans, avec un délai de grâce d’un an.

                                                     

■ Report de déclarations fiscales
Il s’agit de permettre aux entreprises dont le chiffre d’affaires de l’exercice 2019 est inférieur à 20 millions de DH, de bénéficier, si elles le souhaitent, du report du dépôt des déclarations fiscales jusqu’au 30 juin 2020.  De même, la décision a été prise pour le report de la date de la déclaration des revenus pour les personnes physiques qui le souhaitent, de fin avril au 30 juin 2020. De même, on a procédé à la suspension des contrôles fiscaux et des ATD jusqu’au 30 juin 2020.  

                                                     

■ Mise en place d’une ligne de prêts de la Caisse centrale de garantie
Elle est destinée aux entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 millions de DH et dont la trésorerie s’est détériorée à cause de la baisse d’activité. Les sociétés opérant dans l’immobilier sont également éligibles. Ainsi, cela a concerné 15.589 prêts accordés, pour un montant global de 7,8 milliards de DH. 85% de ces prêts ont bénéficié aux TPE dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions de DH.

                                                     

■ Recul des réserves en devises
C’est la conséquence de l’impact de la pandémie sur des secteurs producteurs de devises comme le tourisme, les investissements directs étrangers, les exportations et les transferts des MRE. Afin d’y faire face, le ministère des Finances a pris des mesures en vue de réduire les effets de cette crise sur ces réserves et de conserver la capacité de l’économie à couvrir l’importation de ses besoins. Ainsi, le Maroc a procédé à un tirage sur la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), avec le FMI à hauteur de 30 milliards de DH. Ce montant peut être considéré comme un dépôt au niveau de Bank Al Maghrib, ce qui n’augmentera pas la dette du Trésor, a précisé le ministre. A cela s’ajoute 275 millions de dollars de la Banque mondiale pour la gestion des risques de catastrophes. En outre, Mohamed Benchaâboun a annoncé le démarrage des concertations avec les partenaires bilatéraux ou multilatéraux pour fixer les montants supplémentaires à mobiliser. Parallèlement à cette opération, le Maroc a commencé la préparation d’émissions obligataires sur le marché financier international. Cela peut se concrétiser prochainement, a indiqué le ministre.

                                                     

Tous les indicateurs au rouge

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A l’instar d’autres pays, le Maroc a été profondément affecté par les répercussions de la pandémie sur les plans économique et financier, comme le soulignent plusieurs indicateurs. En effet, au cours des 4 premiers mois de cette année, les exportations ont enregistré une baisse de -61,5% et les importations un recul de -37,6%.

Les secteurs les plus touchés concernent les métiers mondiaux du Maroc comme l’automobile dont les exportations ont chuté de -96% en avril contre -86% en mars. Idem pour l’aéronautique qui a reculé de -81% en avril et -52% en mars, l’électronique -93% en avril et -51% en mars. Quant au textile habillement, il a chuté de -86,5% en avril et -40% en mars.

En revanche, l’exportation des phosphates et dérivés a enregistré une évolution positive de l’ordre de +14% en avril. Le ministre a également rappelé que le ralentissement de l’activité économique s’est reflété sur les recettes touristiques qui ont baissé de -60% en avril, portant la moyenne au cours des 4 premiers mois de cette année à -15%. Même tendance baissière des transferts des MRE avec -30% en avril et -11% au titre des 4 premiers mois de 2020.

Mohamed CHAOUI

 

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