×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Les politiques à l’épreuve du Covid-19

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5758 Le 11/05/2020 | Partager
Des partis de la majorité ont tenté d’exploiter le Covid-19 pour des visées électoralistes
L’organisation parlementaire durant la pandémie critiquée
Absence de réactivité des collectivités territoriales
parlment-058.jpg

Le dispositif exceptionnel de fonctionnement mis en place au Parlement en cette période de crise sanitaire est pointée du doigt par des juristes présents au débat. De même, les participants ont énuméré les multiples faiblesses de la part des partis politiques constatées au cours de cette période de confinement (Ph. MAP)

Les partis politiques pendant et après la pandémie du Covid-19, tel a été le thème d’une actualité brûlante de la récente table ronde, organisée par visioconférence par le Centre global d’études et de recherches. Outre deux députés, le tour de table comportait des académiciens et des enseignants en science politique et en droit constitutionnel.

Au cours du débat qui aura duré près de trois heures, les hommes politiques ont parfois perdu leur sang-froid, lorsque par exemple l’un des chercheurs a comparé les parlementaires aux blouses blanches et personnels de propreté dans les hôpitaux qui bravent quotidiennement le virus et la maladie tous les jours, en allant travailler, alors que les élus de la nation restent dans le confort de leurs maisons. L’allusion est faite à l’organisation du Parlement pendant la période de l’état d’urgence sanitaire, qui a limité la présence à un ou deux membres du groupe parlementaire.

En outre, le système de vote n’est pas passé inaperçu. Car le fait qu’un député présent vote pour lui et pour 40 ou plus de son groupe parlementaire alors qu’ils sont absents, a été critiqué. Surtout que le règlement intérieur des deux Chambre du Parlement ne prévoit pas de situation exceptionnelle. Du coup, le travail est qualifié d’anticonstitutionnel. Cette affirmation du politologue Abderrahim Manar Slimi qui «ne vise pas l’ouverture de la session du printemps mais le mode d’emploi choisi. Il y avait d’autres solutions sur la table», précise-t-il.

Tout en rappelant que le multipartisme, avec des partis forts et organisés, était vital pour le développement de la démocratie, les enseignants ont énuméré les multiples faiblesses constatées au cours de cette période de confinement. Pour convaincre, le Pr. Abderrahim Manar Slimi a cité l’exemple de partis de la majorité qui ont cherché à politiser le coronavirus pour l’exploiter à des fins électoralistes.

Ainsi, ils ont rouvert leurs locaux, et commencé à les doter de paniers de produits alimentaires de base. Objectif: donner des aides à la population dans le besoin. Ce qui a inquiété les autorités qui ont repris les choses en main. Pour lui, deux étapes distinguent le comportement des partis au cours de la pandémie. Lors de la première phase, ils étaient totalement absents de la scène. Au cours de la seconde, les responsables ont commencé à sortir mais avec une arrière-pensée électoraliste.

                                                                  

■ Nervosité

Une telle affirmation n’allait pas laisser les politiques sans réactions. D’abord, Noureddine Médiane, chef du groupe parlementaire de l’Istiqlal dans la Chambre des représentants, a conseillé aux professeurs de «revenir dans les amphithéâtres des facultés». Un signe de nervosité qui a été vite dissipé, en rappelant que «le rôle des politiques est d’encadrer les citoyens et être présents à leurs côtés dans les souffrances, particulièrement de ceux qui sont dans la précarité. Pour lui, «les collectivités territoriales ont adhéré à la recette des paniers, car c’est un travail partisan». Ensuite, Jamal Benchekroun, député du PPS, n’était visiblement pas content des observations de ces académiciens sans appartenance politique. Il a toutefois appelé à faire la distinction entre les différents partis qui composent l’échiquier politique. Pour lui, c’est naturel de travailler pour convaincre les citoyens à voter en faveur de son parti. Il a par ailleurs reproché aux académiciens de ne pas adresser leurs recommandations et leurs propositions aux partis politiques. Un des enseignants lui a retourné la politesse, en lui rappelant que c’est aux partis de prendre l’initiative en s’adressant aux académiciens.o

                                                                  

■ Quid des prochaines élections?

vote-058.jpg

LA possibilité d’un report de ces échéances a été soulevée. L’Istiqlal exclut cette éventualité. Pour Noureddine Médiane, après la pandémie, les partis politiques devront s’impliquer dans la préparation des élections. 2021 est une année électorale par excellence. Le calendrier prévoit l’organisation des échéances communales, régionales et législatives, sans parler de celles des chambres professionnelles. Le chef de file des députés istiqlaliens pense qu’elles «auront lieu selon l’agenda arrêté. En plus, une année est suffisante pour boucler ce chantier et adopter tous les projets de loi nécessaires». D’ailleurs, les concertations autour de cette question avaient démarré avant le Covid-19, à travers une réunion du chef du gouvernement avec les partis politiques, a-t-il rappelé.

                                                                  

■ Peu d’initiatives des collectivités territoriales

territoire-058.jpg

L’un des points abordé lors du débat réside dans l’absence de réactivité des collectivités territoriales. En effet, sur le terrain, ceux qui étaient sur les lignes de front sont les médecins, les agents d’autorité et les forces auxiliaires. Les membres des conseils municipaux ont brillé par leur absence. Ainsi, le politologue Abderrahim El Allam a soulevé le problème des étudiants bloqués dans les villes universitaires et qui n’ont rien à manger. «Pourquoi les collectivités territoriales ne prennent pas d’initiatives en direction de cette population, particulièrement pendant le mois de Ramadan», s’est-il interrogé. Idem pour ces voyageurs à pied qui n’ont ni le couvert ni le gîte.

M.C.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc