×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Banques: Une année à haut risque!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5736 Le 08/04/2020 | Partager
Le secteur fait partie de la première ligne de défense face au coronavirus
Un report de la mise en œuvre de la circulaire 19G inévitable
12,2 milliards de DH de bénéfices en 2019 pour les établissements cotés

Les banques cotées ont dégagé un bénéfice de 12,2 milliards de DH en 2019 grâce notamment à une bonne progression du produit net bancaire (+5% à 63 milliards de DH) et une baisse de 5% du coût du risque à 7,3 milliards de DH. Mais, le début de l’exercice 2020 a pris une tournure inattendue.  Comme de nombreux autres opérateurs économiques, les banques vont devoir sortir les parachutes pour amortir le choc lié à la pandémie coronavirus.

indice-bourse-036.jpg

Le confinement et l’arrêt de l’activité dans plusieurs secteurs pèsent sur la production de crédit. Par ailleurs, les difficultés des entreprises et des ménages touchés par la crise alimenteront les créances en souffrance. En bourse, les valeurs du secteur ont été parmi les plus chahutées ces dernières semaines. L’indice sectoriel a perdu 26% depuis fin février

Le secteur est en première ligne dans cette crise et les marchés l’ont bien relevé puisque l’indice sectoriel en Bourse a dévissé de 26% depuis fin février. Le confinement et l’arrêt de l’activité dans plusieurs secteurs pèsent sur la production de crédit qui tourne au ralenti. L’investissement, l’acquisition de biens durables ne sont plus une priorité pour les clients qui face à la chute brutale des revenus, doivent trouver des solutions pour financer leurs dépenses courantes.

Même si les banques se sont engagées à accompagner les entreprises et les ménages à passer le cap de la crise, elles ne pourront pas secourir tout le monde. Inévitablement, les créances en souffrance devraient prendre l’ascenseur. L’ampleur de l’impact de la crise dans les bilans des banques va aussi dépendre de la marge de manœuvre que  Bank Al-Maghrib va leur octroyer sur le plan prudentiel. Compte tenu du contexte, la Banque centrale devrait assouplir les règles prudentielles.

«Il serait hasardeux d’émettre des prévisions sur le secteur bancaire actuellement. Tout dépendra de la durée de la crise et des assouplissements prudentiels que sera prête à consentir la Banque centrale», relève un professionnel du marché. Dans une note interne du GPBM, la profession sollicitait un assouplissement des règles de classification et de provisionnement des créances.

Cela sous-entend un report de la réforme de la circulaire 19G. Actuellement, un prêt dont une échéance n’est pas réglée après 180 jours doit être déclassé en créances douteuses. Le projet de réforme prévoit entre autres un raccourcissement de ce délai à 90 jours. Il crée aussi une nouvelle catégorie de créances dites «sensibles» et prévoit un traitement spécial pour certains secteurs dont l’Immobilier.

                                                                             

Ce que pense Moody’s

Pour accompagner les entreprises et les ménages, les banques ont appelé Bank Al-Maghrib à la rescousse pour leur faciliter le refinancement. Celle-ci va ouvrir l’accès à tous les outils de refinancement en dirhams et en devises. Le dispositif comprend aussi un élargissement des titres pouvant être présenté comme collatéral et l’allongement de la durée des opérations de refinancement.

«Ces mesures offriront aux banques un accès plus facile et plus large au financement afin de pouvoir répondre aux appels de fonds des emprunteurs. Les banques marocaines ont des profils de financement stables et des tampons de liquidité élevés, soutenus par une base de dépôts nationaux solide, à faible coût et diversifiée», commentent les analystes de Moody’s.

En soutenant les entreprises et les ménages fragilisés par la crise, les banques sont dans leur rôle mais, elles préservent par la même occasion leur propre santé. «L’action de la Banque centrale contribuera à limiter la détérioration de la qualité des actifs bancaires en soutenant l’économie dans son ensemble et en empêchant que la tension sur les liquidités de certains emprunteurs ne se transforme en problèmes de solvabilité», note Moody’s.

Cependant, «si  l’épidémie devait durer plus de quelques mois, ces prêts additionnels augmenteraient les risques à long terme, car davantage d’emprunteurs, soutenus par la liquidité des banques, pourraient être confrontés à des problèmes de solvabilité. Une telle détérioration de la qualité des actifs augmenterait le taux de créance en souffrance à 8,1%», préviennent les analystes.

F.Fa

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc