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    Economie

    Bouée de sauvetage pour Delattre Levivier Maroc

    Par Faiçal FAQUIHI Franck FAGNON | Edition N°:5660 Le 23/12/2019 | Partager
    Le constructeur métallique en difficultés financières
    Le tribunal de commerce lui accorde 5 ans de répit
    Un syndic judiciaire pour valider le plan de reprise

    «Je reste confiant et très satisfait de la décision du tribunal de commerce de Casablanca», confie Eric Ceconello à L’Economiste. Le directeur général de Delattre Levivier Maroc (DLM) a obtenu, jeudi 19 décembre, une procédure de sauvegarde de 5 ans. Cette mesure fait partie des nouveautés du code de commerce en vigueur depuis le 23 avril 2018. Plus particulièrement de son volet régissant les difficultés d’entreprise.

    Le plan de sauvegarde accorde un délai de grâce à l’entreprise pour «surmonter» ses tracas financiers «afin de garantir la poursuite de son activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif», selon l’article 560 du code de commerce. Cette mesure est perçue comme «une avancée pour les entreprises» en général et Delattre Levivier Maroc en particulier:

    «C’est un nouveau départ pour nous et nos créanciers afin d’apurer nos comptes. Plus de 300 millions de DH de créances à fin juin 2019». Début décembre de la même année, le conseil d’administration a décidé d’actionner cette procédure de prévention. «Les tensions sur la trésorerie ont négativement impacté les réalisations de l’exercice 2018 et l’activité du premier semestre 2019», précise le top management de l’opérateur de construction métallique.

    Ces difficultés «ont pour origine» deux projets. L’un a déjà fait l’objet d’un arbitrage en France avec la société FLS comme partie adverse. Ce litige porte sur 160 millions de DH. Il a été finalement soldé au profit de Delattre Levivier Maroc. Mais le montant obtenu était en dessous de ses attentes. L’autre affaire est en cours de négociation. Tenu à la confidentialité, le directeur général Eric Ceconello «n’a pas de chiffres à communiquer pour le moment». 

    En décrochant sa bouée de sauvetage, Delattre Levivier Maroc fait ainsi son entrée dans les annales judiciaires. D’abord, parce que son management actionne une procédure ayant à peu près deux ans d’existence. Ensuite, le constructeur métallique est le second à décrocher un plan de sauvegarde. Stroc Industrie étant la première entreprise à en bénéficier dans notre histoire judiciaire (cf. L’Economiste n°5288 du 6 juin 2018).

    Deux sociétés jumelles qui opèrent dans le même secteur et sont cotées à la Bourse de Casablanca. Delattre Levivier Maroc est sur les pas de sa consœur. Un syndic judiciaire a été désigné par le tribunal en la personne de Fahd El Mjabber.

    Ce dernier devra tenir des réunions «à partir de cette semaine (du 23 au 29 décembre)» avec le management de DLM afin de valider le plan de sauvegarde: lister les dettes, agenda de remboursement des créanciers, perspective économique et financière, chantiers en cours ou programmés... L’entreprise a été épaulée dans sa procédure de sauvetage par l’avocate Nawal Ghaouti et le commissaire aux comptes Mohammed Aarab. La juridiction de commerce a accordé 4 mois renouvelable pour établir le plan de sauvegarde final.

    «Nuages noires»

    La conjoncture est «extrêmement» tendue. «Des nuages noires s’accumulent sur l’activité  métallurgique depuis des années», rapporte le top management de Delattre Levivier Maroc (DLM). Des opérateurs, comme Stroc Industrie et Buzzichelli, passent aussi par des moments difficiles. A l’instar de DLM, ces sociétés sont des fleurons de la chaudronnerie et de la construction métallique. Les difficultés financières de ces entreprises suscitent des méfiances chez les banquiers avec «un durcissement des conditions de financement». Un autre élément se greffe à ce marasme financier.
    «Les problèmes des projets clés en main sous-traités par des entreprises étrangères. Les conditions contractuelles ne sont pas toujours bonnes», déclare le directeur général de DLM, Eric Ceconello. Le litige Prominox contre  l’entreprise chinoise Sepco est un échantillon. Notre source évoque aussi les conditions d’importation de l’acier. Allusion aux mesures de protection commerciale réclamées par Maghreb Steel et les «tracas» douaniers qu’elle engendre en termes de prix de référence. La Fédération des industries métallurgiques et électroniques a d’ailleurs insisté sur ce point lors de l’audition publique sur les importations de tôle, tenue jeudi dernier à Rabat (cf. L’Economiste n°5658 du 19 décembre 2019). La Fédération réclame au ministère de l’Industrie «une protection en aval du secteur et pas seulement en amont». Les plus petits ont aussi le droit de vivre.

    F. F.

                                                                                                                                 

    Les auditeurs ont multiplié les alertes depuis 2015

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    Le titre sera toujours négociable sur le marché puisque la société poursuit son activité. Il affichait une baisse annuelle de 59% à la clôture du marché vendredi dernier. Sur cinq ans, il a perdu 80% de sa valeur

    L’une après l’autre, les entreprises de construction métallique s’enfoncent dans la crise. Les projecteurs sont davantage braqués sur Delattre Levivier Maroc et Stroc Industrie en raison de leur présence en Bourse. Mais leurs problèmes de trésorerie sont partagés par des milliers d’entreprises (tous secteurs confondus) qui s’éteignent dans l’anonymat. A la chute de l’activité, les problèmes de gestion ont exacerbé les difficultés dans certains cas.

    Pour Delattre Levivier Maroc, les rentrées de cash escomptées, notamment du dossier en arbitrage international, n’ont pas suffi. Le financement de l’activité quotidienne s’avère plus compliqué, sachant que le secteur est placé sur liste noire chez les banques.

    A fin juin, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires s’effondrer de 47% à 179 millions de DH. La conjoncture de l’entreprise en Côte d’Ivoire a aussi contribué à la baisse des revenus. Malgré la rationalisation des charges (-39%), Delattre a enregistré une perte d’exploitation de 33,5 millions de DH.

    A fin juin, l’entreprise a essuyé une perte de 47 millions de DH. Ses auditeurs (Fidaroc Grant Thornton et Fidumac) avaient émis plusieurs réserves sur les comptes à fin juin. Elles portaient notamment sur la capacité de la société à récupérer intégralement ou partiellement des actifs (stocks et créances) d’un montant global de 264 millions de DH que lui doit un client.

    «Le dénouement négatif des incertitudes mentionnées associé à la baisse d’activité et aux difficultés de trésorerie au premier semestre menacent la continuité d’exploitation de la société», avaient alerté les commissaires aux comptes.

    En Bourse, l’action Delattre Levivier Maroc affiche une baisse annuelle de 59%. Le gendarme de la Bourse dit suivre de près le dossier. Le titre sera toujours négociable sur le marché puisque la société poursuit son activité. En revanche, Delattre Levivier Maroc est tenue d’informer régulièrement les investisseurs de son état de santé.

    F.Fa

     

     

     

     

     

     

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