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    Tribune

    CGEM: Veillons à rester unis

    Par Pr. Hammad KASSAL | Edition N°:5630 Le 07/11/2019 | Partager

    Président de la commission «Financement et Délais de paiements», le Pr. Hammad Kassal a claqué la porte de la CGEM en juin 2019, fâché que la Confédération patronale ne traite pas avec plus de fermeté la question des retards de paiements. Entrepreneur il est aussi professeur universitaire à Al Akhawayn et vice-président de l’Association de Développement de Taza. Il a été élu président de la Fédération des PME-PMI en 2003, sous le mandat de Hassan Chami. Nos lecteurs connaissent depuis de nombreuses années ses analyses sur le domaine industriel, et particulièrement pour les PMI. On se reportera spécialement à L’Economiste du 3 avril 2014. Aujourd’hui, il dit être un «militant de la CGEM depuis 1995» (Ph. L’Economiste)

    La représentation patronale traverse une grave crise. On ne peut être certain que la prochaine élection permettra de la résoudre. Il reste moins de trois mois, selon les statuts (s’ils sont respectés) pour élire un nouveau président à la tête de la CGEM. Mais l’organisation paraît tellement affaiblie et divisée qu’il faudra beaucoup d’énergie et d’intelligence collective pour qu’elle retrouve l’influence qui devrait être la sienne.

    Trois handicaps
    La CGEM actuelle a au moins trois handicaps.

    1- Le premier est qu’elle n’émet pas beaucoup d’idées. Or, c’est par la hauteur des idées que les combats se gagnent et qu’il s’agisse du rôle du secteur privé dans les grands défis (modernisation de l’économie à l’ère de l’intelligence artificielle), ou des interrogations des jeunes sur l’économie telle qu’elle fonctionne.

    2- Le deuxième est la difficulté à conclure des «deals» très forts  avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, aucune réforme profonde n’a été initiée  par la centrale patronale. On est en droit de se demander quelle est l’utilité d’être présente à la 2e chambre du parlement. Le groupe n’a jamais présenté un vrai bilan à part quelques annonces sans lendemain. On a essuyé un scandale ternissant l’image du patronat. Il a donné l’impression que ce groupe qui s’intéresse au poste et pas à l’intérêt des entreprises tout particulièrement les petites et les plus fragiles d’entre elles.

    3- Le troisième est la politisation de la CGEM. En acceptant d’intégrer le champ politique  à travers des représentants à la 2e chambre, le syndicat des patrons a perdu de son autonomie et de sa force de frappe. Avant, tous les partis politiques faisaient la queue pour exposer leur programme devant les patrons et épouser leurs doléances. Aujourd’hui la CGEM donne l’impression de s’occuper de la tuyauterie. On ne peut pas dire que l’image de l’organisation soit au top.

    En conséquence, le camp patronal est aussi divisé que les syndicats! Les plus grandes entreprises négocient directement avec le gouvernement.

    L’industrie ne se retrouve pas dans les priorités des dirigeants actuels de la CGEM. Elle est devenue un grand club des cabinets de consultants et des agences de communication. Pourtant elle devait s’organiser pour défendre le plan d’industrialisation du pays mené avec brio par un ancien président de la Confédération, aujourd’hui ministre de l’Industrie. Certains acteurs ne sont plus convaincus du rôle de la CGEM dans la construction du nouveau modèle de développement économique.

    Notre pays a besoin d’un secteur privé autonome, indépendant et courageux, capable d’investir dans l’avenir et sortir de l’enrichissement facile par l’immobilier et les services à faible valeur ajoutée.

     

    Que faire?

    Quel est le rôle exact de l’organisation patronale? Peut-elle et doit-elle encore peser? Est-elle représentative des entreprises?

    Selon un sondage réalisé par nos propres moyens, deux mois, avant les dernières élections à la CGEM, plus de 70% des personnes interrogées qui ont dit connaître la CGEM, jugent qu’elle ne représente pas bien les TPME.

    Le sentiment qui domine, c’est le désintérêt. Quand on les interroge sur le sujet, les petits patrons sont moins critiques que distants. Pour eux, la CGEM sert surtout les grosses boîtes.

    La première action, c’est de trouver la bonne distance avec le politique, n’être ni trop proche ni trop loin, pour se recentrer sur son cœur de métier - représenter et défendre les intérêts des entreprises et servir au développement économique du pays pour que le patronat soit respecté.

     La CGEM doit diffuser ses idées dans la société, comme tous les corps intermédiaires. Elle  doit avoir un projet et essayer de convaincre tous ses interlocuteurs, qu’ils soient syndicaux, gouvernementaux ou que ce soit l’opinion publique.

    En tant qu’institution au carrefour de tous les enjeux économiques, sociaux, sociétaux, elle doit surtout peser dans les débats autres qu’économiques (l’éducation, la santé, les inégalités sociales et territoriales, la régionalisation avancée, la recherche scientifique, le modèle culturel…)

    Enfin, non seulement il faut garder la CGEM unifiée et unique mais il est nécessaire d’intégrer d’autres associations dont les actions restent très limitées.

    Il faut déclencher un réel changement de cap. Pour ce faire la prochaine ou le prochain président doit impérativement être issu de l’industrie. Il est inadmissible d’élire un chef de cabinet de courtage ou d’une agence de communication ou un salarié d’une grande entreprise.

                                                                                 

    La Centrale patronale est passée par de multiples secousses

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    Réalisé pour raconter l’histoire de la Confédération générale des entreprises du Maroc, ce beau-livre n’a pas fait l’objet de distribution systématique. Les chanceux peuvent en trouver à la CGEM ou chez l’éditeur La Croisée des Chemins

    Que l’on se souvienne de la «Campagne d’assainissement», menée par le ministre de l’Intérieur Basri, sous la présidence d’Abderrahim Hajjouji, Que l’on se souvienne aussi de Hassan Chami. Il avait réformé les statuts. Il a indexé le nombre de voix sur le montant de la cotisation. Pourtant depuis sa création, en 1947, était: une voix, une entreprise suivie par la polémique de 2005 créée par une interview du président Chami.

    Les plus anciens se souviennent aussi de la balance que les gouvernements jouaient entre les Chambres de commerce et la CGEM pour obtenir les plus grands soutiens et punir les récalcitrants. Depuis les années 1980, rongées par le suffrage indirect vers la Chambre haute, les chambres de commerce, d’industrie… ne sont que l’ombre d’elles-mêmes.

    Mais jamais la centrale patronale n’a connu le désordre actuel.

     

     

     

     

     

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