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    Economie

    Export: Les agrumes en soldes permanentes

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5551 Le 08/07/2019 | Partager
    Le prix moyen de la tonne couvre à peine les frais d’approche
    Il est sur un trend baissier depuis trois ans
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    Contrairement aux tomates fraîches dont les valeurs restent orientées à la hausse, les prix des petits agrumes sont en baisse tendancielle. A noter que les tomates sont principalement destinées aux marchés de l’Union européenne  

    Rien ne va plus pour les agrumes. L’année 2018 s’est soldée par des performances à l’export plutôt médiocres. Selon les données de l’Office des changes, le prix moyen de la tonne s’est établi à 5.770 DH après 5.464 DH en 2017. Des valeurs qui couvrent à peine les frais d’approche occasionnés par le conditionnement, le fret et le coût de mise en marché. Ceci, sans compter les frais de cueillette et de transport entre le verger et la station de conditionnement.  Au final, c’est le  producteur qui a vu fondre sa recette. Certains parmi les producteurs, qui exportent par le biais des stations de conditionnement ou des groupes d’exportateurs, redoutent même de devoir des redus. Et c’est le cas de 60% des producteurs qui n’ont pas directement accès aux marchés extérieurs. Cette situation était prévisible pour les agrumiculteurs qui s’en sont inquiétés à l’occasion du lancement de la campagne d’exportation  2018/2019 (cf. L’Economiste 5370 du 12 octobre 2018).
    Ils avaient relevé, avec appréhension, la baisse tendancielle de la rentabilité de leurs vergers. En cause, la stagnation de l’export par rapport à la production globale, d’une part, et la montée en puissance du marché local avec des prix jugés très faibles, d’autre part. Mais nul ne s’attendait à la dégringolade des prix à l’exportation. 

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    Le marché de l’UE, qui absorbait plus de 60% de nos agrumes, n’en détient actuellement que 40%. Et la quasi-totalité est constituée de petits fruits. En revanche, le marché russe, moins rémunérateur,  accapare le tiers des volumes​

    Ce qui était le plus redouté, la prédominance du marché local qui absorbe désormais les 2/3 de la production. Avec en plus l’importation d’importants volumes de jus et de concentré d’agrumes.     
    Pour l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam), la rentabilité devrait résulter de l’augmentation des volumes exportés. Or, si l’Etat et les producteurs ont pleinement joué le jeu (soutien aux plantations, développement des superficies et de la production), «les exportateurs restent sur les sentiers battus: pas d’efforts d’ouverture de nouveaux marchés et de consolidation des positions acquises», est-il relevé par de nombreux producteurs.
    Dans le détail, les propositions des agrumiculteurs se déclinent en ces termes: organiser l’exportation, éviter la concurrence maroco-marocaine, résoudre les problèmes de la logistique et du transport maritime… A l’extérieur, il y a urgence d’implanter des plateformes de distribution dans des pays européens pour répondre à la demande dans les délais requis. Surtout pour les grandes surfaces.
    C’est d’ailleurs le mode opératoire qu’ont déployé l’Espagne et la Turquie, deux redoutables concurrents . Il faut également créer des consortiums d’exportation, chercher de nouveaux marchés et lancer des campagnes de promotion. Ces pistes avaient aussi fait l’objet de consensus interprofessionnel lors du séminaire organisé par la profession en février 2018.
    Depuis, les producteurs ont assumé la poursuite du déploiement des engagements pris dans le cadre du contrat-programme. Alors que ce dernier arrive, cette campagne, à expiration, ils constatent le peu de progrès réalisé en ce qui concerne la distribution.    
    La convention signée avec l’Etat (2008-2018) se fixait pour objectif d’atteindre une superficie globale de 105.000 hectares contre 83.000 en 2008  et une production de 2,9 millions de tonnes à l’horizon 2018 avec 1,3 million de tonnes à l’export. Ces prévisions sont presque réalisées pour ce qui est de la production et dépassées pour les superficies:126.000 ha.
    Pour cette campagne qui tire à sa fin, la production est estimée à 2,7 millions de tonnes. «Seulement, l’export  devrait porter, tout au plus, sur 670.000 tonnes», relève l’Association des producteurs. Ce qui limite la part exportable à près de 25% de la production globale. «C’est un grand retour en arrière», tempête  un vétéran producteur du Souss.
    Selon les chiffres de l’Office des changes, l’export a enregistré un mieux de 10% entre 2017 et 2018 passant de 691.000 à 724.000 tonnes. Mais à des prix moins rémunérateurs que le marché local.
     

       

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