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    Politique

    Crise au PAM: Une situation de non-retour

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5548 Le 03/07/2019 | Partager
    Les deux camps s’entre-déchirent
    Derrière le conflit, des accusations de détournement d’argent
    Nouvelles exclusions de responsables dans le pipe

    A moins d’un coup de théâtre, orchestré par une personnalité respectée de tous, le PAM sombrera dans l’abîme. La crise que vit le parti est tellement profonde que les deux courants sont arrivés à une situation de non retour. Les tentatives de réconciliation entamées par d’anciens patrons de la formation n’ont rien donné.
    Les relations des responsables, amis d’hier sont aujourd’hui dans les tribunaux, à coup de poursuites judiciaires. Pis, des responsables accusent d’autres de détournements des fonds du parti. Mohamed Hamouti, député de la région d’Al Hoceima et président du Bureau fédéral, destitué par Hakim Benchamach, est dans la ligne de mire. On l’accuse d’avoir refusé de rendre des dizaines de millions de DH en liquide, qu’il aurait gardé au lendemain des législatives de 2016. Cet argent venait de dons de sympathisants. Aziz Benazouz, chef du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers a également subi les foudres du SG du PAM. Benchamach en a nommé un nouveau à son poste. Il lui reproche de s’être servi de l’argent des contributions mensuelles des parlementaires. On avance entre 3 à 4 millions de DH. On les accuse de vouloir prendre le contrôle du parti. 
    Hier encore, les deux camps qui s’opposent à couteaux tirés, étaient des amis très proches. Aujourd’hui, la guerre est déclarée. Le premier camp est conduit par le SG Hakim Benchamach, qui joue la carte de la légalité des institutions du parti. Dans ses communiqués de presse, il fait valoir cet argument de taille. En effet, dans sa «lettre de l’Equateur», pays où il était en mission dans le cadre de la diplomatie parlementaire, il accuse ses adversaires d’avoir constitué un réseau de milliardaires qui veut s’accaparer du parti et du congrès pour en faire des instruments. 
    Pour lui, ils ne sont pas des dirigeants et n’ont pas de discours politique. L’appel lancé mardi abonde dans le sens de la renaissance du PAM pour en faire une nouvelle formation débarrassée de ses défauts. En tout cas, ses communiqués sont empreints de longueur au point que l’appel de la renaissance est écrit sur 17 pages. Qui a le courage de lire cette littérature, à un moment où la communication politique tente d’aller à l’essentiel. En tout cas, son clan est composé de députés qui restent fidèles et des fonctionnaires des deux Chambres dans les groupes parlementaires. 

    Commission préparatoire

    Quant aux ténors du parti, ils sont en majorité dans le camp adverse de Benchamach. La liste est longue: on y compte notamment Fatima Zahra Mansouri, présidente du conseil national du PAM, Ahmed Akhchichène, ancien ministre et président de la région de Marrakech-Safi, Abdellatif Ouahbi, membre du bureau politique, les députés Mohamed Hamouti, Samir Abou Kacem. Les observateurs ont constaté que plusieurs députés du PAM ne viennent plus au Parlement. La liste des mécontents s’enrichit par 9 coordinateurs régionaux du PAM.
    Le secrétaire général a gelé leur participation. Ce camp n’est pas resté les bras croisés. Il a élu un président de la commission préparatoire du 4e congrès, sans la présence du SG. Pis, il a décidé de la date du congrès prévu pour la fin septembre et toujours en l’absence de Hakim Benchamach. Face à l’accélération des évènements au cours de ces derniers jours, le secrétaire général du parti ne pouvait pas rester immobile. Il a fini par réagir en convoquant une réunion du bureau fédéral du parti à Mohammedia. Au cours de cette rencontre, plusieurs décisions ont été prises à l’unanimité. Ainsi, l’élection du président de la commission préparatoire a été remise en cause. Elle est considérée comme illégale. La Commission d’éthique a enregistré plusieurs violations organisationnelles. C’est ainsi que le bureau fédéral ne reconnaît pas cette élection et invite le secrétariat général à engager une procédure judiciaire, selon le prononcé du jugement en référé du tribunal de première instance d’Agadir de juin dernier qui invitait les protagonistes à aller vers le fond de l’affaire. Pour l’habillage, c’est une recommandation de la commission d’éthique qui est validée. En outre, des mesures disciplinaires seront prononcées contre les responsables qui ont fait preuve d’implication dans cette «mascarade». 
    Ils sont menacés d’exclusion.Par ailleurs, on a procédé à la restructuration de 7 pôles: organisation et vie interne, développement de l’offre programmatique, en plus d’un pôle tourné vers les MRE et les relations internationales. Le SG a promis un plan d’action intégré à partir de la semaine prochaine.

    Risée de la classe politique

    La deuxième formation dans l’hémicycle et la première force de l’opposition est devenue la risée de la classe politique. En moins de 11 ans d’existence, le parti est à terre. Comment va-t-il remonter la pente après cette épreuve qui ne manquera pas de déboucher sur une scission? Difficile à dire. En tout, il semble avoir troqué ses valeurs fondatrices. Où sont la modernité et l’authenticité qui ont été le ciment de ce parti éclectique, qui a réussi à rassembler sous le même toit des notables de la droite et d’anciens gauchistes. 
    Toute cette alchimie est visiblement partie en fumée. Pourtant, le PAM avait des éléments brillants comme Younès Sekkouri, Ali Belhaj,… dont l’élan a été cassé par des pesanteurs et des calculs d’apparatchiks. Ils ont fini par s’éloigner de la vie partisane. Les notables, venus du RNI, du MP et de l’Istiqlal reviendront à coup sûr à leur bercail. Les anciens gauchistes trouveront refuge dans les rangs de l’USFP. 

     

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