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Voyage au coeur des techniques vertes

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

L'Allemagne se bat contre ses montagnes de déchets qu'elle tente de diminuer. Des exemples exposent des méthodes qui permettent aux régions de nettoyer leur environnement.


Elle reçoit entre 10 et 12 millions de visiteurs par an. La centrale de la région d'Augsberg (AVA GmBH) est, selon l'un des ses responsables, un modèle unique en Europe, car elle regroupe les trois filières de la gestion des déchets: le compostage, le triage-recyclage et l'incinération. A titre d'exemple, l'incinération des déchets des ménages et des hôpitaux reçus par la centrale permet d'alimenter 25.000 ménages en énergie thermique. L'investis-sement total de cette centrale s'élève à 800 millions de DM. Edifiée sur une superficie de 175.000 m2, elle a été créée en 1994 et a démarré ses activités en 1996. Cette centrale emploie actuellement 240 personnes.

A Roseinheim, dans l'Etat de Bavière, l'incinération des ordures est assurée par la centrale Müllheizkraftwerk, appartenant à la Communauté Urbaine et située au coeur de la ville. A sa création en 1955, l'usine était avant tout une centrale thermique qui fournissait essentiellement de l'énergie pour le chauffage des ménages. Le premier four pour l'incinération des déchets a été installé en 1964, le deuxième en 1969 et en 1989 les deux fours ont été remplacés par un seul. "Ici, nous brûlons du gaz, du fuel et des déchets. Si vous observez nos cheminées, vous ne verrez aucune fumée. Et notre position au centre de la ville est exceptionnelle. Nous donnons ainsi la preuve de la qualité de notre travail", indique d'emblée non sans fierté M. Reinhard Bielmeier, directeur de la centrale thermique. Les déchets qui doivent être brûlés, explique-t-il, sont le plastique, le papier, les aliments, les cartons..."L'objectif est dans tous les cas d'obtenir de l'énergie et réduire les risques". Près de 60.000 tonnes de déchets (de 250.000 habitants) sont ainsi brûlés par an par cette centrale.

Eduquer


Dans la région de Günsburg, toujours dans l'Etat de Bavière, il existe six installations décentralisées de compost. L'installation visitée reçoit et traite annuellement 600 tonnes de déchets biologiques. "Les coûts d'une telle installation s'élèvent à 300.000 DM, comprenant le terrain, le matériel, la technique...», explique M. Oberschmit, paysan et propriétaire de cette installation.
Tout le processus de compostage dure entre six et huit semaines. De plus, des contrôles sont effectués à chaque stade.
A partir du 1er janvier 1998, indique M. Oberschmit, sur chaque poubelle de déchets biologiques sera placé un détecteur qui identifie les éléments métalliques. Car ces derniers, notamment les piles usagées, peuvent devenir toxiques s'ils séjournent plusieurs jours dans le compost. "Par cette action, nous éduquons les habitants de la ville sur leur comportement vis-à-vis des déchets et de leur bonne séparation", commente M. Oberschmit. "Le sol est un produit qui demande des soins avec des résultats à long terme. Nous y croyons beaucoup".

Par ailleurs, depuis le début des années 90, dans le cadre d'un projet de recherches, des actions sont menées dans l'aire de protection des eaux souterraines des entreprises communales d'Augsberg. Objectif: réduire par le biais de consulations agricoles spécifiques l'altération desdites eaux résultant de l'exploitation agricole. Ces consultations ont eu pour effet de donner naissance à un "concept d'accord" spécial qui indemnise les performances des agriculteurs favorables à l'environnement. La coopération, expliquent les experts, signifie notamment des conseils donnés par des experts, la non-utilisation de pesticides, des subventions octroyées par l'Office pour permettre aux paysans d'utiliser des techniques écologiques...
Aux consultations spécifiques au profit des entreprises individuelles s'ajoutent la présentation de machines, les séminaires, des démonstrations et des visites guidées dans les exploitations expérimentées, ou encore la promotion de produits favorables aux eaux souterraines.


Des vaches, des pommes... bio


"J'exerce le plus beau métier qui existe, celui d'agriculteur biologique. Je suis fier de cette expérience personnelle qui dure depuis 15 ans, et jamais je ne retournerai à l'agriculture tra-ditionnelle et conventionnelle". M. Stefan Kreppold est propriétaire d'une ferme biologique de 56 hectares (dont 7 ha de forêts et 4,5 ha de prés) dans la région de Augsbourg (300.000 habitants), en Bavière.
Les exploitations biologiques se basent ainsi sur une utilisation variée et ménageante des sols, une faible charge en bétail par hectare (entre 1,8 et 2/ha) et la non utilisation de produits phytosanitaires chimiques. "Les médicaments destinés aux animaux doivent être homéo-pathiques. Nous ne devons utiliser d'antibiotiques que pour des cas extrêmes, et lorsque la vie des animaux est en danger", précise M. Kreppold. De plus, ajoute-t-il, un animal doit disposer de plus d'espace possible et dormir, non à même le sol, mais sur de la paille.
Dans ce concept, la ferme est considérée avec ses interdépen-dances naturelles comme une sorte d'organisme qui, dans le cas idéal, est autarcique et ne fonctionne qu'avec et dans la nature. L'engraissement des animaux s'effectue essentiellement par le purin provenant de la propre exploitation.

Les produits biologiques se sont libérés de la commercialisation dans les magasins spécialisés avec leur clientèle restreinte pour conquérir de nouveaux adeptes.
Le nombre des exploitations agricoles biologiques reconnues en Allemagne a augmenté et a atteint à la fin de l'année 1994 plus de 5.000. Toutefois, leur part (1%), sur l'ensemble de la surface utilisée à des fins agricoles continue à être faible.
Reste que les raisons premières de cette nouvelle orientation sont que cette alimentation est saine, aux composants précieux pour l'organisme et que les conditions de production tiennent compte de la protection de l'environnement et de la nature. Le consommateur allemand et européen devient de plus en plus sensible à cette alimentation. Mais il ne suffit pas d'être naturel pour être biologique. L'agriculture biologique, explique le Dr Hans Thalmann, directeur de l'Office National de l'Agriculture et d'Alimentation à Augsbourg, doit respecter des principes de normes de production définis par l'Union Européenne.

Meriem OUDGHIRI

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