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Economie

Trois personnes sur quatre au chômage à Shoul

Par L'Economiste | Edition N°:302 Le 30/10/1997 | Partager

La commune de Shoul, une localité rurale proche de Salé, a été retenue dans le programme de lutte contre la pauvreté SVP'97. Une étude socio-économique a analysé ses potentialités et faiblesses: un fort taux de chômage, agriculture traditionnelle et enclavement de la région.


Le débat sur la pauvreté est à la mode. Le PNUD, l'Association Bou Regreg et l'Union Nationale des Femmes Marocaines retiennent la Commune de Shoul, située près de Salé, dans le programme de lutte contre la pauvreté SVP'97(1). Les partenaires élaborent une étude. Celle-ci a pour objectif de cerner le profil de la pauvreté des habitants. Shoul est située à 17 km de Salé.
· Evolution démographique: Première constatation, Shoul attire peu. En effet, si de 1960 à 1994 la Commune a connu seulement 15,5% d'évolution de la population, Bouknadel, une localité rurale voisine, en a connu 106%.
Cette stagnation de la population ne peut être expliquée à travers la tendance générale en milieu rural du fait de l'exode rural. Ce sont justement ces communes rurales situées aux portes des grandes villes qui reçoivent les flux des immigrants. Pourtant, 95% des chefs de ménage et 86% de leurs conjoints sont des natifs de Shoul. Elle séduit donc peu.
A 380 kilomètres carrés de superficie et 1.000 ménages, la densité moyenne s'élève à 46 ha/km2 (la densité moyenne du pays est de 60 ha/km2). Les villageois s'établissent soit à la lisière de la forêt, soit à proximité des points d'eau. Bien que située à proximité de la capitale, les habitants de Shoul présentent les mêmes comporte-ments d'une population rurale. Les familles sont nombreuses. Un ménage compte en moyenne près de 8 personnes.

Les femmes mettent 2 enfants de plus que la moyenne nationale, soit 5,6 enfants. Pour la plupart des femmes interviewées, il est nécessaire d'avoir de l'aide.
· Structure sociale: L'âge du mariage est bas. En moyenne, l'homme se marie à l'âge de 28 ans (30 ans la moyenne nationale) et la femme à 17 ans et demi (25,8 ans la moyenne nationale). En outre, plus d'un ménage sur trois vivent en commun. La population présente donc un dynamisme certain en matière démographique. Les jeunes représentent donc une forte proportion. Plus de 52% de la population est âgée de moins de 15 ans, alors que la moyenne est en général de 37%. Près de trois personnes sur cinq sont âgées de moins de 20 ans. Les 20-49 ans représentent près du tiers. Les besoins sont vitaux. Les personnes en âge de scolarité représentent le quart et celles en âge d'activité 41%.

· Activité économique: La Commune est de tradition pastorale. Ainsi 75% des chefs de ménage ont une activité agricole basée sur de maigres cultures en sec et un élevage extensif. Les conditions naturelles sont en effet peu favorables avec notamment un plateau au climat semi-aride et la présence de nombreuses cuvettes fermées à fonds argileux. Seule la forêt de Sehoul constitue un avantage naturel permettant un élevage traditionnel. Le reste des chefs de ménage sont soit des salariés (8,7%), soit en chômage déguisé ou occupant de petits métiers (15,7%). La Commune connaît un fort taux de chômage. Près de trois personnes actives sur quatre sont à la recherche d'emploi.
· Dépenses des ménages: Si les habitants de la région sont restés discrets quant à leurs revenus, les enquêteurs ont pu toutefois relever que les dépenses ne dépassent pas en moyenne 4.000 DH par an et par personne, soit près de 11 DH par jour. Le seuil de pauvreté retenu par le PNUD est de 10 DH par jour et par personne. Plus de la moitié des ménages dépensent moins de 3.000 DH par an et par personne. Ces deux moyennes cachent de grandes disparités. Près de 30% des ménages dépensent moins de 2.042 DH par an et par habitant. L'enquête avait retenu pour seuil de pauvreté extrême une dépense de 1.963 DH par personne et par an.

· Equipement et infrastructure: Seuls 22% et 0,4% des ménages disposent respectivement de l'eau courante et de l'électricité. Les infrastructures de base sont quasi inexistantes.
La principale voie d'accès qui traversait la Commune en reliant Rabat à Moulay Driss Aghbal a été interrompue depuis la mise en eau du Barrage Mohamed Ben Abdallah.
Il y a une école tous les dix kilomètres et la Commune dispose d'un unique établissement du secondaire.
Pour ce qui est des infrastructures de santé, Shoul compte deux dispensaires pour 20.000 habitants.
· Scolarité: Près de deux personnes sur trois sont analphabètes. Le taux de scolarisation est de 44%. Les filles sont rarement envoyées à l'école. Le taux de scolarisation des filles est seulement de 30,6%. Les familles reconnaissent qu'elles donnent la priorité aux garçons. De même, une femme sur trois estime que l'école est secondaire pour la fille qui doit s'occuper des travaux domestiques et de l'exploitation agricole.

· Plan d'action: En dernière analyse, l'étude a retenu un plan d'action qui devra inspirer le projet de lutte contre la pauvreté dans le Shoul. Celui-ci est articulé autour de trois principaux axes:
- une action de type social pour l'amélioration de l'état de santé, de l'éducation et de la nutrition en impliquant les grands programmes de développement et des ONG (PAM, FNUAP, OMS, UNICEF);
- un programme d'équipements pour satisfaire les besoins élémentaires en équipements collectifs et en infrastructures de base;
- un programme d'appui pour initier des activités créatrices d'emploi (métier de tissage, modernisation de l'agriculture, apiculture).

(1) Cf L'Economiste du 25 septembre.

Fiche technique


L'enquête a touché 1.010 ménages (7.850 personnes), les trois souks (440 soukiers) et les 25 commerçants fixes du centre d'El Arjat. Cet échantillon a été relevé directement sur le terrain, soit un ménage sur trois. La Commune de Sehoul compte environ 20.000 habitants répartis en 3.000 ménages (recensement de 1994). L'enquête s'est déroulée entre décembre 1996 et mars 1997.
Elle a été menée par des étudiants en licence appliquée en géographie et gestion des ressources en milieu rural encadrés par Mme Najia Hadrati et M. Saïd Ghoulimi, doctorants sous la direction de M. Mohamed Berriane, professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat.o

Malika EL JOUHARI

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