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Economie

Scandale des cantines scolaires : Le premier dossier reporté au 4 février, le second en cours d'instruction

Par L'Economiste | Edition N°:255 Le 21/11/1996 | Partager

L'examen du dossier de détournement des huiles de Meknès destinées aux enfants pauvres est reporté au 4 février. L'affaire du détournement de fonds accordés par le PAM aux cantines scolaires est actuellement entre les mains du juge d'instruction.


C'EST dans une salle comble qu'a été prononcé le report au 4 février 1997 de l'affaire du détournement des denrées alimentaires destinées aux cantines scolaires. L'audience du 14 novembre devant la Cour Spéciale de Justice a concerné l'affaire des huiles périmées de Meknès, avec la comparution des 18 inculpés poursuivis pour vol et commercialisation de marchandises et complicité. Si la plupart sont en état d'arrestation, deux sont toujours en fuite.
A l'issue de l'audience, deux personnes ont bénéficié de la liberté provisoire. Il s'agit de MM. Abdesslam Oubella et Mohamed Talbi.
Arguant la similitude entre ce dossier et celui du détournement des fonds accordés par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) destinés aux cantines scolaires, toujours en cours d'instruction, une grande partie de la défense a demandé le report, et ce afin de permettre la jonction des deux dossiers.

Selon le représentant du parquet, le report se justifie par l'apparition de nouveaux faits et de nouvelles personnes en relation avec l'affaire.
Cependant, bien qu'il s'agisse des mêmes faits, d'autres avocats ont requis dans leur plaidoirie l'examen du dossier par la cour en raison de la présence d'inculpés soit dans l'une, soit dans l'autre affaire.
La défense a de plus rappelé que les personnes impliquées dans le détournement des huiles de Meknès ont passé plus de vingt mois en détention.

Audits, contrôles, enquêtes


L'affaire remonte déjà au début des années 90. Des problèmes de gestion au niveau des aides internationales sont soulevés. En décembre 1994, on découvre à Meknès un trafic d'huiles périmées détournées qui auraient été destinées aux cantines scolaires. Les faits ont directement impliqué le délégué de l'Education Nationale à Meknès, M. El Hadi Mouatassim, ainsi que d'autres personnes non fonctionnaires.
A partir de là se sont succédé audits, contrôles, jusqu'à l'enquête administrative menée au mois d'avril 1996. Le rapport de la commission chargée de l'enquête montre l'ampleur des désordres et révèle de grandes irrégularités dans la gestion des fonds des cantines scolaires. Des reproches sont également adressés au PAM. C'est donc sur la base de ce rapport que le ministre de l'Education Nationale, M. Rachid Benmokhtar, dépose plainte. L'affaire est portée en justice. Elle est à l'heure actuelle en cours d'instruction. Ici, 23 personnes sont poursuivies pour détournement de fonds publics, trahison, corruption, faux et usage de faux, usurpation de fonction et obstruction à appels d'offres. Dans tous les cas, les différentes enquêtes, menées notamment depuis le déclenchement de l'affaire de Meknès, ont fait état de nombreux détournements au niveau de plusieurs dépôts de stockage dont particulièrement ceux de Tanger, Meknès et Casablanca.
Les enfants pauvres ont perdu 42 millions de Dollars qui leur étaient destinés via le PAM.

Mécanismes bien ficelés


Selon l'enquête de police, la mauvaise gestion s'est tout d'abord manifestée par les écarts entre les prévisions et le nombre d'élèves inscrits. C'est en effet sur la base de ces prévisions que les aides sont déterminées. Suite aux surestimations du nombre d'inscriptions, le MEN s'est retrouvé avec des surplus de denrées entraînant des problèmes de stockage. Un arrêté ministériel du 9 octobre 1982 a autorisé la revente des surplus avec pour objectif «de soulager les budgets des services internes et d'améliorer la qualité des repas distribués».
Ce qui n'était au départ qu'une mauvaise gestion devient par la suite un véritable détournement dont les mécanismes semblent bien ficelés: création de stocks, procédures surprenantes pour les liquider, arrangements tripartites, mélanges de procédures... C'est là que sont logés les détournements et vols qui sont venus en déduction de ce qui restait des aides du PAM.

Malika EL JOUHARI. & Meriem OUDGHIRI.

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