×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

M Chazot, PDG d'ADIA France : “L'intérim est un moyen d'insérer les jeunes dans le monde du travail”

Par L'Economiste | Edition N°:60 Le 31/12/1992 | Partager

Méconnu au Maroc il y a quelques années, l'intérim "se développe" avec l'arrivée de RMO, d'ADIA et d'ECCO tout récemment dans le monde, il devient un indicateur de tendances. Dans ce domaine, quelles sont donc les stratégies gagnantes lorsque l'on vend du service à industrie? Un "ex" patron d'industrie, devenu P.D.G d'ADIA France, M. Georges Christian Chazot en visite au Maroc, confie à L'Economiste sa vision.

LONGTEMPS perçu comme géré par "des cow-boys sans foi, ni loi", selon I ' expression de M . Georges Christian Chazot. nouveau PDG d'ADIA France, l'intérim est aujourd'hui considéré comme un moyen . "formidable" d'injecter des jeunes sur le marché du travail. Et ce, sans faire prendre aux professionnels des risques importants de sur-effectif. Il s'agit également, pour les jeunes, d'un moyen d'acquérir une expérience professionnelle qui leur permettra de s'insérer plus facilement. Ainsi, par exemple, en France, plus de 40% d'intérimaires placés par ADIA finissent par être insérés de manière permanente dans les sociétés servies. "Pratiquement deux intérimaires sur cinq nous échappent et sont absorbés par la société", indique M. Chazot.

Indicateur économique

Passant du stade artisanal au stade industriel, le travail temporaire se voit aujourd'hui attribuer le titre d'indicateur économique avancé. "Nous précédons les tendances et nous les accentuons". Dès que la conjoncture "déprime". l'intérim chute. Car les premières victimes des licenciements sont bien entendu les travailleurs temporaires "Ainsi, par exemple, si l'on passe d 'un taux de croissance de 1,5 à 1%, l'intérim tombe de 5%"" explique M. Chazot. A l'opposé, lorsque la conjoncture commence à ' frémir" et que les marchés commencent à s'ouvrir. les premiers embauchés sont les intérimaires. Les patrons, indique M. Chazot, ne croient pas tellement à la reprise et attendent qu'elle se manifeste plus sérieusement avant d'embaucher à contrat, à durée indéterminée. En France, par exemple, ces dernières années où la croissance économique était de 3,5%, l'intérim se développait, lui, de 25%.

"Out-sorcing"

Les entreprises d'intérim tirent toujours, dans leur sillage, sécurité, nettoyage, formation. Toutes ces fonctions ont été jusqu'à une date récente produites à l'intérieur de l'entreprise elle-même. De plus en plus, constate M. Chazot, "nous assisterons à une sous-traitance de fonctions complètes, telles que par exemple la gestion d'un magasin ou encore des opérations de surveillance".
L'évolution de l'industrie conduira inexorablement les clients industriels "à acheter de l'extérieur", à recourir à ce que l'on appelle de l'“outsorcing".

Toutefois, le revers de la médaille ne serait-il pas la dépendance vis-à-vis des sous-traitants. Avis non partagé par M. Chazote dans la mesure où le développement des moyens modernes de communication et d'information aboutissent automatiquement à une "externalisation" de certaines fonctions. Les industriels ajoute-t-il, feront de plus en plus appel pour des missions particulières à des personnes qui deviennent spécialistes de ces fonctions.
"Le ticket d'entrée dans les services légers, non pas ceux qui demandent de lourds investissements (tels que les banques ou les assurances) est constitué par la qualité des hommes qui forment ces services", explique M. Chazot. La qualité de service, en l'occurrence, c'est détacher les intérimaires qu'il faut, les trouver dans un délai restreint, les encadrer sur le terrain. C'est aussi avoir avec le client des relations contractuelles claires. "En tant qu'ex-industriel, j 'entretiens avec mes clients une communication beaucoup plus directe dans la mesure où je comprends mieux leurs besoins", ajoute-t-il .

L'intérim, un moindre mal

Au Maroc, les premiers marchés des sociétés d'intérim ont été les filiales des grandes entreprises multinationales françaises surtout, habituées à recourir au travail temporaire. L'intérim est un "moindre mal", mais aussi un moyen légal qui répond au besoin de flexibilité et de souplesse recherché par les entreprises. Au Maroc, la fonction de service commence à se développer. En effet, après RMO et ADIA, c ' est au tour d ' ECCO, à travers sa filiale Alpha Prestations, de s'implanter au Maroc.
ADIA, de son côté, suisse à l'origine, est présent dans 28 pays, aux Etats-Unis et au Canada, en Europe, en Extrême-Orient, au Japon, à Singapour, en Thaïlande, en Australie, et au Maroc depuis une année et demie. La société possède près de 1.500 agences dans le monde. Elle est considérée comme le n°2 mondial derrière l'américain Manpower. La filiale française, qui couvre l'agence marocaine, possède 300 bureaux et place 22.000 personnes chaque jour.

A l'étranger, après une forte progression de 1987 à 1990, le marché du travail temporaire a connu une baisse de près de 10% en 1991 ; après BIS qui a accusé d'énormes pertes en 1991 et fermé 39 agences sur toute la France, Manpower et ADIA ont également été affectées par la crise.
La stratégie des nouveaux actionnaires d'ADIA, précise M. Chazote est de recentrer l'entreprise sur son domaine de base à savoir le service de personnel. Il s'agit d'une part de l'intérim (gardiennage, surveillance...) et d'autre part du recrutement ( secrétaires de direction, comptables, techniciens...). Au Maroc, ADIA emploie environ 19 permanents qui placent 500 en intérim (60%) et en gardiennage (26%). La formation dispensée aux intérimaires absorbe une part du budget de fonctionnement de l'entreprise. Ce dont elle fait sa fierté. Enfin, la société compte prochainement ouvrir des agences supplémentaires, la première étant en principe prévue pour la ville de Mohammedia.

M.O.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc