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Les hauts fonctionnaires dans le collimateur de l'USFP

Par L'Economiste | Edition N°:303 Le 06/11/1997 | Partager

Trois jours après le démarrage de la campagne électorale, l'USFP a dévoilé son programme le 3 novembre. Economie mixte, crédibilité de l'Etat en sont les principaux axes.


Préparé depuis près d'un an par la cellule de travail de l'USFP, le programme économique et social des socialistes marocains est enfin prêt. Premier constat: le parti n'avance pas de chiffres. En effet, expliquent ses responsables, les chiffres sont souvent mal posés. «Par exemple, pour avancer des chiffres sur les investissements, il faut d'abord maîtriser les déficits».
Globalement, cinq grands pôles représentent les principales mesures de ce programme. L'USFP insiste tout d'abord, à l'instar des autres partis, sur la réforme de l'Administration. Le programme fait en effet de la moralisation un préalable pour édifier l'Etat de droit. «Sa crédibilité passe nécessaire-ment par la suppression des privilèges et avantages divers attribués aux hautes sphères»
S'ils arrivent au pouvoir, les socialistes promettent une révision des salaires, primes et avantages des hauts fonctionnaires. Sont proposées également des dispo-sitions visant la programmation des dépenses publiques. Le parti suggère l'élaboration d'une loi-cadre permettant une meilleure articulation entre budget et plan ou encore un contrôle systématique des finances publiques par le pouvoir législatif.

Renégociation de l'accord de pêche


Le deuxième axe du programme de l'USFP concerne la politique économique. En exergue, le parti propose des mesures concernant la politique monétaire, le crédit et l'épargne. «Une réforme véritable et une avancée du système bancaire développeront un esprit de concurrence, d'initiative et une plus grande implication dans les investissements», expliquent les responsables de l'USFP. Ils insistent par ailleurs sur le maintien de la présence de l'Etat en tant que partenaire dans le capital d'un certain nombre d'institutions de financement et de crédit. Ils insistent aussi sur la création de banques régionales.
Les caisses de retraites ne sont pas en reste. Elles sont même qualifiées de «bombes financières». Le premier souci du parti à ce niveau demeure le maintien de la santé financière de ces organismes et une redynamisation de l'épargne. Dans cette optique, il préconise une solution regroupant un système de capitalisation et de répartition.
Par secteurs, le programme économique de l'USFP met au premier plan la promotion «réelle» de l'agriculture avec des solutions «sérieuses» pour les problèmes des terres collectives.
Le deuxième axe concerne l'amélioration de l'environnement de la production agricole. Concrètement, il s'agit d'activer le programme d'électrification et d'approvisionnement en eau potable. Il s'agit également de la réforme du système de financement et la diversification des sources.

Enfin, en 3ème axe, l'USFP propose une stratégie de gestion et de lutte contre les aléas. Cette stratégie se décline en un ensemble de mesures: politique de stockage, régulation de marchés par une association Etat-collectivités, création d'un fonds destiné à secourir les agriculteurs sinistrés sans toutefois préciser son financement.
Pour sa part, la pêche implique une intensification de recherche scientifique et une renégociation des accords de pêche avec les pays de l'Union Européenne, est-il indiqué.
Côté industrie, des mesures d'incitation au développement de l'investissement ont été avancées. Ainsi, le parti propose la création d'une institution qui se chargera de l'assouplissement des procédures de création.
Le tourisme quant à lui doit «être revu de fond en comble» tant au niveau de gestion que de l'orientation qui lui est donnée. Pour l'USFP, il s'agit aujourd'hui de créer des agences régionales de promotion sur la base de l'exploration des spécificités locales existantes ou potentielle.
L'autre cheval de bataille du programme de l'USFP est la politique sociale. Evidemment, la lutte contre le chômage, la promotion de l'habitat social en constituent les axes centraux. Pour combattre le chômage, les socialistes estiment que les mesures qui seront prises concernant le gaspillage des dépenses publiques pourraient ouvrir la voie vers un renforcement humain au sein du secteur public. Concernant la promotion de l'habitat social, l'USFP promet la lutte contre les spéculations, de même que la promulgation de dispositions fiscales d'encouragement.


Plus loin avec l'UE


DANS son programme de 200 pages, l'USFP a prévu près de 33 mesures appliquées à différents domaines.
· Privatisation: Les socialistes revendiquent un droit d'inventaire objectif et transparent du processus de privatisation entrepris par les gouvernements précédents. Ils suggèrent également d'affecter les recettes de la privatisation à la restructuration du secteur public.
· Maroc du 21ème siècle: Il a besoin d'une réforme des programmes pédagogiques. Les problèmes que connaît l'enseignement ne sont pas uniquement d'ordre technique. «C'est en grande partie dû à l'absence de moyens cohérents». L'USFP insiste sur le renforcement de la langue arabe et une ouverture sur les langues d'apprentissage (traduisez: les langues étrangères). Il est également question dans le programme de l'USFP de démocratiser le fonctionnement de l'enseignement supérieur et d'assurer l'autonomie des universités.
· Société d'information et de communication: L'USFP suggère la mise en oeuvre d'une stratégie nationale aussi bien dans le domaine de l'information que des télécommunications. Une fois au pouvoir, les socialistes s'engagent à lutter contre la concentration et le monopole dans les médias ainsi que d'élaborer une loi cadre garantissant la liberté de l'information. Le parti a promis également la constitution du Conseil Supérieur de la Communication.

Côté télécoms, le parti estime que la libéralisation et la privatisation vont de pair avec une logique concurrentielle.
· L'Union Européenne: Les socialistes se proposent d'aller plus loin et renégocier les accords avec les partenaires européens, notamment sur les points suivants:
- La gestion de la dette: réaménagement substantiel des créances publiques, reconversion des créances...
- La promotion des investis-sements directs: création d'un fonds de garantie des investissements
- L'extension du libre-échange à l'agriculture
- La gestion du programme Méda: dynamiser les procédures.

Badra BERRISSOULE

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