×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 205.794 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 264.541 articles (chiffres relevés le 5/6 sur google analytics)
Economie

Le commerce inter-islamique: Marginal, peu diversifié

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

L'Organisation de la Conférence Islamique a entrepris des actions pour dynamiser le commerce entre les pays islamiques. Celui-ci occupe une place marginale dans les échanges globaux du Monde islamique. Il est caractérisé par une faible diversification et une forte concentration autour de quelques pays et régions.

Un accord cadre pour la création d'un Système de Préférences Commerciales Inter-Islamique (SPC/OCI) à été ouvert à la signature et à la ratification des Etats Membres en Avril 1991. Il prévoit la tenue de rounds de négociations portant sur les concessions tarifaires, para-tarifaires et non tarifaires entre les Etats membres. Outre cette disposition d'ordre réglementaire qui constitue la base d'une zone d'échanges préférentiels au sein des pays islamiques, d'autres mesures ont été prises. Sur le plan financier, la Banque Islamique de Développement a fait de la promotion des échanges inter-islamiques une de ses priorités. A cet effet, le financement du commerce extérieur représente 70% des opérations approuvées durant l'exercice 1990-1991, soit un montant de 741 millions de Dollars. Des actions de promotion et d'information commerciales sont entreprises, en particulier la mise en place d'un système d'assurance crédit-exportation et de garantie des investissements, la finalisation d'un accord type de compensation multilatérale islamique et la relance de la Foire Commerciale Islamique.
Objectif de cette démarche, dynamiser le commerce entre les pays islamiques qui tarde à décoller. C'est ce qui ressort du rapport annuel 1990-1991 du Centre Islamique pour le Développement du Commerce sur le commerce inter-islamique.

Fléchissement du commerce islamique

En fait, malgré une croissance de 7,6% entre 1986 et 1989, les transactions inter-islamiques sont restées faibles. Elles ne représentent que 11,5% du commerce global des pays concernés.
D'après le rapport, les exportations vers les pays de l'OCI sont passées de 16,2 milliards de Dollars en 1986 à 21,7 milliards de Dollars en 1989, soit une progression de 34%. Durant la même période, les exportations totales se sont accrues de 38%, passant de 145,3 milliards de Dollars à 201,1 milliards de Dollars. En revanche, les importations en provenance des pays de l'OCI ont connu une croissance plus soutenue que les importations globales. Elles se sont élevées à 22,7 milliards de Dollars en 1989, contre 16,9 milliards de Dollars en 1986, tandis que les importations globales affichent un montant de 188,3 milliards de Dollars en 1989, contre 155 en 1986, soit des taux de croissance respectifs de 34% et 21,5%.
Malgré ce rythme assez soutenu, la part des importations n'a augmenté que d'un point par rapport au volume global. Elle est estimée à 12% en 1989, contre 11% en 1986. De plus, le monde islamique a connu une révision en baisse de son poids économique par rapport à l'ensemble de l'économie mondiale. Pendant la période 1982-1989, son commerce a fortement régressé. La part des exportations par rapport aux transactions mondiales est passée de 14,5% en 1982 à 6,9% en 1989. De même, celle des importations a reculé, passant de 6,2% à 9,8% durant la même période.

Faible complémentarité

En dehors des raisons liées à la morosité de l'économie mondiale, la faiblesse du commerce inter-islamique résulte de plusieurs facteurs internes dont la dispersion géographique, l'hétérogénéité des systèmes et des niveaux de développement, l'instabilité politique qui prévaut dans certaines régions, les problèmes du financement et du coût du transport, ou plus encore, la faible complémentarité des économies.
En effet, la gamme de produits destinés aux échanges est très peu variée. Les produits primaires représentent une bonne partie des échanges intra-communautaires. Le rapport annuel du CIDC indique que pour une quinzaine de pays membres de l'OCI, les combustibles, minerais et métaux, occupent le devant des échanges, viennent ensuite les produits manufacturés, les produits alimentaires et les machines et matériels de transport. Ainsi, 68% des exportations intra-communautaires de l'Arabie Saoudite sont constituées de pétrole et autres minerais tels que le soufre et le fer, de même que 94% des exportations algériennes.
Pour leur part, les produits alimentaires représentent 20% des exportations intra-communautaires avec comme principaux fournisseurs la Malaisie (60%), la Turquie (32%) et le Pakistan (33%). Les autres produits primaires sont dispersés à l'intérieur de la zone islamique.

Textiles et chimie

Nonobstant cette structure assez figée, l'étude de l'offre révèle que les exportations intra-communautaires de produits manufacturés occupe une place de plus en plus importante avec une prépondérance pour le textile et la chimie. Cette tendance résulte du dynamisme d'un certain nombre de pays qui se sont spécialisés dans ce domaine, notamment le Qatar avec 74% des exportations, la Turquie (52%), le Maroc (36,5%) et le Cameroun (36%),...
La structure des importations est déterminée de manière uniforme par celle des exportations. De fait, les données relatives à 16 pays démontrent que les combustibles, minéraux et métaux représentent 46% de la demande, les produits manufacturés autres que les machines et matériel de transport 22%, les produits alimentaires 19,5%, les autres produits primaires 9% et le matériel de transport 4%.

Le rapport indique, par ailleurs, que le commerce inter-islamique est fortement concentré. Du coup, 80% des exportations et 68% des importations sont le fait d'une dizaine de pays, entre autres l'Arabie Saoudite avec 16% des exportations et 8% des importations, la Turquie 12,5% des exportations et 12,7% des importations et l'Irak 11,6% des exportations et 8,3% des importations. A cela, s'ajoute un faible degré d'intégration. Les échanges inter-islamiques se situent pour la majorité des pays en dessous de 10% du volume de leur commerce global. Ils exportent en moyenne 10% de leurs produits vers le monde islamique et s'y approvisionnent à hauteur de moins de 12%.
En ce qui concerne la répartition géographique, outre le maintien du courant d'échanges Nord-Sud, le rapport indique que le Conseil de Coopération du Golfe a réalisé 32,5% du commerce islamique en 1989, tandis que le Moyen-Orient, l'Asie, le Maghreb et l'Afrique y contribuent respectivement à concurrence de 32%, 23,6%, 8% et 3,6%.
En somme, les pays islamiques subissent les méfaits de leurs économies fortement extraverties. Conséquence, leur commerce extra et intra-communautaire est fortement dépendant de l'évolution de l'économie mondiale.

Alié DIOR NDOUR

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc