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Economie

Le gouvernement au chevet des entreprises

Par L'Economiste | Edition N°:47 Le 01/10/1992 | Partager

En revanche, les autorités monétaires considèrent que la crise, qui n'est plus contestée, a deux origines: le comportement des entreprises comme de leur banquier ainsi que la sécheresse. On notera que de retour de Washington, les autorités monétaires, si elles continuent de prôner la fermeté, recherchent des solutions praticables pour soulager la crise des paiements.

Déjà présente chez Bank Al Maghrib depuis quelques mois, l'idée de "reprofiler la réserve monétaire" est en discussion avec le gouvernement dans son ensemble. La proposition concerne la division en deux parties de la réserve. La première partie, soit 10% des disponibilités bancaires, resterait une réserve pure et simple. La deuxième partie serait placée en Bons du Trésor, au taux du marché. Cette partie représenterait 15% des disponibilités. Le principe a été exposé par le Gouverneur de la Banque Centrale aux états-majors des banques. Au moment où nous mettons sous presse, soit le Mercredi 30 Septembre, le principe était acquis, mais aucune décision d'application n'est encore prise en attendant les consultations avec les membres du gouvernement. La mesure, précise-t-on, serait applicable dès la réalisation de l'accord.
Cette solution, souligne-t-on de source autorisée, devrait soulager les comptes d'exploitation des banques, ce qui nourrit "l'espoir de voir baisser le coût de l'intermédiation, donc du crédit". Le deuxième intérêt réside dans le soulagement qui serait apporté au Trésor sans pénaliser les banques et leurs clients, expliquent les défenseurs de l'idée des Bons au taux du marché. Du côté du Ministère des Finances, qui agrée globalement le reprofilage, la restructuration se traduira par une augmentation du "prix du déficit", mais aura l'avantage de donner immédiatement un volant de trésorerie. Cependant, ce système, notent les banquiers, consacre le retour des emplois obligatoires, destinés cette fois, non pas à une politique précise, mais à soutenir le Trésor.
L'apport de disponibilités est essentiel en ce moment: "le Trésor a de graves problèmes de trésorerie". Au déficit proprement dit s'ajoute le dérapage qui arrive au milliard de DH, compte non-tenu des redressements que veut opérer le Premier Ministre dans la conduite du Budget. Les dérapages viennent du prix des élections, du Sahara, de divers frais de représentation et des habituelles libertés prises avec le Budget tel que voté par la Chambre. L'application cet été de la dotation réservée de 10% sur les dépenses d'investissements n'a pas permis de reprendre le contrôle du dérapage.
Les redressements dans la conduite budgétaire concernent directement les arriérés accumulés par les administrations et les collectivités locales sur les factures d'eau, d'électricité et de téléphone. Cette semaine à Rabat autour du Comité de Vigilance, on s'irritait de voir que les débiteurs n'apportaient pas la diligence et le soin voulus, dans la remise au Comité des états des factures impayées. Les estimations de montants restent aux alentours de 3 milliards de DH, qu'il faudra budgéter pour remettre la situation au net.
Si la sécheresse apporte la déprime des marchés, par contre elle euphorise les finances publiques. Les différences de prix entre les marchés internationaux de céréales et la politique des prix intérieurs permettent d'espérer des recettes de 3 milliards de DH sur les blés. Ces recettes sont désormais récupérées avant que les blés importés ne soient mis à la consommation, signalent des professionnels, qui ne sont pas loin de crier à l'écorcheur. Le rythme d'arrivée de la manne céréalière s'étale sur 1992 et 1993. Au passage, cette manne attire les demandes financières de l'agriculture, dont les responsables considèrent que les recettes de l'hyper-protection du monde rural doivent en partie lui revenir. Le raisonnement est contesté, car ces demandes aboutissent à doubler les soutiens à l'agriculture et retarderaient donc son évolution vers l'efficacité économique. Là encore, un arbitrage doit se faire.
Toujours dans le domaine appartenant en commun à l'entreprise et aux finances publiques, la question de l'assiette fiscale est reposée. Le gouvernement souhaite obtenir l'aide des associations professionnelles et du monde des affaires. Il ne promet pas de baisse des taux, mais souligne qu'elle n'est envisageable qu'à la condition de réduire l'écart existant entre la charge fiscale par rapport au PIB (24%) et le poids de l'impôt pesant sur l'entreprise qui paye normalement (48%). Cette position ne déplaît pas aux professionnels dans les secteurs modernes, mais ceux-ci posent à leur tour une condition: "que le recouvrement ne devienne pas racket, du fait des modalités d'application".
Dans le volet social, on connaît déjà le début d'une petite relance sur le logement économique. Il demeure limité par rapport aux besoins.
En revanche, c'est dans la discrétion que se fait un travail structurel, sur la généralisation du financement des soins de santé. Personne n'est certain d'aboutir du fait de la complexité du dossier. On notera cependant l'atmosphère générale des travaux: les "pinailleries" sur les détails ont été rangées au placard.
Enfin, toujours dans le volet social, on reparle de niveaux de salaires, mais avec prudence. Les dernières augmentations ont obligé des secteurs comme le textile à se lancer dans des restructurations plus vite que prévu et ce, dans un environnement peu porteur.
Autre dossier socio-financier: les assurances. Les travaux vont bon train à trois niveaux, le sort des compagnies sous administration provisoire, les tarifs et le code. La partie la plus délicate se joue dans les arbitrages à faire concernant l'administration provisoire, où sont en jeu des éléments comme le droit à la propriété, l'audace politique...

Nadia SALAH

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